Aurélien Lechevallier pourrait-il bientôt rejoindre Washington ? Alors qu’il était annoncé pour devenir ambassadeur de France aux Etats-Unis depuis juin dernier, ce proche d’Emmanuel Macron n’a toujours pas pu remplacer Laurent Bili à la tête de la diplomatie française outre-atlantique. Paris veut débloquer la situation en présentant ses excuses pour le tweet qui a semé la discorde.


« Les États-Unis étaient autrefois un phare en matière de droits de l’homme. Ce n’est plus le cas. Aujourd'hui, ils se retrouvent isolés, aux côtés de la Corée du Nord, du Nicaragua, du Mali et de la Russie. » Ce tweet publié fin juillet 2026 par la mission permanente de la France auprès de l’ONU à Genève suite au refus des Etats-Unis de renouveler le mandat de Volker Turk, a enflammé les relations franco-américaines.
Si bien que Washington, en plus de claquer la porte d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, avait décidé de geler la procédure d’agrément d’Aurélien Lechevallier. L’ancien directeur de cabinet du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, depuis remplacé à ce poste par Pauline Carmona, a été nommé fin juin par la France comme nouvel ambassadeur de France aux Etats-Unis. Alors que la rentrée devait lui permettre de prendre son poste, le remplaçant de Laurent Bili reste toujours bloqué à Paris.
Aurélien Lechevallier a été nommé ambassadeur de France aux Etats-Unis
La France rétropédale pour débloquer la nomination d'Aurélien Lechevallier à Washington
Pour débloquer la situation, la Mission permanente française a décidé de faire son mea-culpa, le 11 septembre dernier, en contextualisant davantage ses propos : « La France et les États-Unis ont récemment adopté des positions divergentes lors d’un vote à l’Assemblée générale des Nations unies. Cette divergence portait sur un seul vote et ne concernait pas la défense des droits humains. » Cette date symbolique, en plein hommage des 25 ans de la tragédie, permet aussi de souligner l’amitié solide entre les deux nations. Le communiqué rappelle d'ailleurs que : « les divergences d’opinions publiques sur un vote ne font pas obstacle à un dialogue étroit avec les États-Unis et ne remettent pas en cause notre alliance historique, ni notre capacité à œuvrer ensemble pour promouvoir la paix, la stabilité et la prospérité, y compris au sein des instances multilatérales ».
Washington a, semble-t-il, apprécié le geste d’après une déclaration à l'AFP d’un responsable du département d’État sous couvert de l’anonymat : « Nous prenons note de la déclaration de la France et l’apprécions ; nous nous réjouissons de collaborer avec elle pour promouvoir nos valeurs et nos intérêts communs ». Aurélien Lechevallier, proche d'Emmanuel Macron, attend toujours son agrément, qui ne devrait être aujourd'hui, comme c'est le cas habituellement, plus qu'une formalité.
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