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Jean-Louis Vincent

Par Lepetitjournal Nouvelle-Calédonie | Publié le 29/04/2018 à 09:18 | Mis à jour le 29/04/2018 à 09:46
Dr Jean-Louis Vincent Nouvelle-Calédonie visite Médipôle

Chef du Service des soins intensifs de l’Hôpital Erasme (ULB), Jean-Louis Vincent a reçu le Prix quinquennal du FNRS ­ Prix scientifique Joseph Maisin, Sciences biomédicales cliniques.
 

« J’ai toujours eu envie de faire la médecine », se souvient Jean-Louis Vincent, chef du Service des soins intensifs de l’Hôpital Erasme (ULB). « Je n’ai jamais eu de questions existentielles sur ce que j’allais faire plus tard.  Au terme de mes études de médecine, je préférais les aspects intellectuels aux techniques chirurgicales… J’ai donc opté pour la médecine interne mais je trouvais ça lent. Dans les soins intensifs par contre, l’évolution est extrêmement rapide. Ces soins touchent à la physiologie du malade : on voit souvent immédiatement comment le patient réagit à une intervention », poursuit-il.  
 
« Quand j’ai terminé mes études, les soins intensifs n’étaient pas encore fort développés ici. Je suis donc parti aux Etats-Unis auprès du Docteur Weil, un pionnier dans le domaine et un investigateur remarquable, qui continue d’ailleurs à être actif. J’ai appris beaucoup avec lui tant en recherche qu’au niveau clinique et sur la manière de raisonner au chevet du malade ».

Après avoir entamé sa thèse aux Etats-Unis sur l’arrêt cardiaque et la réanimation, Jean-Louis Vincent rentre en Belgique où il entre directement à Erasme sous la direction de Robert Kahn. « Ce sont alors les débuts de l’Hôpital », explique Jean-Louis Vincent qui y terminera sa thèse. « Nous avons construit une équipe ici. Et petit à petit, nous sommes devenus phare au niveau mondial. Il y a des dizaines de chercheurs étrangers qui viennent se former ici chaque année », se réjouit le professeur qui vante l’ambiance qui règne dans son service, qui, comptant environ 200 personnes, est le plus gros d’Erasme. « Le tutoiement est général. J’organise également des soirées avec tout le service. C’est fondamental qu’on puisse « s’éclater » ensemble. Plus encore que dans d’autres services sans doute. Cela permet de faciliter les contacts au moment où il y a des tensions », pense le Dr Vincent qui a pris la tête du service des soins intensifs à Erasme en 1996 suite au décès de son prédécesseur.
 
Entre autres thèmes de recherche, Jean-Louis Vincent s’intéresse au sepsis (parfois appelé « septicémie », un terme plus réducteur) qui se développe en réponse à une infection grave : « Au début, la réponse est mesurée mais elle peut rapidement devenir exagérée. La nature n’a pas prévu qu’on reste longtemps à l’hôpital. Dans la nature, certains résistent et s’améliorent rapidement, d’autres pas et meurent. Nous sommes dans des situations prolongées que la médecine moderne a permises », souligne-t-il.

Les aspects humains ont également bien sûr une place primordiale dans son travail. « Avant, on utilisait beaucoup les sédatifs parce qu’on craignait que les malades vivent mal l’atmosphère désagréable des soins intensifs. On est revenu de cela. Parce qu’avec les comas médicamenteux, quand le malade se réveille, il a perdu ses repères… Aujourd’hui, on veille à ce que le malade n’ait pas mal mais on maintient des activités intellectuelles et physiques. Je me suis battu par exemple à l’époque pour que les chambres de soins intensifs soient équipées de télévisions. Ca a pris du temps ».

Et au niveau éthique, « Quand on se rend compte qu’on perd la partie, il faut l’admettre. Il faut accompagner les personnes en fin de vie. Aujourd’hui le décès survient le plus souvent lorsqu’on décide d’arrêter le support des organes. L’éthique est un sujet délicat dans notre domaine parce qu’il n’y a pas de lois pour nous protéger. La loi sur l’euthanasie ne nous aide pas. Au contraire car la loi prévoit l’assentiment du patient. On peut nous reprocher de ne pas l’avoir obtenu ».  
 
Récemment, pour son œuvre scientifique et son engagement d’enseignant au lit du patient aux soins intensifs, Jean-Louis Vincent a reçu le prix scientifique Joseph Maisin (Sciences biomédicales cliniques). En parallèle à la direction du service des soins intensifs, le Dr Vincent enseigne à l’ULB. Il publie énormément et dirige trois revues scientifiques. « Je pense qu’il est extrêmement important de combiner la pratique avec l’investigation et l’enseignement. Les étudiants adorent faire des stages ici, être au chevet des malades. Nous espérons qu’en formant de bons médecins, les soins des patients soient encore meilleurs. Ce qui est capital dans les soins intensifs, c’est l’attention au détail. C’est ce qui va faire la différence entre un intensiviste excellent et un intensiviste moyen. Moi, je ne supporte pas qu’une horloge dans une chambre retarde de cinq minutes ou qu’on laisse trainer un papier à terre. Cela peut parfois paraître obsessionnel mais si on laisse trainer un papier, quelle est l’étape suivante ? Les fautes de stérilité sont très vite arrivées… », affirme Jean-Louis Vincent qui conclut : « C’est le plus beau métier du monde. Bien sûr c’est dur parfois mais il faut toujours se dire que nous avons tout essayé et que sans nous ça n’aurait pas été mieux ».  

 

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