

Arrivé il y a six ans en Malaisie, Nicolas Fraile est désormais gérant de deux lieux incontournables dans la capitale, le Pisco Bar et le Como. Hispanophones, francophones, anglophones, ici le tout Kuala Lumpur se croise.
Un parcours atypique
Pourtant rien ne prédestinait cet ingénieur espagnol à se lancer dans une telle profession. Il débute sa carrière en tant que conseiller pour une grande société en Espagne. Mais rapidement, cette vie avec de longues plages horaires de travail additionnées au stress, ne lui convient plus. Il décide alors de prendre une année sabbatique pour partir explorer le monde. L'entreprise qui l'emploie lui offre la possibilité de revenir plus tard, dans les mêmes conditions de poste et de salaire. Dès lors Nicolas entreprend un grand voyage, son point de départ sera le Costa Rica qui le mènera sur les routes de Californie. Puis sa quête l'entraîne de l'autre côté du globe, alors qu'il entame un périple en Asie. De Hong Kong à l'Indonésie en passant par le Vietnam, le Cambodge, la Thaïlande, il parcourt cette partie du monde à moto. Sur ce chemin de la découverte, il croise Yvonne une Malaisienne, qui deviendra plus tard sa femme.
Le gastro-bar à l'ambiance conviviale
Nicolas avoue n'avoir eu au départ aucune attirance particulière pour la Malaisie, mais sa rencontre avec Yvonne le pousse à venir s'installer ici, abandonnant ainsi son poste en Espagne. A ses débuts sur la péninsule, il aide son épouse qui gère un restaurant dans Changkat. Le duo donnera finalement naissance au Pisco Bar. Ce francophone d'origine espagnole voulait recréer une atmosphère propre à la vie nocturne du pays qui l'a vu naître, avec un aspect social très développé, où l'on puisse boire et manger. Il ne voulait pas juste d'un restaurant, mais plutôt d'un ?gastro-bar? comme il se plaît à l'appeler. Son but, allier l'ambiance conviviale d'un bar avec de la bonne cuisine. Pour ajouter de l'originalité à son projet, le jeune couple marie la cuisine péruvienne avec des produits asiatiques. Ici c'est un concept de ?bar social? comme le nomme son créateur, où se mêle tapas, ceviche ( spécialité péruvienne à base de poisson mariné), avec comme boisson phare l'incontournable Pisco. Yvonne et lui ont souhaité faire de leur bar le reflet de leurs goûts, tant dans la décoration que dans l'ambiance. Pour attirer une nouvelle clientèle et se démarquer du florilège de bars présents sur Changkat, ils ont misé sur des soirées à thème, ou encore des activités proposées en lien avec l'Alliance Française, ce qui a indéniablement contribué à donner une réelle effervescence à cet endroit. Au départ la clientèle était surtout locale. Aujourd'hui, c'est majoritairement un lieu de rencontre pour la communauté expatriée de Kuala Lumpur, notamment française. Nicolas souligne que l'expérience d'Yvonne dans ce domaine a été un vrai plus pour apprendre tous les ressorts administratifs du métier, cependant les débuts n'ont pas toujours été faciles, comme composer avec la gestion du personnel.

Un nouveau projet tout aussi prometteur
Le vent en poupe, le couple hispano-malaisien s'est récemment lancé dans un nouveau projet, celui du Como bar. Pariant sur un pôle novateur de Kuala Lumpur, Trec, ce nouveau bar conserve les clés du succès du Pisco, autour d'une carte concoctée par un chef espagnol tout en amenant toujours ces influences asiatiques. Nouveau style, nouvelle décoration, le bar se veut éclectique. Pour Nicolas, c'est un projet au long terme, qui se développera en même temps que Trec, un espace proche du nouveau quartier financier de la ville.
C'est ainsi que cet expatrié francophone s'est adapté à la vie malaisienne, en développant deux entreprises prometteuses. Quand on lui parle de la qualité de vie sur le territoire, il évoque un rythme de vie plus paisible, dans de meilleures conditions économiques, ainsi que l'immense possibilité de voyager dans les alentours. Cependant il avoue dans un même temps, que l'offre culturelle des grandes villes européennes lui manque, ainsi que pouvoir admirer l'horizon, ou bien encore se promener en ville sans un immense trafic. Aujourd'hui il ne définit pas son quotidien comme celui d'un expatrié, non, Nicolas se sent davantage immergé dans ce pays et sa culture.

Chloé Jeanneret (www.lepetitjournal.com/kuala-lumpur.html) jeudi 23 juin 2016
Crédit photo : Pisco Bar
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