

Dans le cadre de la 16ème Festa do Cinema Francês qui se déroule du 8 au 29 novembre à Lisbonne et dans plusieurs autre villes du Portugal, la cinémathèque de Lisbonne a décidé cette année de mettre à l'honneur Jacques Doillon, cinéaste emblématique du cinéma français qui a endossé tour à tour les fonctions de scénariste, monteur, acteur et réalisateur. Durant ce cycle, huit films seront présentés, c´est l'occasion de partir à la rencontre de son oeuvre. Le samedi 10 octobre était diffusé le premier film de cette rétrospective en présence de Jacques Doillon, c´était l'occasion pour lui de parler de son cinéma et de son oeuvre.
Un cinéma intimiste
Quand on parle de Jacques Doillon, on imagine immédiatement des films aux huis-clos intimistes. Son ?uvre se caractérise principalement par des récits linéaires et ténus, marqués par une grande tendresse pour les personnages en proie à leurs problèmes. Le plus souvent les films sont filmés chronologiquement. Il tourne les scènes dans l'orde d'apparition dans le film, permettant ainsi aux acteurs de s'immerger dans le personnage et l'histoire. Peu de décors, pas de fioritures, le cinéma de Jacques Doillon est vrai et sincère, l'accent est mis sur les personnages. Au travers de son ?uvre il insuffle réalisme et contestation dans le paysage culturel cinématographique. Il situe lui-même son travail artistique entre Woody Allen et Ingmar Bergman en empruntant à ce dernier la conviction "qu'il faut davantage fonctionner avec ses nerfs qu'avec sa tête". Les dialogues entre les personnages sont également très importants et mis en valeur par le jeu de l'acteur auquel il n'hésite pas à demander de multiplier les prises.
Un révélateur de talent
Aussi reconnu qu'il soit Jacques Doillon aime travailler avec de jeunes acteurs et les mettre sous les projecteurs, notamment des enfants comme dans le film Ponette, La vie de famille avec Juliette Binoche ou encore La fille de quinze ans où il fait tourner Judith Godrèche. Il fait également participer les membres de sa famille à ses projets comme sa fille Lou Douillon ou son petit fils. Jane Birkin, sa compagne pendant douze ans, héroïne de trois films dont La Pirate a elle aussi tourné avec lui.
(Ponette)
(Mes séances de lutte)
En fin observateur de la société, les films de Jacques Doillon proposent une réflexion sur cette dernière en se concentrant sur des thématiques qui lui sont chères : l'enfance et la jeunesse (La Drôlesse, Un sac de billes, La Vie de famille, Le Petit Criminel, Ponette), la frustration, le tourment, la complexité du sentiment d'amour (La Pirate, Trop (peu) d'amour, La Tentation d'Isabelle, La Puritaine) et le rapport de classe. Lors du film présenté le samedi 10 octobre, Mes séances de luttes, avec Sarah Forestier et James , il parle du langage corporel et montre deux êtres réalisant des "luttes d'amour" dans une chorégraphie très poétique.
A noter que Jacques Doillon présentera un deuxième film lors d'une séance dédiée aux étudiants en cinéma. La rétrospective de Jacques Doillon, durera tout le long de la fête du cinéma français, le film Mes séances de lutte sera rediffusé le 13 octobre à 19h.
Charlène Dief (www.lepetitjournal.com/lisbonne.html) lundi 12 octobre 2015
Film présentés lors de la Rétrospective de Jacques Doillon
(Cinémathéque : Rua Barata Salgueiro nº39 - Lisbonne)
L'amoureuse : 16 octobre 19h
La fille de quinze ans : 12 octobre 21h30
La vie de famille : 12 octobre 19h
le mariage à trois : 17 octobre 21h30
Le petit criminel : 14 octobre 21h30
Le premier venu : 16 octobre 21h30
Mes séances de lutte : 10 octobre 21h30 (en présence du réalisateur) et 13 octobre 19h
Ponette : 15 octobre 19h
En savoir plus : http://festadocinemafrances.com/16a











