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TEMOIGNAGE - Accoucher au Québec

Par Lepetitjournal Montreal | Publié le 03/09/2014 à 04:00 | Mis à jour le 04/09/2014 à 04:40

Rencontre avec Céline et Jérôme âgés de 32 et 34 ans. En couple depuis 5 ans, ils sont arrivés au Canada il y a 9 mois grâce au Permis Vacances Travail (PVT). Ils témoignent de leur mésaventure qui a commencé quelques jours après leur installation à Montréal lorsqu'ils ont appris l'heureux événement.


Lepetitjournal.com/Montréal - Avant tout pouvez-vous nous dire pourquoi vous avez choisi l'aventure canadienne ?
Nous avons toujours été charmés par ce vaste pays où nature et building forment un environnement unique. Il y a aussi l'avantage de la langue, nous avons justement choisi la région québécoise pour sa francophonie. Nous nous sommes ensuite arrêtés sur Montréal car pour nous, et d'après les témoignages d'amis ayant déjà tenté l'aventure, il est plus facile de trouver un emploi sur Montréal.

Comment l'idée vous est elle venue ?
Céline : Nous étions mariés depuis 4 ans et essayions d'avoir un enfant depuis plus d'un an et demi. Les médecins ainsi que la famille et les amis nous répétaient sans cesse qu'il ne fallait pas trop y penser car à force, c'est vrai, nous ne pensions qu'à ça. Le fait de ne pas réussir à avoir un enfant nous rendait aigris, frustrés et complètement paranoïaques pour ma part, qui à chaque cycle essayais de détecter le moindre symptôme de grossesse.

Jérôme : Nous ne vivions que pour ça et même nos rapports intimes en prenaient un coup, tout était calculé au jour près. On a donc réagi, comme nous n'avions pas de travail fixe en France, moi j'ai sauté de mission en mission en intérim et Céline n'a jamais trouvé de travail après son diplôme en communication. C'était assez facile pour nous de tout lâcher.

Comment s'est passé votre installation à Montréal ?
Jerôme : Une fois notre PVT en poche nous sommes arrivé sur Montréal. Les premiers jours, nous avons découvert la ville puis nous nous sommes mis à faire du porte à porte pour trouver du travail. Nous avons trouvé assez rapidement d'ailleurs le premier mois nous avions tous les deux un job. Trois mois après notre arrivée, nous découvrons avec une immense joie que ma femme est enceinte.

Céline : N'y croyant toujours pas, j'ai immédiatement pensé à aller faire une analyse de sang pour confirmer. Nous avions pensé à prendre une assurance avant de partir. J'appelle donc l'assurance pour expliquer ma situation et demander les démarches à effectuer pour les frais de santé. A ce moment là, notre plaisir se transforme en véritable calvaire. L'assurance ne nous prend pas en charge car il y a un délai d'attente de 10 mois pour la grossesse et nous avions souscrit depuis 3 mois. En fouillant un peu sur internet, je tombe sur le site de l'assurance santé du Québec la RAMQ, qui indique que les salariés, même étrangers, ont droit à la carte soleil c'est à dire à l'assurance maladie du Québec.
Nous allons donc nous renseigner pour nous inscrire, mais la régie de l'assurance maladie du Québec nous dit que non nous y avons pas le droit, nous sommes bien salariés, nous cotisons à l'assurance maladie mais nous y avons pas le droit car nous sommes en programme vacance travail (PVT) et de ce fait c'est un permis de travail ouvert et que le nom de l'employeur doit être indiqué sur le visa. Nous insistons un peu en disant que c'est absurde car nous travaillons pour un employeur depuis notre arrivée, que nous cotisons mais rien à faire, ce qui compte c'est le statut avec lequel nous sommes arrivés. Au final, nous cotisons pour la RAMQ mais nous ne pouvons pas en bénéficier.

Comment avez vous réagi après tous ces refus ?
Pour commencer, je n'avais plus le temps de me réjouir de cet heureux événement, j'attendais cela depuis tellement de temps mais tout semblait s'écrouler, je ne dormais plus, je passais mes nuits à la recherche d'information, d'assurances… Un vrai cauchemar, nous allons devoir assumer les frais liés au suivi de grossesse et d'accouchement. Nous nous sommes donc rendu dans les hôpitaux pour avoir une idée des tarifs pratiqués. Il faut compter pas moins de 15.000 dollars. En effet chaque jour d'hôpital coûte 5.000 dollars, ensuite il y a les honoraires du médecin qui vous accouche, plus l'anesthésiste (environ 5.000 dollars) et le suivi de grossesse comprend les analyses, les échographies et les consultations avec l'obstétricien. S'il y a la moindre complication ou si l'accouchement dure longtemps l'ardoise grossit bien sûr.

Avez-vous pensé à retourner en France ?
Oui, nous y avons pensé, mais ici nous avons tous deux un travail et dans notre domaine, nous ne voulons pas perdre cette opportunité.

Comment vous êtes-vous organisé pour payer autant de frais ?
Nous avons tout à notre charge, tous les frais, diverses consultations, échographies, analyses, nous avons discuté avec l'obstétricien et l'hôpital pour demander un échéancier. Nous avons commencé à payer dès notre première visite à l'hôpital des frais d'accouchement, l'anesthésiste pour la péridurale et les frais d'hospitalisation en fonction du nombre de jour. Nous étions partis sur deux jours d'hospitalisation mais j'ai dû y rester plus longtemps car j'ai finalement accouché par césarienne. L'ardoise était donc beaucoup plus élevée que prévu mais nous avons tout oublié quand notre fille est venue au monde.

Avez vous un conseil à donner à tous les futurs Pvtistes ?
Le statut de PVT est très particulier, il est donc nécessaire de prendre toutes ses dispositions avant de partir et surtout vérifiez bien vos contrats d'assurance. Il y a souvent des délais d'attente pour avoir droit à certains remboursements. Sinon, le Canada est un pays très accueillant et plein de bonnes opportunités pour les personnes prêtes à travailler et ambitieux.

La rédaction (Lepetitjournal.com/Montréal) Mercredi 3 septembre 2014

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