Le Mexique s'apprête à accueillir l'événement sportif majeur de l'année 2026 aux côtés des États-Unis et du Canada et compte bien montrer son amour de la discipline à travers diverses expositions dans toute la capitale. Car s’il est bien un domaine où la ville de Mexico peut se distinguer de ses confrères en tant que pays hôte de la Coupe du monde, c’est dans la culture.


Les musées se mettent à l’heure du foot
Deuxième ville au monde avec la plus grande offre de musées après Londres, Mexico s'enorgueillit de pouvoir présenter une programmation sur le thème du football intitulée par le gouvernement de la ville de Mexico le « Couloir culturel mondialiste ». Les musées de Mexico se joignent à la fête du Mondial pour présenter diverses expositions qui explorent le football sous un angle propre à la thématique de chacun, et nous font prendre conscience à quel point ce jeu de ballon au pied, si simple, parti de si peu, impacte notre société ainsi que divers secteurs d'activité.
Musée Franz Mayer “Football: design d’une passion” (Fútbol: diseñando una pasión)
Exposition dédiée à l'histoire du football et du design depuis la toute première coupe du monde en Uruguay en 1930. Chaque espace nous raconte les faits marquants vécus dans chacun des pays hôtes du continent américain, ainsi que les avancées produites lors de ces coupes du monde. On peut y suivre l'évolution du design des ballons, chaussures, maillots, sacs de sport, affiches et visionner photos et vidéos. On apprend ainsi qu'en 1950 l’imposant stade Maracana de Rio destiné à accueillir 200.000 personnes fût réalisé par 7 architectes brésiliens afin de montrer au monde une image moderne du Brésil. Cependant, l´équipe nationale brésilienne n’ayant pas accédé à la finale changea alors son maillot blanc à col bleu pour les couleurs jaune et verte que nous connaissons aujourd'hui. En 1962, ce fut au tour du Chili de recevoir le mondial malgré le pire séisme de son histoire en 1960. Puis vint México en 1970, deux années après avoir reçu les Jeux olympiques. C’est cette année-là que le design de la topographie et du logo changèrent pour faire du Mondial une véritable marque.

Le tout premier ballon Adidas aux 32 panels hexagonaux fut sélectionné. La toute première transmission en direct par satellite et en couleur jusqu'en Europe put être réalisée. En 1978, c’est l’Argentine qui accueille et les voix des opposants au régime militaire argentin se font plus fortes que les cris des supporters. Ils profitent de l'événement pour manifester contre le mensonge de la propagande des affiches diffusées par ce gouvernement. 1986, le sacre de Maradona. Le Mexique reçoit pour la 2ème fois la coupe du monde chez lui suite au retrait de la Colombie et malgré un tremblement de terre dévastateur en 1985. La mascotte populaire mexicaine “Pique” devient l'occasion de développer de nombreux produits commerciaux dérivés et Adidas crée une version aztèque du ballon officiel. 1994, le Mondial a lieu aux EU dans 9 villes différentes avec un suivi informatique qui s’adapte.

De nombreuses innovations en matière textile, de nouveaux visuels graphiques sur les maillots initient une forme de mode des maillots de foot avec la participation des marques de sport. 2014, le Brésil affiche une nouvelle fois au monde sa modernité en construisant 7 nouveaux stades et en en rénovant 5 autres avec pour résultat des manifestations populaires notables. C'est au cours de ce mondial qu'apparaît la Goal-line technology (GLT) et l'aérosol de marquage au sol qu'utilisera l'arbitre. 2011, le Mexique, à nouveau, organise la coupe du monde des 17/20 ans. Et finalement, en 2026, 3 pays organisateurs et un autre niveau technologique et financier, des moyens de communication jamais vus, des relations entre le sport et les grandes marques sur les innovations des matières, des composants et des designs des chaussures, entre autres choses, continuent à faire du milieu du foot un business toujours plus fructueux.
Musée Jumex : Art et Football
Dès l'arrivée, on est accueilli par un enregistrement de cris puissants et enflammés provenant à ne pas s'y tromper à la liesse d'un match de foot. Il s'agit du match entre le Mexique et le Portugal précédant la Coupe du monde 2026. On est immergé dans le spectacle, la communion des supporteurs et le pouvoir dégagé par un stade de foot en tant qu'événement identitaire. Puis l'on accède directement à un sol en terre qui nous rappelle que ce jeu, devenu le plus populaire au monde, se joue aussi dans la rue. L'exposition recentre alors le foot autour de ce qu'il est à la base, un jeu populaire, simple, communautaire, qui se pratique dans les quartiers les plus démunis. À travers des photographies, des peintures, des vidéos, des enregistrements et des objets représentatifs du foot, dans cette exposition, l'art intercepte un langage visuel, auditif et corporel qui s'invite dans notre vie quotidienne et se pratique même parfois en religion ou comme forme d'expression.

Musée Yancuic : Album épique (Album Épico)
Un album est distribué dès l’arrivée dans ce grand musée afin de le remplir au cours de la visite où l’on peut voir la progression chronologique des maillots de foot des équipes mexicaines, ainsi que les coupes que le Mexique a gagnées, sans compter les chaussures et les ballons. On y retrouve aussi la réplique de la coupe du Mondial de cette année.
Musée de la Mémoire et de la Tolérance : Jeu propre (Juego Limpio)
Le foot unificateur, le foot comme espace de rencontre, inclusif et constructeur de paix. Cette exposition veut montrer le foot comme un sport-phénomène devenu clé dans l’histoire et la culture du Mexique et du monde. En traversant 6 salles, on y retrouve des objets de collectionneurs, de grandes figures du foot et commentateurs de matchs. 6 salles et 6 thèmes. La naissance du foot depuis ses origines les plus anciennes sur tous les continents, les innovations et règles progressives du jeu que nous connaissons aujourd’hui depuis ses débuts fin 19ème, le Mexique et son amour du foot depuis son introduction en 1825 par les Anglais, la présentation des faits marquants de chaque mondial, mais aussi la face obscure du foot (violence, sexisme, homophobie, racisme, l’exploitation des enfants au travail pour les marques de sport…) et pour conclure les valeurs importantes du sport (fair play, égalité, tolérance, solidarité…).

Universum : La science se trouve sur le terrain (La ciencia està en la cancha)
Le Musée des Sciences de l’UNAM aborde le foot sous forme d’expérience scientifique à travers des activités interactives et des défis participatifs. L’exposition explique comment les mouvements et actions des joueurs peuvent être décryptés par la physique. Les buts, coups de tête, tirs, prises de décision à l’intérieur et l’extérieur du terrain. Des activités sont également prévues pour que le visiteur puisse tester lui-même ces phénomènes physiques. Toute l’histoire du ballon est étudiée : ses matériaux, designs, technologie et géométrie expliqués.
Le Musée d'histoire naturelle présente également une exposition qui fusionne la science, la vie et le foot en présentant des ballons modelés à leur manière par différents artistes et jusqu’aux dômes du musée vus du ciel décorés dans un style de ballons mexicannisés. Le MIDE, Musée de l’Économie, propose lui aussi des activités interactives sur le foot.
Legends : The ultimate football experience
Le nouvel espace privé INSPACE vient juste d’ouvrir ses portes à Polanco et présente en collaboration avec LALIGA une exposition immersive sur le foot dans l’esprit du grand musée Legends de Madrid. Des pièces uniques de maillots de stars du foot depuis 1916, et 8 salles racontent l’histoire du foot. Les amoureux de ce sport pourront vivre grâce au cinéma 3D l’émotion et le spectacle vécus dans un stade. Ici la technologie permet au visiteur de vivre le foot pleinement.
Reforma , exposition à ciel ouvert
Ils sont enfin arrivés au Paseo de la Reforma et en Zona Rosa! Réalisées par l’atelier créatif Zion Art, 19 sculptures de 5 mètres de haut représentant des footballeurs géants en action avec le maillot d’un pays discrètement écrit sur l’écusson ont pris place de part et d’autre de l’avenue Reforma. Une fusion de sport, d’art et de culture s’installe progressivement sur l’avenue la plus connue de la capitale. Les passants peuvent s’y promener tout en voyant défiler de-ci de-là ces statues géantes qui annoncent l’approche du mondial.

Pour le plaisir des fans de Panini, le célèbre et immanquable album de cartes autocollantes expose également des cartes géantes Panini à la hauteur de l’hôtel Four Seasons. On peut y voir, d'un côté, les cartes des joueurs cultes des années qu’ils ont marquées de leurs exploits, et de l'autre, les affiches des coupes du monde. Les passants nostalgiques ne peuvent s’empêcher de s’arrêter face aux photos de Zidane, Maradona, Pelé ou Messi.

Et à partir du 11 juin, jour du lancement de la Coupe du monde à Mexico, des ballons géants réalisés par des artistes plastique mexicains et internationaux sont attendus, ainsi qu’une exposition de photos prises par des photojournalistes sur plusieurs décennies, témoignages des explosions d'émotions déclenchées par les coupes du monde seront également bientôt visibles.
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