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RENÉ RANDRIANJA - 4 ème Forum des Anciens Eleves des Lycées Français dans le Monde

Par Lepetitjournal Lisbonne | Publié le 12/04/2017 à 22:00 | Mis à jour le 03/05/2017 à 23:57

La quatrième édition du Forum Mondial des Anciens Elèves des Lycées Français (FOMA) s'est déroulé les 7 et  8 avril  au Lycée Français Charles-Lepierre de Lisbonne. A cette occasion, près de 150 anciens élèves des lycées français dans le monde ainsi que diverses personnalités françaises et portugaises étaient présentes, représentant près de 50 associations dans le monde. Lepetitjournal.com/Lisbonne s´est entretenu avec René Randrianja, Président de l'Association des Anciens des Lycées Français dans le Monde. Nous avons été à sa rencontre afin qu´il présente à nos lecteurs le FOMA.

Lepetitjournal.com/Lisbonne : Pouvez-vous, vous présenter à nos lecteurs ?
René Randrianja : Je suis un ancien du Lycée Français de Tamatave à Madagascar, où j'ai passé l'intégralité de ma scolarité de la maternelle à la terminale. J'ai fait une classe préparatoire au Lycée Lakanal à Sceaux, puis à Bordeaux l'école d'ingénieur "Enseirb-Matméca" et en parallèle j'ai étudié à l'université Montaigne Montesquieu, bénéficiant ainsi d'un double diplôme. J'ai eu la chance de bénéficier d'une bourse d'excellence délivrée par l'Agence de l'Enseignement Français de l'Étranger (AEFE) aux meilleurs étudiants étrangers des lycées français. Durant mon cursus scolaire, j'ai été invité au quai d'Orsay par l'AEFE qui organise chaque année l'événement de sortie des boursiers d'excellence major, cad lorsque ces boursiers terminaient leur 5 ans de bourse et bien souvent leur cursus scolaire, ce qui m'a permis de rencontrer l'Association des Anciens des Lycées Français du Monde (ALFM). J'ai été conduit pendant mes cinq années d'études supérieures à assister à des événements en lien avec les anciens élèves des lycées français dans le monde,  et j'ai eu envie de m'investir davantage dans cette association. J'ai rencontré le précédent bureau et le précédent conseil  d'administration, puis j'ai constitué au fur et à mesure une équipe avec d'autres anciens élèves et le soutien des pouvoirs publics français, c'est à dire l'AEFE, dans le but de dynamiser cette structure. Je suis actuellement consultant pour un cabinet de conseil américain, et basé à Paris. Mon poste me permet d'être proche des parlementaires français qui sont très sensibles à l'association, six sont d'ailleurs présents au FOMA cette année. (Photos : M.J. Sobral)

Quelle  expérience vous a apporté ce vécu ?
Lorsque l'on passe la majorité de sa scolarité dans des établissements français, on y reste attaché et on garde contact avec ses amis, ses professeurs, les chefs d'établissements. Il ressort de cette expérience un fort sentiment d'appartenance à une communauté que l'on conserve durant tout notre parcours professionnel. Contrairement aux lycées en métropole, les élèves ont quitté un pays pour un autre, ce qui constitue une véritable aventure. Généralement lorsque l'on évolue dans un lycée, on a tendance à penser qu'il est le seul établissement de ce genre dans le monde, comme un cocon. Ces manifestations permettent d'entrer en contact avec tous ces anciens élèves qui ont suivi le même parcours. Chacun a son pays d'accueil, mais la culture française constitue notre dénominateur commun, il y a  un sentiment de réseau international  qui se met en place. L'association compte aujourd'hui 600 000 anciens élèves, à cela s'ajoute les 14 000 nouveaux bacheliers chaque année, ce qui représente un réseau conséquent.

Quel est l'objectif de ce quatrième Forum Mondial des Anciens Èlèves organisé à Lisbonne ?
Ce forum des anciens élèves des lycées français dans le monde  sert à fédérer et rassembler à la fois les anciens élèves, mais surtout les associations locales des anciens élèves. Contrairement à l'événement organisé à Casablanca qui a rassemblé beaucoup de locaux, nous avons tenu cette fois-ci à diversifier et internationaliser l'événement. Cependant ce type de rassemblement a toujours pour but de réunir les personnes de différentes régions du monde. Les locaux sont bien sûr plus présents parce que c'est plus simple pour eux. Le but du forum est de sensibiliser, d'offrir une visibilité à l'association, et de faire communiquer les différentes associations locales, d'échanger sur leurs idées, partager et mutualiser les connaissances et les expériences de chacun.  Je pense que Lisbonne est la ville idéale pour cette édition du FOMA parce qu'on a un lycée plutôt proche de l'association, bien structurée et organisée, qui a pu organiser un événement de qualité. Concernant la prochaine manifestation en 2019 nous avons reçu plusieurs dossiers de candidature, Madrid et Beyrouth notamment, nous allons les examiner. (Photo : A. Blery)

Quelles ont été les conditions d´élection de votre premier mandat?
La précédente élection a eu lieu en février 2016, et depuis 2015 j'avais échangé avec les membres fondateurs de l'association qui recherchaient une nouvelle équipe, une nouvelle dynamique à insuffler à l'association. Nous avons trouvé d'autres personnes motivées et l'AEFE a organisé des élections. L'ensemble des anciens élèves doit voter pour 28 administrateurs, et ces administrateurs votent ensuite pour le bureau. Je m'étais présenté pour être administrateur à l'époque, et j'avais une concurrente sérieuse. Il est important de noter que l'engagement dans une association est très chronophage, il faut être disponible notamment pour assister aux rendez-vous avec les sénateurs, les députés, l'AEFE. Il faut aussi avoir une équipe solide qui vous suit et vous accompagne. J'avais la chance d'avoir du temps libre à consacrer à l'association, et une équipe motivée à mes côtés.

Eduardo Ferro Rodrigues, Président de l'Assemblée nationale portugaise, était l'invité d'honneur de cette édition 2017 du Foma. Ancien élève du Lycée français Charles-Lepierre de Lisbonne, il a répondu à deux questions posées par  LePetitjournal/Lisbonne sur l'importance du forum et la présence française  au Portugal.

Quelle est pour vous l'importance de ce Forum?
Je pense que c'est un fait très important car le Lycée français Charles-Lepierre de Lisbonne continue à être un lycée d'excellence au niveau mondial. J'ai d'ailleurs moi même deux petites filles scolarisées ici. Ce forum compte beaucoup pour la ville de Lisbonne et pour ce lycée en particulier, mais aussi pour la réussite de la francophonie dans le monde

Que pensez-vous de la présence française  qui s'accroît  au Portugal ?
Je pense que c'est magnifique, nous avons eu une très grande présence portugaise en France à partir des années 60. Même si les motifs sont aujourd'hui différents, constater une présence récente française au Portugal est une  très bonne chose.  C'est une excellente chose que des Français aujourd'hui aient envie de participer à la reconstruction de l' économie portugaise. (Photo : M.J. Sobral)

Quelles sont vos propositions pour l´actuel mandat alors que vous venez d´être élu pour la deuxième fois?
L'ALFM n'existe que depuis 2009, elle est assez récente, et généralement une association a besoin de temps pour trouver une dynamique et se mettre en marche. J'ai proposé d'accélérer les choses au niveau administratif, de nouer plus de conventions et de fortifier notre lien avec l'AEFE. Tout cela s'est mis en place ici à Lisbonne, nous avons signé une convention de cadre d'une durée de trois ans avec l'AEFE, qui nous fournit désormais des moyens logistiques, c'est à dire des locaux à Paris avec du matériel informatique et des accès plus libres. Elle comprend également un soutien financier puisque la convention de 10 000 euros signée l'an dernier sera renouvelée annuellement pour les trois ans à venir. Nous serons également associés de manière systématique à une grande partie des événements de l'agence, dans un mois, en mai par exemple nous fêterons les 50 ans du Lycée Français de Tokyo. Nous sensibilisons aujourd'hui les chefs d'établissements à accompagner les associations locales et à les créer lorsqu'elles n'existent pas.

Lors des travaux de Lisbonne, la création d'une plateforme commune pour le réseau des anciens des lycées français a été évoquée. Que pouvez-vous nous en dire ?
Nous avions déjà discuté l'an dernier de la mise en place d'une plateforme puisque nous sommes dans l'ère du numérique, et je pense que le moment est venu de professionnaliser et de structurer l'ALFM. L'idée est venue de lancer une plateforme numérique mondiale qui permettrait de fédérer l'ensemble des anciens élèves. De manière concrète, un ancien de New York qui voudrait par exemple se déplacer à Londres pour des raisons professionnelles ou personnelles, pourra être tenu au courant des événements mis en place au sein de l'établissement de Londres et s'y rendre. Les différentes associations locales seraient invitées à collaborer fortement pour cette application. Elle permettrait aux anciens de structurer leurs liens, mais également de faire des dons pour participer financièrement à la vie de l'association, et solliciter des partenariats privés auprès des entreprises. Ce serait aussi un moyen pour les jeunes étudiants de trouver des stages ou des emplois notamment par le biais de ces contacts, et d'être appuyés, soutenus lors de leur entrée dans la vie active.
Nous sommes en train de réfléchir à cette plateforme, elle n'a pas encore de nom pour le moment et nous espérons la lancer vers la fin de l'année, vers novembre 2017.


Adèle Blery (www.lepetitjournal.com/lisbonne.html) jeudi 13 avril 2017

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