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Le canal de Panama signe une année record avec 6,6 milliards de dollars de recettes

Avec 6,6 milliards de dollars de recettes et plus de 13 900 transits en 2026, le canal de Panama signe une année record depuis son retour sous contrôle panaméen en 1999. Une performance portée par la hausse du trafic maritime, mais qui reste suspendue aux incertitudes géopolitiques et aux risques de sécheresse liés au phénomène El Niño.

Canal de Panama, 2026. Canal de Panama, 2026.
Vue sur le canal de Panama, depuis Cerro Ancón, 2026. © LPJ Panama
Écrit par Sacha Carion
Publié le 26 octobre 2026

Un record historique. Le canal de Panama a enregistré 6,6 milliards de dollars de recettes au cours de l’exercice fiscal 2026, selon les premiers résultats communiqués le 21 octobre par l’Autorité du canal de Panama (ACP). Ce montant, qui représente une hausse de 16,6 % par rapport à l’exercice précédent, constitue le niveau de recettes le plus élevé depuis que le Panama a repris le contrôle de la voie navigable, le 31 décembre 1999.

Ces résultats s’expliquent notamment par la progression du trafic maritime, portée par les navires du secteur énergétique et les porte-conteneurs. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, ainsi que les restrictions affectant les passages par le détroit d’Ormuz, ont également contribué à modifier les flux du commerce maritime international, favorisant le recours à la voie interocéanique panaméenne. L’ACP présente ainsi le canal comme l’une des routes les plus sûres pour le commerce maritime mondial.

Au cours de l’exercice fiscal 2026, qui s’étend d’octobre 2025 à septembre 2026, le canal a enregistré 13 951 transits de navires, soit une progression de 4,1 % par rapport aux 13 404 passages comptabilisés l’année précédente. Le tonnage a également atteint un niveau record, avec 521 millions de tonnes selon le système de mesure propre au canal (CP/SUAB), en hausse de 6,5 % sur un an.

L’augmentation du tonnage s’explique notamment par la place croissante des navires de grande capacité. Les écluses Neopanamax, mises en service dans le cadre de l’élargissement du canal en 2016, ont représenté 52,2 % du tonnage total, en progression de 8,2 % sur un an. Cette infrastructure permet à la voie interocéanique d’accueillir des navires plus imposants et de tirer davantage parti des évolutions du commerce maritime mondial.

Le défi persistant de la ressource en eau

Malgré ces résultats, le canal reste confronté à un défi majeur, celui de la disponibilité de l’eau. Le phénomène climatique El Niño fait craindre une diminution des précipitations dans le bassin hydrographique qui alimente les lacs utilisés pour le fonctionnement des écluses. Une baisse durable des pluies pourrait ainsi contraindre l’ACP à limiter de nouveau le nombre de navires autorisés à transiter quotidiennement.

Ces derniers mois, l’administration avait progressivement réduit la capacité de passage, avant de relever à nouveau la limite à la mi-octobre, grâce à une amélioration des précipitations et des niveaux d’eau. L’autorité a ainsi annoncé le rétablissement des réservations de dernière minute pour les navires empruntant les écluses Panamax, une possibilité supplémentaire pour les bateaux sans réservation préalable lorsqu’un créneau se libère.

La situation hydrique demeure néanmoins sous surveillance. La fin du mois de décembre marquera le début de la saison sèche, une période particulièrement sensible pour le canal. Si les précipitations venaient à diminuer sous l’effet d’El Niño, leur baisse pourrait s’ajouter à celle habituellement observée durant cette saison et raviver les inquiétudes sur la capacité de la voie navigable à maintenir son niveau de trafic.

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