Le 30 mai 2026 se tiendra l´élection des conseillers des Français de l´Étranger. Le vote internet sera ouvert du vendredi 22 à 12h (heure de Paris) au mercredi 27 mai à 12h (heure de Paris). Les conseillers des Français de l'étranger élus pour 6 ans sont les élus de proximité des Français établis hors de France. Ils représentent les Français établis la circonscription auprès des ambassades et des consulats, au sein des conseils des Français de l’étranger.


Au Portugal, ce seront 5 conseillers qui devront être élus et sept listes de candidats se présentent à cette élection, Lepetitjournal est allé à la rencontre des candidats tête de liste qui ont accepté de répondre à nos questions. Pour précision, la publication des interviews suit l´ordre d´arrivée des réponses aux questions posées, celles-ci sont les mêmes pour chacun des candidats.
La troisième interview est par conséquent celle de Inès Loukili, tête de liste de « Pour une gauche de rupture sociale, citoyenne, écologiste et solidaire »
Lepetitjournal : Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?
Inès Loukili : j'ai 27 ans. J'ai grandi en région parisienne et je vis aujourd'hui à Lisbonne, une ville qui m'a autant appris qu'elle m'a questionnée. Mon parcours est ancré dans le monde associatif et l'économie sociale et solidaire, où l'on apprend que la justice sociale ne se décrète pas, mais se construit au quotidien, avec les gens.
En arrivant au Portugal, j'ai été frappée par le sentiment d'éloignement de nombreux Français et Françaises vis-à-vis des institutions. Parfois invisibles, parfois découragés. C'est ce constat qui m'a poussée à m'engager ici.
Comment avez-vous constitué votre liste 2026 ?
Nous sommes au nombre de 11. Onze parcours, onze histoires, une même urgence : agir face à la montée des inégalités et de l'extrême droite.
Ce qui m'importait, c'était de constituer une liste qui ressemble vraiment à la communauté française du Portugal, pas une liste de notables ou de militants de longue date, mais des gens du quotidien, ancrés dans des réalités concrètes. Chercheurs, enseignants, professionnels de santé, parents, retraités... répartis entre Lisbonne et Porto, avec des expériences très diverses de l'expatriation.
Ce qui nous réunit, c'est une conviction partagée : défendre une gauche de rupture, sociale, citoyenne, écologiste et solidaire, et refuser la résignation face à un système qui néglige de plus en plus les Français·es vivant hors de France.

Pouvez-vous nous détailler les grands axes de votre programme ?
Nos priorités tournent autour de trois axes principaux.
D'abord, l'éducation et le lien culturel.
Nous défendons une école française inclusive et socialement mixte, fidèle aux principes républicains. Cela passe par un soutien renforcé aux associations FLAM, qui font un travail remarquable pour maintenir le lien linguistique, et par une réforme ambitieuse du système de bourses.
Ensuite, la protection sociale et les droits.
Trop de Français et Françaises au Portugal se retrouvent dans des situations précaires face à l'administration, droits à la retraite mal comptabilisés, délai de carence injuste au retour en France, accès difficile à la Caisse des Français de l'Étranger. Nous voulons mettre fin à ces injustices concrètes et renforcer la solidarité envers les plus vulnérables.
Enfin, l'accès aux services consulaires et à l'information.
Les démarches sont souvent perçues comme complexes, les services saturés. Nous nous engageons à organiser régulièrement des auditions citoyennes sur l'ensemble du territoire portugais, pas seulement à Lisbonne, pour rester connectées aux réalités du terrain, et à tenir des permanences consulaires régulières.
Ces propositions ne tombent pas du ciel. Ces dernières années, à l'Assemblée nationale, les députés insoumis ont été les seuls à se battre pour les Français de l'étranger. Nous avons déposé des amendements pour :
• Le renforcement des effectifs consulaires avec la création de 100 postes
• L’augmentation des crédits pour les bourses scolaires ;
• Des moyens supplémentaires pour l'AEFE et contre la coupe budgétaire de 58,9 millions d'euros.
• Un financement renforcé de la protection sociale avec 25 millions d'euros d'augmentation pour la seule caisse de sécurité sociale pour les Français de l'étranger, (CFE)
Cette situation n'est pas une fatalité. Elle appelle à une mobilisation démocratique.
Il est temps de construire un réseau de femmes et d'hommes élus et enracinés dans les réalités locales, déterminés à défendre sans compromis les droits et les services publics consulaires.
Que représente pour vous la mission principale de conseiller des Français de l'étranger ? Avez-vous un exemple concret ?
Pour moi, c'est avant tout un rôle de relais et de proximité. Être conseillère, c'est s'assurer que personne n'a pas honte de frapper à notre porte, quelle que soit la situation, quelle que soit la problématique.
Un exemple qui m'a particulièrement marquée : en échangeant avec des associations qui accompagnent les femmes victimes de violences au Portugal, j'ai réalisé à quel point elles se retrouvaient démunies face aux services consulaires actuels. Les dispositifs d'accompagnement n'étaient pas adaptés, les interlocuteurs difficiles à identifier.
Ce type de situation, où des personnes vulnérables se retrouvent sans réponse institutionnelle est précisément ce que je veux changer. Personne ne devrait se sentir seule face à l'administration française parce qu'il ou elle vit à l'étranger. Jeunes, femmes, personnes LGBTQI+, retraités en difficulté : ma porte sera ouverte à tout le monde.
Le rôle de conseillère permet aussi de peser sur les politiques publiques en faisant remonter les réalités du terrain aux parlementaires, en interpellant les institutions, en construisant des solutions durables plutôt que des réponses au cas par cas.
Quels sont les principaux défis auxquels font face les Français du Portugal ? Et quels sont vos défis en tant que candidate pour les cinq prochaines années ?
Les Françaises et Français au Portugal font face à plusieurs défis que je vois au quotidien. Le coût de la vie d'abord, notamment à Lisbonne qui a connu une transformation spectaculaire en dix ans, et se loger dignement est devenu difficile pour beaucoup, notamment les jeunes. L'accès aux droits ensuite, en particulier pour les personnes en situation de précarité qui ne savent pas toujours à quelle porte frapper. Et l'information : beaucoup ignorent leurs droits, les démarches disponibles, ou même l'existence de ces élections.
Ce dernier point est peut-être le défi qui me touche le plus personnellement. En rencontrant de nombreux jeunes Françaises et Français à Lisbonne, j'ai constaté un paradoxe frappant : la plupart partagent des valeurs profondément progressistes, sont préoccupés par la justice sociale, le climat, le logement, mais ne sont pas inscrits sur les listes consulaires, ne votent pas, et se sentent étrangers à la politique institutionnelle. Ce n'est pas du désintérêt. C'est le résultat d'une installation souvent rapide, d'une information insuffisante, et parfois de freins très concrets comme le fait de vivre en colocation informelle sans justificatif de domicile.
Mon défi pour les cinq prochaines années, c'est précisément de combler ce fossé. Remobiliser celles et ceux qui se sentent éloignés, rendre ces élections et ce mandat lisibles et utiles, et construire un réseau de femmes et d'hommes élus vraiment enracinés dans les réalités de notre communauté. La politique ne peut pas être réservée à ceux qui savent déjà comment ça marche.
Liste « Pour une gauche de rupture sociale, citoyenne, écologiste et solidaire »
1. Mme Inès LOUKILI
2. M. Frédéric MENDES
3. Mme Elodie REBUFFE
4. M. Jean-Michel Paul BERNARD
5. Mme Marielle Christine GROS
6. M. Julien BAVOUX
7. Mme Karine SERRE
8. M. Fabien Marc GUEGAN
9. Mme Florence JANODY
10. M. Nacer LARADJI
11. Mme Julie RIBOT
Lien vers notre site de campagne : https://front-populaire-iberique.lovable.app
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