Édition internationale

Coupe du monde 2026 : « la plus polluante de l'histoire » selon des scientifiques

La Coupe du monde 2026 qui aura lieu du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Mexique et au Canada, est au centre de nombreuses polémiques. L’une d’entre elles, la pollution que celle-ci devrait causer, « la plus polluante de l'histoire » selon des scientifiques.

Coupe du monde 2026Coupe du monde 2026
Écrit par Flora Lacroix
Publié le 23 mars 2026, mis à jour le 7 avril 2026

Alors qu’elle n’aura lieu que dans 84 jours, la Coupe du monde 2026 est au cœur de nombreux débats. L’un d’entre eux concerne l’impact environnemental de la compétition, déjà nommée comme étant la Coupe du monde « la plus polluante de l’histoire.» 

D’après une étude menée par le réseau Scientists for Global Responsibility, en juillet 2025, l’élargissement du nombre d’équipes participant au Mondial devrait augmenter drastiquement l’émission de CO2. L’étude estime que les 104 matchs devraient générer plus de 9 millions de tonnes d’équivalent de CO2. C’est deux fois plus que les deux dernières éditions, en Russie en 2018 et au Qatar en 2022, où 5,25 millions de tonnes avaient été émises. 

 

 

Une première édition à 48 équipes et organisée dans trois pays 

La Coupe du monde 2026 est la première organisée avec 48 équipes, au lieu de 32 jusqu’à présent. Plus d’équipes veulent donc aussi dire plus de déplacements en avion. Cette édition devrait être la plus polluante puisque c’est aussi la première à être organisée dans trois pays, le Canada, le Mexique et les États-Unis. Tout le continent nord-américain est concerné. « Les déplacements des supporters contribuent massivement aux émissions de carbone, explique Sven Daniel Wolfe, chercheur et enseignant à l'Université de Neuchâtel. Le fait que le tournoi s'étende ainsi sur trois pays entraîne des dommages environnementaux supplémentaires, car cela nécessite des trajets en avion.» 

Un modèle d’organisation qui s’oppose aux dernières mesures adoptées lors de récents grands évènements sportifs comme les Jeux olympiques de Paris 2024. « L'époque devrait être à la sobriété pour éviter et lutter contre le réchauffement climatique, estime Guillaume Gouze, consultant en économie du sport. Chacun devrait en faire sa part, et notamment des institutions comme la FIFA, qui, à mon sens, devraient montrer un certain exemple dans ces décisions sur l'éco-compatibilité ou le souhait de faire des compétitions plus sobres énergétiquement ou au niveau du CO2 émis. » 

D’après cet expert, des visions différentes au sujet de l’environnement s’opposent et expliquent ce revirement en l’espace de deux ans : « ils ont une autre vision du monde, reposant sur l'efficacité énergétique, c'est-à-dire d'avoir de meilleurs outils pour consommer moins, plutôt que la version européenne d'une sobriété énergétique, c'est-à-dire changer les comportements humains pour consommer moins. » 
 

 

 

Un partenariat important avec un géant pétrolier 

La Fédération internationale de football (FIFA) est aussi partenaire d’un géant pétrolier. Aramco, une entreprise saoudienne, est la première compagnie pétrolière au monde par sa production. Ces partenariats donnent de la visibilité et de la légitimité aux plus gros producteurs d’énergies fossiles, selon les auteurs de l’étude. Selon leurs estimations, avec cette croissance des ventes due à cette exposition médiatique, Aramco pourrait émettre plus de 30 millions de tonnes supplémentaires en 2026. « Une augmentation de l'activité, une augmentation du nombre de déplacements et des longueurs, partenariats avec des entreprises polluantes, tout ça fait que ce n'est pas dans le sens d'une éco-compatibilité de ces événements », poursuit l’expert en économie du sport. La raison de cette organisation avec ces sponsors est simple pour Guillaume Gouze : « l'argent est la principale motivation de la FIFA. L'éco-compatibilité vient plus tard. » 


 

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L’avenir des mega-event difficile à imaginer 


Les prochaines éditions de la Coupe du monde ne présagent pas d’améliorations. En 2030, l’Espagne, le Portugal et le Maroc accueilleront la compétition, sur deux continents différents, sans oublier les trois matchs disputés en Amérique du Sud, au Paraguay, en Argentine et en Uruguay. 

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