Édition internationale

MISS WENDY EN MALAISIE - Noisette

Écrit par Lepetitjournal Kuala Lumpur
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 27 mai 2013

 Lepetitjournal.com accueille une nouvelle chroniqueuse. Sa tête est pleine de délires, de coups de gueule et de poésie, sa plume essaie de suivre. Miss Wendy écrit, griffonne et partage sa nouvelle vie dans un coin perdu en Malaisie.

Le premier épisode

"A Noisette, please ?"? Je tente. Etonnement.

 "A Noïset ?". Non plus.

"Coffee with milk ?". "Yes, can, can" me dit-il en remuant la tête à sa manière bien asiatique. Un grand sourire, comme s'il était vraiment heureux de me faire plaisir, un hochement de tête au rythme de son propos "can, can", comme un tintement de cloche "gling, gling". Si serviable, si aimable. Cela me change des serveurs de Nice qu'on semble agresser à la demande d'un café.

Une semaine que nous sommes arrivés. Les cartons de déménagement sont déballés. Les chouquettes ont fait leur rentrée scolaire, l'Ours est au travail. Et moi je commence en douceur, je bois une noisette.

Noisette. Ce petit moment de bonheur où le lait se mélange au café et forme des nuages. Des terrasses de Nice entre copines, me voici à commander ma noisette, seule, cette fois-ci. A Lumut qui plus est. Songeuse. Cette fois-ci nous y sommes vraiment ! La Malaisie. Malaisie, Malaysia, Malaise? Pourquoi donc ce nom si hostile au pays du "yes, can can", du jus de Watermelon, des femmes voilées, de la jungle luxuriante, des prières des mosquées et des singes au milieu des rues. Il est encore bien trop tôt pour connaître la Malaisie et savoir ce qu'elle a dans le ventre mais une chose est sûre, si j'avais pu choisir,  je ne l'aurais pas nommée ainsi car on s'y sent vraiment bien.

Noisette. Mettre du lait dans son café noir. Mélanger douceur et concentré d'énergie pour vivre dans un nouveau pays. Ajouter du lait, c'est s'acclimater à l'inconnu, apprivoiser sa maison, les singes du jardin, se familiariser avec les rues et les noms imprononçables des habitants d'ici. C'est voir leurs yeux noirs si sombres s'éclaircir avec leur sourire. C'est parler la langue d'Elizabeth II  si lointaine dans mes souvenirs et laisser de côté mon "Hola que tal ?" doucement. C'est arrêter de mettre les essuie-glaces à chaque virage à la place du clignotant, arrêter de monter du mauvais côté de sa voiture.  C'est trouver ce qu'on va bien pouvoir faire à dîner avec 7 sauces au soja différentes. Tout doucement. Chouquette One, à son retour de l'école chante Pussycat et Chouquette two apprécie le Chicken Rice. Samedi nous visiterons Pangkor Island, l'île paradisiaque située juste en face de Lumut. Une semaine. Doucement.

Noisette. Me voilà à chercher partout, en dessous de ma tasse, par terre, je me lève, m'inquiète, refais le parcours du serveur jusqu'au bar?  Il est tombé ? Le serveur l'a oublié ? Parce qu'une noisette sans petit chocolat aux noisettes, n'a plus rien d'une noisette !  Il semblerait que la Malaisie ne cultive pas l'art du chocolat. Qu'à cela ne tienne, j'en prends mon parti. Nouveau pays, nouvelles coutumes.  Je m'y ferai.

Noisette. Celle qui tombe de l'arbre, presque toute ronde. Ce fruit à coque qu'il faut ouvrir avant de déguster. Comme lorsque l'on rencontre quelqu'un ou que l'on découvre un nouveau pays.  

Miss Wendy (www.Lepetitjournal.com/kuala-lumpur) Lundi 27 Mai 2013

logofbkl
Publié le 26 mai 2013, mis à jour le 27 mai 2013
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