Lundi 18 octobre 2021
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La machine à hiéroglyphes reprend du service à l’IFAO !

Par Ingrid Buffard | Publié le 11/02/2021 à 08:55 | Mis à jour le 11/02/2021 à 08:55
Photo : fondeuse hiéroglyphes IFAO
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Cela faisait 30 ans que la fondeuse de hiéroglyphes ne fonctionnait plus. Depuis septembre 2020, elle a réactivé ses rouages, pour le plus grand plaisir de l’équipe de l’IFAO.

C’est pendant le confinement que Mathieu Gousse, le directeur du pôle éditorial de l’IFAO (Institut Français d’Archéologie Orientale), a décidé de s’occuper de cette vieille machine qui prenait la poussière. Cela faisait 30 ans que la fondeuse de caractères hiéroglyphiques Foucher ne fonctionnait plus, 30 ans qu’elle ne créait plus de lettres en relief. Aidé d’Hany, un mécanicien hors pair, Mathieu a redonné une seconde vie à cette machine centenaire.

Pour la beauté des hiéroglyphes

fondeuse hiéroglyphes IFE

Lorsque l’imprimerie de l’IFAO obtient la machine à hiéroglyphes en 1902, celle-ci peut imprimer jusqu’à 3500 caractères hiéroglyphiques différents. De quoi retranscrire toutes les histoires figurant sur les temples égyptiens ! Et pourtant… Les archéologues de l’IFAO, continuant leurs fouilles, découvrent de nouveaux hiéroglyphes dans les temples Ptolémaïques du Sud de l’Egypte. Il fallait alors les retranscrire sur papier. C’est ainsi que la machine à hiéroglyphes a continué son travail de création. Aujourd’hui, près de 7000 hiéroglyphes sont répertoriés dans l’atelier. De quoi donner le tournis lors des inventaires !

fondeuse hiéroglyphes IFAO

Pour Mathieu Gousse, restaurer cette machine, c’était « entretenir un lieu de mémoire ». Quand on entre dans ce petit atelier, on est subjugué par l’ambiance qui y règne. Le bruit, les odeurs, la chaleur nous ramènent à un passé glorieux, plein de découvertes.

De plomb au papier, le travail d’impression

Le travail d’impression prenait beaucoup de temps ; chaque étape étant réalisée avec soin et minutie.

Pour commencer, on utilisait un moule, que l’on appelle une matrice, et sur laquelle la lettre ou le motif était gravé. On insérait cette matrice dans la machine. Le plomb, chauffé à 300 degrés, entrait dans la matrice et on récupérait les lettres en relief.

Le travail suivant consistait à disposer tous les différents caractères d’une page. Il fallait assembler les lettres pour créer des mots et assembler les mots pour faire des phrases, sans oublier la ponctuation. Il existait trois tailles de hiéroglyphes, pour le texte, les citations plus longues et les notes de bas de page.

Par la suite, on enduisait tous les caractères d’encre et l’on installait une feuille de papier dessus. Grâce à une presse typographique à platine, l’encre se déposait sur la feuille.

Pour chaque feuille, l’imprimeur réitérait ce travail de mise en page. Il fallait donc des années pour faire un livre. Mais, il y a dans ces livres un aspect autre, une qualité qui diffère et un toucher qui ramène des siècles en arrière.

Aujourd’hui, le pôle édition de l’IFAO travaille avec deux autres machines à impression. Elles ont chacune leur rendu, leur aspect.

On continue la visite !

Les ateliers d’impression de l’IFAO sont ouverts au public tous les jeudis. 

En plus de découvrir ce fameux atelier avec la machine à hiéroglyphes, l’équipe de l’IFAO vous entraîne dans chaque étape de la conception du livre. Entre la machine à impression Offset et la machine à impression numérique, vous déambulez entre les ateliers de pliages, d’assemblages, de restauration, de reliure et de dorure.

Un véritable voyage dans les entrailles du livre artisanal.

ingrid buffard

Ingrid Buffard

Passionnée par l'histoire, l'histoire de l'art et la musique, Ingrid Buffard vous partage ici ses découvertes sur la vie au Caire.
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