

Dans ce quartier de Lisbonne aux rues bien perpendiculaires datant du XIXº siècle, on est heureux de disposer de ce véritable oasis de verdure, d'une richesse exceptionnelle au niveau végétal, offrant á celui qui y passe une nature généreuse quel que soit l'époque de l'année.
(Photos : M.J. Sobral)
Un jardin de quartier et un point de rencontre
Ce jardin de quartier, d'une surface d'un demi-hectare, square sans clôture, est également connu sous le nom du poète et écrivain républicain Teofilo Braga (1843-1924), mais aussi sous la forme de jardin de la Parade (da Parada), allusion à ses références militaires du passé. Il est le point de rencontre privilégié de joueurs de carte comme d'enfants à la recherche de jeux de plein air dans ce milieu urbain. Le petit lac situé au centre amène la fraîcheur indispensable à la réalisation d'un lieu de détente harmonieux.
Grande diversité botanique
Ce jardin vit au rythme de son quartier et de ses habitants, qui l'apprécient à sa juste valeur, mais il est aussi d'un grand intérêt pour le flâneur botaniste, car il possède une grande diversité de plantes et surtout d'arbres notables; d'abord, les deux sidéroxylons (Metrosideros excelsa), classés d'intérêt public, que l'on reconnaît facilement aux longues racines aériennes d'un ton rougeâtre qui pendent de leurs branches massives, vue leur âge déjà bien avancé, tout comme ceux du jardin de la Place da Alegria, datant eux aussi de la fin du XIXº siècle. Leur taille assez impressionnante prouve encore une fois les facteurs favorables qu'offre Lisbonne pour que de tels arbres puissent évoluer ainsi. Leur nom vient du bois très résistant qui les caractérise (sidero, fer et xylon, bois, en grec).
Un ensemble de ginkgos
Pour revenir au Campo d'Ourique, on trouvera un ensemble de ginkgos (Ginkgo biloba) mettant en valeur, à la saison automnale, la diversité des tons de couleur allant du jaune-or au marron foncé des feuilles en forme d'éventail (bilobées) que peut prendre chaque spécimen. Considéré comme l'arbre le plus ancien de la planète ou du moins l'unique survivant d'une vaste famille qui se développa il y a quelques de 200 millions d'années, il a su résister au temps et a été préservé dans les monastères bouddhistes pour ses vertus médicinales et régénératrices, ayant des propriétés anticancéreuses, très utilisé en médecine alternative, ainsi que pour ses graines de haute valeur nutritive. Depuis, on le plante dans les zones urbaines pour ses facultés à bien résister à la pollution, ayant été un des seuls arbres à pouvoir reconquérir le site d'Hiroshima. Symboliquement, il est ainsi devenu l'arbre de la paix dans le monde.
Un sol propice à la croissance d'espèces végétales : micocouliers, kapokier et d´autres arbres
Délimitant le jardin, on aura planté des micocouliers de Provence (Celtis australis), certainement l'arbre le plus représenté dans Lisbonne pour l'ombre généreuse qu'il fournit et tous les autres avantages qui le caractérise comme arbre de ville, tels son fort enracinement sans détériorer ni trottoir, ni canalisation, sa résistance à la pollution automobile ou sa croissance relativement rapide.
A ajouter à ceux-ci, il ne faut pas oublier le kapokier (Chorisia speciosa) au tronc hérissé de piquants et qui se pare de belles fleurs roses-blanches, semblables à celles de l'hibiscus, au début de l'automne, son printemps à lui, puisqu'il vient de l'hémisphère Sud et plus particulièrement du sud du Brésil, de l'Argentine et du Paraguay.
Enfin, un palmier de Californie (Washingtonia filiforma) au tronc lisse et bien élancé qui atteint déjà une hauteur respectable.
Ce jardin, relativement jeune, puisqu'il a été conçu au début du XXº siècle, est bien le reflet de la richesse du sol propice à la croissance d'espèces végétales provenant des quatre coins du monde, accompagné d'un climat amène, deux éléments fondamentaux qui caractérisent Lisbonne au niveau botanique.
André Laurins (www.lepetitjournal.com/lisbonne.html) vendredi 19 avril 2013
Technicien agronome (maria.friesen@sapo.pt)













