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JARDIN – Un Oasis de verdure à Campo de Ourique

Écrit par Lepetitjournal Lisbonne
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

Dans ce quartier de Lisbonne aux rues bien perpendiculaires datant du XIXº siècle, on est heureux de disposer de ce véritable oasis de verdure, d'une richesse exceptionnelle au niveau végétal, offrant á celui qui y passe une nature généreuse quel que soit l'époque de l'année.

(Photos : M.J. Sobral)

Un jardin de quartier et un point de rencontre
Ce jardin de quartier, d'une surface d'un demi-hectare, square sans clôture, est également connu sous le nom du poète et écrivain républicain Teofilo Braga (1843-1924), mais aussi sous la forme de jardin de la Parade (da Parada), allusion à ses références militaires du passé. Il est le point de rencontre privilégié de joueurs de carte comme d'enfants à la recherche de jeux de plein air dans ce milieu urbain. Le petit lac situé au centre amène la fraîcheur indispensable à la réalisation d'un lieu de détente harmonieux.

Grande diversité botanique


Ce jardin vit au rythme de son quartier et de ses habitants, qui l'apprécient à sa juste valeur, mais il est aussi d'un grand intérêt pour le flâneur botaniste, car il possède une grande diversité de plantes et surtout d'arbres notables; d'abord, les deux sidéroxylons (Metrosideros excelsa), classés d'intérêt public, que l'on reconnaît facilement aux longues racines aériennes d'un ton rougeâtre qui pendent de leurs branches massives, vue leur âge déjà bien avancé, tout comme ceux du jardin de la Place da Alegria, datant eux aussi de la fin du XIXº siècle. Leur taille assez impressionnante prouve encore une fois les facteurs favorables qu'offre Lisbonne pour que de tels arbres puissent évoluer ainsi. Leur nom vient du bois très résistant qui les caractérise (sidero, fer et xylon, bois, en grec).

Tout proche du kiosque se dresse un splendide cyprès des marais (Taxodium distichum), qui peut atteindre les 45 mètres de hauteur et dépasser les 1000 ans d'existence. Ce conifère a la particularité au sein de sa vaste famille d'être unique à prendre une coloration rouge à l'automne, d'un très bel effet ornemental, avant de perdre toute sa végétation qui ne reverdira qu'au printemps suivant. Il est originaire du sud-est des Etats-Unis d'Amérique, préférant les zones marécageuses et possède ainsi des structures spécialisées au niveau racinaire, dites pneumatophores, qui lui permettent d'avoir les «pieds dans l'eau», tout en fournissant l'oxygène aux racines qui sans cela ne pourraient vivre et se développer. Ses graines ont la faculté de flotter et de pouvoir germer loin de la plante-mère une fois échouée sur un rivage, privilège assez rare de dissémination chez les Gymnospermes. Dans Lisbonne, on peut trouver un de ses semblables au jardin Campo Martires da Patria ainsi que dans celui de Campo Grande, à proximité de l'élément liquide représenté par les petits lacs de ces deux espaces verts.

Un ensemble de ginkgos
Pour revenir au Campo d'Ourique, on trouvera un ensemble de ginkgos (Ginkgo biloba) mettant en valeur, à la saison automnale, la diversité des tons de couleur allant du jaune-or au marron foncé des feuilles en forme d'éventail (bilobées) que peut prendre chaque spécimen. Considéré comme l'arbre le plus ancien de la planète ou du moins l'unique survivant d'une vaste famille qui se développa il y a quelques de 200 millions d'années, il a su résister au temps et a été préservé dans les monastères bouddhistes pour ses vertus médicinales et régénératrices, ayant des propriétés anticancéreuses, très utilisé en médecine alternative, ainsi que pour ses graines de haute valeur nutritive. Depuis, on le plante dans les zones urbaines pour ses facultés à bien résister à la pollution, ayant été un des seuls arbres à pouvoir reconquérir le site d'Hiroshima. Symboliquement, il est ainsi devenu l'arbre de la paix dans le monde.

Un sol propice à la croissance d'espèces végétales : micocouliers, kapokier et d´autres arbres

Délimitant le jardin, on aura planté des micocouliers de Provence (Celtis australis), certainement l'arbre le plus représenté dans Lisbonne pour l'ombre généreuse qu'il fournit et tous les autres avantages qui le caractérise comme arbre de ville, tels son fort enracinement sans détériorer ni trottoir, ni canalisation, sa résistance à la pollution automobile ou sa croissance relativement rapide.

A ajouter à ceux-ci, il ne faut pas oublier le kapokier (Chorisia speciosa) au tronc hérissé de piquants et qui se pare de belles fleurs roses-blanches, semblables à celles de l'hibiscus, au début de l'automne, son printemps à lui, puisqu'il vient de l'hémisphère Sud et plus particulièrement du sud du Brésil, de l'Argentine et du Paraguay.

Plus classique, nous avons les châtaigniers des Indes (Aesculus hippocastanum) qui voient leur floraison très ornementale, soit blanche, soit rose, qui se développe à la venue du printemps et dont le feuillage servait jadis à nourrir les chevaux, d'où cette référence latine de son nom pour qualifier son espèce.

Enfin, un palmier de Californie (Washingtonia filiforma) au tronc lisse et bien élancé qui atteint déjà une hauteur respectable.

Ce jardin, relativement jeune, puisqu'il a été conçu au début du XXº siècle, est bien le reflet de la richesse du sol propice à la croissance d'espèces végétales provenant des quatre coins du monde, accompagné d'un climat amène, deux éléments fondamentaux qui caractérisent Lisbonne au niveau botanique.

André Laurins (www.lepetitjournal.com/lisbonne.html) vendredi 19 avril 2013
Technicien agronome (maria.friesen@sapo.pt)

logofblisbonne
Publié le 18 avril 2013, mis à jour le 5 janvier 2018
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