Ayant débuté leur tournée chinoise la semaine dernière par Pékin, les Tambours du Bronx se sont produits à Shanghai et Wuhan, avant de terminer par Hong Kong dans une semaine. Profitant du passage de ce groupe atypique en Chine, nous avons rencontré Francky et Thierry, deux membres de la formation de percussions française.
Article réalisé en partenariat avec le site FaguoWenhua dans le cadre du Festival Croisements.

Les Tambours du Bronx ont acquis une notoriété en France qui leur permet d'être aisément identifiés : « le groupe qui fait de la musique avec des bidons ». Créé il y a plus de 25 ans par des jeunes « branchés musique » de Varennes-Vauzelles, dans la banlieue de Nevers, leur première prestation au festival Nevers à Vif de 1987 devait à l'origine être la dernière. Sur les 17 musiciens que compte le groupe aujourd'hui, seuls cinq jouent depuis cette période. Car les Tambours du Bronx ne sont pas voués à disparaitre de la scène, mais bien à se renouveler et à demeurer : depuis 1987, environ 150 personnes ont tapé sur ces « tambours » ! Leur musique, elle aussi, a évolué avec les années en intégrant des sons électroniques de stands de tubes métalliques et de claviers qui lissent un peu l'aspect brut de la résonnance des bidons et qui permettent une plus grande variété de mélodies. Pratiquant occasionnellement le mélange des styles, ils ont déjà eu l'occasion de mêler le leur à ceux d'un orchestre symphonique, d'un groupe de métal, ou encore à des chants bretons. Rockeurs dans l'âme, les fondateurs voulaient partager leur énergie avec le public : en assistant à un de leurs concerts, on peut affirmer que cette mission est totalement remplie !
Une excitation palpable
« Il y a un petit quart d'heure pendant lequel les spectateurs dans la salle se demandent ce qu'il se passe sur scène », nous a confié Thierry. Cette constatation est valable aussi bien pour le public chinois que pour le public français et, en effet, il y a de quoi rester scotché à son siège. « Les 17 musiciens mettent toute leur énergie pendant le concert, le groupe ne fait plus qu'un », ajoute Francky. Les percussions donnent à leur musique une puissance (couplée à une virilité) qui se propage très rapidement. « C'est la première fois que nous venons en Chine et je dois dire que j'avais des petites appréhensions quant à l'accueil qui nous serait réservé par ce public que nous ne connaissions pas, mais nous avons eu droit à un accueil très chaleureux ». Le mot est faible ! Pour avoir été au milieu des Shanghaiens dimanche dernier, je les ai vus surexcités, n'hésitant pas à quitter leurs places à la fin du show pour aller jouer les groupies devant la scène (la sécurité avait été renforcée car la veille certains étaient montés pour prendre des photos ?depuis publiées sur Weibo- avec les artistes). L'ambiance est au rendez-vous et toutes les générations ont l'air d'apprécier, surtout les enfants qui se régalent à bouger dans tous les sens en suivant les rythmes ! Les Tambours du Bronx échangent avec les spectateurs, leur musique n'étant finalement qu'un moyen de parvenir à cette euphorie.
Alexandre Pouilly (www.lepetitjournal.com/shanghai) Vendredi 24 Mai 2013
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