On disait les États-Unis peu sensibles au football. Quelques jours passés entre New York et Boston suffisent pourtant à balayer le cliché. La Coupe du monde pourrait bien séduire les Américains.


Depuis le début de la Coupe du monde, quelque chose a changé. Les terrasses de Downtown se remplissent à l'heure des matchs, les maillots des grandes nations colorent les allées de Central Park, les watch parties organisées à travers la ville attirent des foules cosmopolites et les conversations glissent naturellement vers les compositions d'équipe ou les scénarios de qualification. Pendant quelques semaines, la ville ressemble à une immense fan zone.
Coupe du Monde : les supporters écossais adoptés par Boston
La coupe du monde, une fête avant d'être une compétition
Le souvenir de France-Norvège résume à lui seul l'esprit de cette Coupe du monde. Après le match, personne ne semble pressé de quitter les abords du stade de Boston. Français et Norvégiens prolongent l'after-match ensemble. Une enceinte diffuse des tubes internationaux. Très vite, les deux camps dansent côte à côte et se prêtent volontiers aux selfies.

« C'est ça, une Coupe du monde », lance un supporter français, drapeau bleu-blanc-rouge sur les épaules. « On est adversaires pendant 90 minutes, mais après, on fête le football. » Un peu plus loin, un groupe de supporters norvégiens applaudit les Français en leur souhaitant bonne chance pour la suite de la compétition. L'ambiance est familiale, détendue, presque étonnante pour un événement d'une telle ampleur.
« Ils savent vraiment mettre l'ambiance »
Le spectacle, version américaine
Les Américains excellent dans un domaine : transformer chaque rencontre en véritable show. Au MetLife Stadium, pour France-Suède, l'expérience commence bien avant le coup d'envoi. Les enceintes diffusent des playlists entraînantes, le public reprend les refrains, les écrans géants s'animent en permanence et les caméras traquent les supporters les plus enthousiastes. Chaque temps mort devient un spectacle à part entière.
À chaque but des Bleus, les premières notes de One More Time des Daft Punk résonnent dans tout le stade. « Ils savent vraiment mettre l'ambiance », sourit une supportrice française. « On sent que tout est pensé pour que chacun passe un bon moment, au-delà du sport. »
« Mbappé est incroyable. C'est lui qui m'a donné envie de suivre le tournoi. »
Mbappé, superstar, même aux Etats-Unis
Autre surprise : la popularité de l'équipe de France. Dans les rues de New York, les maillots tricolores sont nombreux, mais ils sont loin d'être portés uniquement par des Français. Le nom de Kylian Mbappé revient dans toutes les conversations. Pour beaucoup d'Américains, il incarne aujourd'hui le visage du football mondial. « Si je devais choisir une équipe, ce serait la France », confie un jeune New-Yorkais venu assister à son premier match de Coupe du monde. « Mbappé est incroyable. C'est lui qui m'a donné envie de suivre le tournoi. »
Dans les tribunes, les compliments fusent aussi sur le jeu des Bleus. « Franchement, c'est mon équipe de cœur », lance un supporter américain en montrant son maillot floqué Mbappé. « Ils jouent un football incroyable. Je les vois aller au bout. »

Une confiance presque contagieuse
Chez les supporters français, le discours est lui aussi sans ambiguïté. « Cette année, c'est pour nous », affirme un père et son fils rencontrés à Hudson Yards avant une retransmission de match. « On veut notre revanche contre l'Argentine. » Le mot « revanche » revient souvent dans les discussions. Mais il est toujours prononcé avec le sourire, comme une promesse plus qu'une obsession.
À New York, l'optimisme semble presque contagieux. Peut-être parce que cette ville ne croit qu'aux grandes histoires. Peut-être aussi parce que, dans cette Coupe du monde organisée aux États-Unis, tout paraît possible.
Une chose est sûre : qu'elle soulève ou non le trophée le 19 juillet prochain, l'équipe de France bénéficie déjà d'un soutien qui dépasse largement les frontières de la communauté française. Et dans une ville où le monde entier se retrouve, le football est devenu, le temps d'un été, une langue universelle.
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