Vivre à New York, c'est faire l'expérience d'une toute autre culture. Le baseball est certainement l'un des sports les plus obscurs pour les expatriés. Retour sur un premier match des Yankees à New York.


Pendant des années, je suis persuadée que le célèbre logo « NY » que l’on voit sur des millions de casquettes à travers le monde est simplement celui de New York. Il faut que je mette les pieds au Yankee Stadium pour découvrir qu’il s’agit en réalité de l’emblème des Yankees. Comme beaucoup de Français, je connais le symbole bien avant de connaître son histoire.
L’occasion se présente au printemps dernier grâce à une initiative du Consulat général de France à New York, en partenariat avec les Yankees. Pour célébrer le 250e anniversaire de l’amitié franco-américaine, les Français inscrits bénéficient d’un tarif préférentiel pour assister à un match et reçoivent une casquette créée spécialement pour l’événement. Une belle invitation à découvrir un univers dont, soyons honnêtes, je ne sais à peu près rien. Je sais qu’il y a une batte. Une balle. Et beaucoup de patience.
Les Yankees bénéficient d’une aura particulière
Les Yankees, une institution new-yorkaise
Fondés en 1903, les Yankees sont devenus bien plus qu’une équipe de baseball. Avec leurs 27 titres de champions, ils occupent une place à part dans l’imaginaire américain.
New York possède pourtant une autre équipe de baseball : les Mets, qui jouent dans le Queens. Mais les Yankees bénéficient d’une aura particulière. Leur logo est devenu un objet culturel mondial, parfois porté par des personnes qui n’ont jamais regardé un seul match de baseball.
Aaron Judge, capitaine des Yankees, est aujourd’hui la grande star de l’équipe
Dans le Bronx, un temple du sport américain
Dès la sortie du métro, impossible de se tromper de direction. Une marée de maillots bleu marine converge vers le stade. Les vendeurs ambulants s’installent sur les trottoirs, les conversations s’animent et, à mesure que l’on approche, le Yankee Stadium finit par occuper tout l’horizon.
Un détail attire rapidement mon attention : partout autour de moi, le même nom apparaît dans le dos des supporters : Judge. Le numéro 99 semble omniprésent. Aaron Judge, capitaine des Yankees, est aujourd’hui la grande star de l’équipe.
L’enceinte actuelle est inaugurée en 2009, juste à côté de son illustre prédécesseur, ouvert en 1923. Ici, on vient voir un match en famille, entre amis, ou simplement profiter d’une soirée new-yorkaise.
Au baseball, le talent ne se lit pas dans la silhouette
Le baseball expliqué aux Français
Une fois installée dans les gradins, je me fixe un objectif raisonnable : comprendre ce qui se passe sur le terrain. Le principe semble assez simple. Une équipe attaque pendant que l’autre défend. Le batteur tente de frapper la balle lancée par le « pitcher » puis de courir de base en base pour marquer un point.
Il existe toutefois une action que même un novice identifie immédiatement : le « home run ». Lorsqu’un joueur envoie la balle hors du terrain, le stade entier se lève d’un bond. Plus besoin d’explication. À plusieurs reprises, je me surprends à applaudir avec les habitués.
Une autre chose m’interpelle : les joueurs ne se ressemblent pas. Certains affichent une carrure impressionnante ; d’autres paraissent beaucoup plus ordinaires. Puis le match avance et je comprends rapidement mon erreur : au baseball, le talent ne se lit pas dans la silhouette. La précision, les réflexes et la lecture du jeu comptent autant que la puissance.
Le baseball vit à un autre rythme
Un spectacle autant qu’un sport
En définitive, ce qui m’enthousiasme le plus, c’est l’ambiance. Les spectateurs discutent, mangent, circulent dans les allées. Certains quittent leur siège pour aller chercher un hot-dog avant de revenir quelques minutes plus tard. Le baseball vit à un autre rythme. Plus lent, plus social aussi. On vient soutenir son équipe, bien sûr. Mais aussi profiter d’un moment entre proches.

Frank Sinatra et les Yankees
Enfin vient le moment que tout le monde espère : la victoire des Yankees. Quelques secondes après le dernier lancer, les premières notes de New York, New York de Frank Sinatra résonnent dans le stade. Instantanément, des milliers de personnes se mettent à chanter. Les gradins se vident lentement. Certains connaissent les paroles par cœur. D’autres les fredonnent simplement. Je regarde cette foule quitter le stade.
Ce soir, je n’ai pas appris toutes les règles du baseball. Mais j’ai participé, le temps d’une soirée, à l’un des grands rendez-vous qu’offre New York. Et lorsque les dernières notes de Frank Sinatra s’éteignent dans la nuit du Bronx, on comprend pourquoi ce rituel dure depuis plus d’un siècle.
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