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PORTRAIT - A la rencontre de l´atelier São Vicente…

Par Lepetitjournal Lisbonne | Publié le 13/04/2011 à 00:00 | Mis à jour le 14/11/2012 à 12:37

Chloé Daquet et Daphné Bastos, l´une de père français et de mère portugaise et l´autre exactement l´inverse ont décidé, voilà trois ans de cela de s´installer à leur compte à Lisbonne en ouvrant deux ateliers de restauration d´objets en bois, marqueterie et ébénisterie

Elles travaillent le bois avec dextérité et intelligence et de petits bijoux ressortent de leurs mains. Il suffit de consulter : http://www.ateliersaovicente.com pour contempler des commodes, chaises, guitare portugaise, boîtes, canapés et bien d´autres objets. La sculpture sur bois ou d´ornements, c´est leur métier et elles le pratiquent avec sensibilité.

(Photos : M.J. Sobral)

Lisbonne: une capitale " village ?
Chloé Daquet , 33 ans, raconte son parcours et ce qui l´a décidé à venir s´installer au Portugal. Elle arrive en 1997 avec ses parents et s´installe d´abord en Algarve, dans le sud du pays. Puis, passés quelques mois, elle ?monte? à Lisbonne pour y poursuivre des études d´architecture. Lilloise d´origine, elle est tombée amoureuse du Portugal et les visites fréquentes à la famille maternelle y ont contribué! ?Je voulais changer de contexte ? dit-elle, à l´instar de ses parents qui recherchaient aussi un rythme de vie plus calme. En route, elle a laissé tomber l´architecture et s´est dirigée vers  le travail du bois qu´elle a appris à la Fondation Ricardo Espírito Santo dont la réputation n´est plus à faire. Elle y rencontre sa future associée, Daphné Bastos, et avec audace elles décident d´ouvrir en 2009 deux ateliers, l´un tout près du Panthéon et l´autre non loin de l´avenida de Roma. Deux endroits distincts et deux types de clientèles. Chloé raconte les difficultés et les enchantements de sa vie à Lisbonne : ?vous savez, le statut d'artisan n'existe malheureusement pas au Portugal et c´est une grande différence par rapport à la France, cependant et paradoxalement je pense qu'ici, il est plus facile d'entreprendre un projet personnel, d´ouvrir sa petite structure. J'ai le sentiment que les portes sont plus ouvertes et que les choses sont plus accessibles. Lisbonne est encore une capitale 'village' où l'échelle humaine est respectée ".

La confidence : " Je me sens chez moi ?
Quand on demande à Chloé si aujourd´hui elle a beaucoup d´amis portugais et si l´insertion a été facile, elle apporte son témoignage en racontant qu´elle a mis ?un peu de temps? à s´intégrer au niveau de la langue au tout début et ensuite au niveau des démarches administratives "notamment pour effectuer mes équivalences scolaires. Je pense que le fait que ma famille soit proche, a été important, car ce ne fut pas toujours facile?. Entre confidentialité et réflexion, elle nous dit que ? peut-être que professionnellement je m'enrichirais davantage en France, vu que le savoir-faire du bois y est beaucoup développé, peut-être aussi aurai-je plus de reconnaissance du point de vue du  statut??. Le ton reste quelque peu songeur, mais elle rajoute ?même si j´ai peu d'amis portugais, ce sont de vrais amis. J'ai aussi beaucoup de contacts avec la France. D'autre part il m'arrive de rencontrer des  personnes d´autres nationalités: Allemandes, Belges, Anglaises...  et pour répondre à votre question plus directement je dirais que oui , je pense continuer à vivre ici, je me sens enfin chez moi. Certains Français viennent juste en touriste et ils finissent par avoir une méconnaissance du Portugal et de la culture portugaise qu'ils confondent parfois avec la culture espagnole. Je pense que les Portugais ont aussi un grand a priori sur les Français, en les qualifiant d´arrogants?.

Faire le pont entre deux cultures continue à faire partie de la mission quotidienne des Franco-Portugais, porteur d´une double appartenance culturelle et citoyenne. Ils continueront encore pendant un certain temps à jouer le rôle de ?passeur? entre deux cultures et deux pays. Ils sont aussi le symbole d´une Europe dynamique qui, avec curiosité, va à la rencontre de l´autre.

Custódia Domingues (www.lepetitjournal.com/lisbonne.html) lundi 11 avril 2011
strategyandpress@gmail.com

 

Ateliers São Vicente : Rua São Vicente, 16D- Lisbonne et Rua David Sousa, 11 ? Lisbonne

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