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Des ossements de mammouths découverts près du futur aéroport

Par Joséphine Leblanc | Publié le 05/06/2020 à 17:00 | Mis à jour le 05/06/2020 à 17:00
Ossements mammouths futur aéroport Mexique

Les travaux du nouvel Aéroport International Felipe Ángeles ont révélé la semaine dernière les ossements d'une soixantaine de mammouths vivant dans la région il y a 12 000 ans.

 

Des ossements de plus de 10 000 ans et des sépultures préhispaniques

 

Les paléontologues et archéologues ont été doublement surpris lors des travaux de construction du nouvel aéroport Felipe Ángeles avec la découverte d'ossements de plusieurs dizaines de mammouths, ainsi qu'une quinzaine de sépultures préhispaniques.

Des fouilles archéologiques sont menées par des spécialistes de l'Institut national d'anthropologie et d'histoire du Mexique (INAH), avec le soutien logistique et financier de Sedena (Défense nationale).

Pedro Francisco Sánchez Nava, coordinateur national de l'archéologie à l'INAH, a expliqué que les ossements de mammouths ont été localisés dans trois zones (l'une correspondant à ce qui était auparavant la rive du lac Xaltocan) et sont toujours en processus de documentation et d'analyse. Ce travail d'extraction très délicat est mené par un groupe d'une trentaine d'archéologues et leur étude révélera divers aspects liés aux migrations, à l'alimentation et aux pathologies de ces grands mammifères.

Les analyses des ossements en cours permettront de savoir combien de squelettes de mammouths complets pourront être reconstitués.

 

Ossement mammouths futur aéroport
Photo: INAH

 

Ces fouilles se trouvent à une dizaine de kilomètres d'un site de la ville de Tultepec, où l'année dernière les archéologues ont découvert les ossements d'environ 14 mammouths dans des fosses qui auraient été creusées il y a à peu près 15 000 ans.

Les mammouths découverts appartiennent à l'espèce Mammuthus columbi, très abondante en Amérique du Nord il y a 12 000 ans. Les ossements situés à proximité du lac Xaltocan appartiennent aux mâles, aux femelles et aux descendants. Ces animaux était peut-être piégés dans la boue car, lorsqu'elles se sont desséchées, les rives du lac se sont transformées en tourbière.

Selon Pedro Francisco Sánchez Nava (INAH), les mammouths n'auraient pas été chassés par l'homme car aucun signe de chasse humaine n'a été retrouvé. Cependant, les archéologues n'excluent pas que les humains aient profité de la viande des animaux une fois qu'ils étaient coincés dans la boue.

Concernant la quinzaine de sépultures humaines, les archéologues expliquent qu'elles appartiendraient à des agriculteurs qui vivaient là lors de la période postclassique (950-1521 après JC), lorsque la seigneurie de Xaltocan a été établie sur ce site. Ils ont été enterrés accompagnés d'un simple trousseau funéraire composé d'éléments en céramiques et de figurines en argile.

 

Une proposition de musée dans l'aéroport

 

Ossement mammouths futur aéroport
Photo: Henry Romero / Reuters

 

Les autorités mexicaines et l'INAH ont proposé la création d'un musée intégré au futur aéroport de l'hacienda de Santa Lucia. Selon Pedro Francisco Sánchez Nava, « la proposition est que la coque de l'hacienda, avec des modifications soigneuses et réversibles, devienne un espace de diffusion, où nous pouvons montrer à ceux qui arrivent, non seulement les mammouths, mais aussi les vestiges de l'occupation de Teotihuacan, de l'histoire jésuite lors de l'évangélisation et, en général, de l'évolution de la région et de la construction de notre pays ».

Cependant, cette constatation n'a pas incité les autorités à repenser la construction de l'installation aéroportuaire. Selon Salvador Pulido Méndez, directeur du sauvetage archéologique de l'INAH, « jusqu'à présent, aucune découverte n'a été enregistrée sur le terrain qui a conduit à repenser le chantier, ni totalement ni partiellement. Les travaux ont plutôt permis à l'INAH d'investiguer un espace où, bien que des restes osseux existent, ils n'avaient pas eu l'occasion des les localiser, de les récupérer et de les étudier ».

 

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Joséphine Leblanc

Après une formation juridique qui lui a permis de s’expatrier au Vietnam, elle se spécialise en communication et médias (IFP). Aujourd’hui elle a quitté Paris pour s’installer à Mexico.
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