Sur les traces du groupe Las Maravillas de Mali à l’Institut français d'Egypte

Par Ingrid Buffard | Publié le 02/06/2021 à 08:55 | Mis à jour le 02/06/2021 à 12:27
Affiche du film Africa Mia

Cinécinéma revient en juin avec une belle sélection de films, documentaires et courts métrages. Ce mercredi 2 juin, partez sur les traces du groupe Las Maravillas de Mali avec Africa Mia.

Pour ce mois de juin, l’Institut français a décidé de projeter des films, documentaires et courts métrages primés, qui ont enthousiasmé le public et les critiques. Ce mercredi 2 juin, à 18h00, partez à Bamako et à La Havane avec Africa Mia de Richard Minier.

 

 

Des retrouvailles après plus de 40 ans d’absence

Tout commence en l’an 2000, à Bamako. Le producteur de musique Richard Minier entend parler pour la première fois du groupe Las Maravillas de Mali et de son histoire. Celle de dix jeunes maliens partis à La Havane dans les années 60, qui décidèrent de s’unir et de former le premier groupe afro-cubain.

 

IFE Mali Cuba

 

Richard Minier tombe sous le charme de leur musique et se lance dans un projet fou : reformer le groupe après plus de quarante ans d’absence et partir ensemble à La Havane, sur les traces de leur succès. « Je n’avais plus qu’une idée en tête, celle de tous les faire revenir pour les faire jouer ensemble. Cette histoire, c’est 18 ans d’enquête, 18 ans de quête », explique le producteur.

Lorsque Richard Minier entame ses recherches, 5 des musiciens sont encore en vie. Malheureusement, le temps de trouver des financements pour terminer le documentaire, il ne resta plus qu’un musicien, Boncana Maïga, le leader et chef d’orchestre du groupe. Pour ce dernier survivant, Africa Mia « raconte toute [notre] histoire. Mais je vous préviens : pensez à prendre un paquet de mouchoirs. Vous allez arriver en riant, vous partirez en pleurant, parce qu’il y a des images poignantes dedans ».

 

IFE Mali Cuba

 

Groupe musical sur fond politique

Après plus de 6 décennies sous l’occupation française, le Mali devient indépendant en septembre 1960. Son nouveau président Modibo Keita souhaite que son pays s’émancipe du modèle colonial français, en se créant ainsi sa propre identité, tout en renouant avec les traditions anciennes.

Au même moment, à Cuba, Fidel Castro cherche à sortir de son isolement imposé par les Etats-Unis. Pour cela, il va créer des liens diplomatiques avec divers pays du Tiers-Monde, hostiles à l’Amérique.

C’est ainsi que 10 jeunes musiciens maliens, venus de régions différentes, furent invités par Fidel Castro pour suivre une formation à La Havane. Au conservatoire, ils ont pour professeurs les plus grands maestros du pays. C’est là-bas, loin de Bamako et du Mali que le groupe s’est formé.

Las Maravillas de Mali est née et a fait danser tout Cuba. Mais le 19 novembre 1968, le rêve s’arrête. Un coup d’Etat au Mali renverse le président. Le général Moussa Traoré prend alors la direction du Mali et dissout Las Maravillas de Mali, symbole de l’ancienne présidence. Les dix musiciens repartent au Mali et l’on n’entendra plus parler de ce groupe au swing légendaire.

Il faudra attendre 2019 et la persévérance de Richard Minier pour que ce groupe reprenne vie dans Africa Mia.

 

 

ingrid buffard

Ingrid Buffard

Passionnée par l'histoire, l'histoire de l'art et la musique, Ingrid Buffard vous partage ici ses découvertes sur la vie au Caire.
0 Commentaire (s) Réagir