À la veille du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, organisée sur le continent nord-américain, l’attention se porte surtout sur les États-Unis. Si le Mexique affiche une certaine ferveur à l’approche du tournoi, les coulisses de l’organisation révèlent aussi des tensions liées à la sécurité, aux coûts et à la place réelle accordée aux deux autres pays hôtes.


« Les Mexicains sont fiers de faire partie des pays organisateurs, et honorés de voir la cérémonie d’ouverture sur leur sol »
Au Mexique, l’excitation avant la Coupe du monde est palpable
C’est à l’Estadio Azteca de Mexico que la compétition débutera le 11 juin 2026. Le Mexique reçoit l’Afrique du Sud pour la première des 104 rencontres de la Coupe du monde. À J-1 du coup d’envoi, l’effervescence commence à monter peu à peu à Mexico : « Les Mexicains sont fiers de faire partie des pays organisateurs, et honorés de voir la cérémonie d’ouverture sur leur sol », explique Charlotte, expatriée au Mexique. Une excitation qui est aussi visible dans les salles de classe : « La folie des Panini a commencé dans les cours de récréation. », confie-t-elle. Alors qu’une proposition d’avancer les vacances scolaires avait été faite, le gouvernement est revenu sur cette décision et a opté pour le maintien des dates initiales.
Les albums Panini, une tradition de la Coupe du Monde : À chaque Coupe du Monde de la FIFA, les albums Panini deviennent incontournables pour les supporters et collectionneurs. Depuis plusieurs décennies, petits et grands échangent les célèbres vignettes des joueurs, des équipes et des stades afin de compléter leur album. Véritable phénomène culturel, cette tradition rassemble les passionnés de football autour de moments de partage, de nostalgie et d’émotion pendant la compétition.
Cette ferveur à l’approche de la Coupe du monde est également palpable dans les lieux culturels. Connue pour son grand nombre de musées, la ville de Mexico a lancé son programme “ Couloir culturel mondialiste”. Au programme, plusieurs expositions dans les musées autour de la thématique du football. Côté infrastructures et logistique, le Mexique peaufine encore certains détails : « L’aéroport Benito Juárez est toujours en cours de rénovation, les tunnels sont en train d’être repeints.», précise Charlotte à quelques semaines du début de la compétition.

Coupe du monde au Mexique : un défi sécuritaire ?
Si l’atmosphère globale est plutôt positive à l’approche du Mondial, le Mexique a été le théâtre de nombreux incidents de sécurité au cours des derniers mois. Suite à l’assassinat de Nemesio Oseguera, plus connu sous le nom d’El Mencho, une vague de violence a été déplorée avec 25 membres de la garde nationale tués. Plus récemment, dix personnes ont été tuées le 17 mai lors d’une attaque dans le centre du Mexique. Les assaillants ont fait irruption dans un ranch de la commune de Tehuitzingo, dans l’État de Puebla, et ont ouvert le feu sur les victimes. Tant d’évènements qui interrogent à quelques jours du début de la compétition. Le Mexique accueillera 13 rencontres, réparties sur trois villes : Mexico, Guadalajara et Monterrey. Reste à savoir si le pays sera à même de répondre à ce challenge sécuritaire et d’assurer la tenue de la compétition.
La culture s’empare de la Coupe du Monde de foot 2026 à Mexico
Le Canada, grand perdant de l’organisation de ce Mondial
Alors qu’au Mexique le sentiment global est plutôt positif à l’idée d’accueillir le Mondial, au Canada, le son de cloche est différent. À Montréal, par exemple, l’engouement n’est pas encore totalement présent : « Étant donné que Montréal s'est retirée de l'organisation de la compétition, il n'y a pas d'affiches sur la Coupe du Monde ou même de fan-zone organisée.», explique Romain Schué, journaliste pour Radio-Canada depuis 8 ans. À contrario, Vancouver et Toronto, villes où se dérouleront les matchs sur le sol canadien, vont bel et bien organiser des évènements et des animations autour de la compétition comme l’impose la FIFA.
La ville de Montréal a décidé de se retirer de l’organisation de la compétition en raison des règles imposées par la FIFA
Pour cette 23e édition, la FIFA accentue sa communication sur le nouveau format avec 48 sélections participantes, mais aussi sur une nouveauté : les trois pays hôtes. Si au premier abord cette nouvelle semble être une aubaine pour le continent nord-américain, la réalité, elle, est bien différente et témoigne d’une omniprésence des États-Unis au détriment du Canada et du Mexique. C’est ce paradoxe que Romain Schué met en lumière dans une enquête dans laquelle il dévoile les coulisses de l’organisation du tournoi: « Cette Coupe du monde a été vendue comme une co-organisation à trois, mais au final, ce sont essentiellement les États-Unis qui dominent. On le voit à travers le président Donald Trump qui occupe la scène médiatique tout en éclipsant la présidente du Mexique et le premier ministre canadien.» Une inégalité qui se transpose sur la répartition du nombre de matchs par pays. Le Canada et le Mexique n’accueilleront que 26 des 104 rencontres, soit 25 %. « À part un match des huitièmes de finale, il n’y a aucune rencontre à fort enjeu qui aura lieu au Canada », précise le journaliste.
Un autre point de crispation autour de ce Mondial : le prix des billets jugé excessif. Dans le cadre de son enquête, Romain Schué a pu échanger avec un conseiller municipal de Toronto qui lui a confié sa déception à ce sujet : « La ville va devoir payer des centaines de millions de dollars pour l'organisation de 6 à 7 matchs, mais au final les Torontois ne pourront même pas assister aux matchs car les billets sont beaucoup trop chers. »
Coupe du monde 2026 : tout savoir sur la compétition
Cette situation crée un sentiment mitigé autour de cette Coupe du monde, entre l’excitation de voir le spectacle sur le rectangle vert et tous les aspects qui sont sujets à la crispation et à l’indignation comme la situation d’Omar Abdulkadir Artan, arbitre somalien qui devait officier durant le tournoi. Alors qu'il venait d'atterrir aux États-Unis, ce dernier a été contraint de retourner dans son pays alors qu’il était en possession de son visa. Une décision américaine qui intervient quelques mois après les déclarations du président Donald Trump sur les Somaliens vivant aux États-Unis qu'il avait qualifiés de "déchets". Une polémique qui illustre un climat plus que tendu en marge d'un évènement qui est censé être une grande fête mondiale célébrant la diversité culturelle.
La une du journal L'Equipe du mercredi 10 juin pic.twitter.com/NaOqIX3fZn
— L'Équipe (@lequipe) June 9, 2026
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