

Il existe une multitude de raisons qui poussent les étudiants à passer leur scolarité à l'étranger. Découvrir une culture, apprendre une nouvelle langue et développer une carrière internationale, l'expérience est pour sûr extrêmement enrichissante. Tandis que les États-Unis et le Royaume-Uni sont les destinations privilégiées des étrangers, la France, selon les chiffres de l'UNESCO, se place juste derrière en tant que troisième pays d'accueil des étudiants internationaux.
Atikah Rosly, chargée QSE pour Colas Rail Asia, fait partie de ces alumnis malaisiens qui ont choisi d'étudier en France. Il y a six ans, elle partait pour son premier voyage loin de sa famille, vivre une aventure qu'elle qualifie d'inoubliable. Aujourd'hui à 26 ans, elle témoigne de ces cinq années passées principalement, dans l'est et le sud de l'Hexagone, grâce à l'agence Campus France. Pour cette dernière, venir en France était avant tout un rêve, celui d'apprendre la langue française.
Lepetitjournal.com : Quel est votre parcours ?
Atikah Rosly : J'ai commencé par suivre une préparation DUT de deux ans au France Malaysia Institut, avant de partir. Ce programme est appelé pré-France et permet de se préparer à la culture française, car c'est quelque chose de très différent. Je faisais partie de la promo pré-France 6, maintenant nous en sommes à 14. J'ai ensuite suivi un DUT génie mécanique et productique de deux ans à l'IUT d'Aix-en-provence, avant d'effectuer ma Licence 3 à l'université de Franche-Comté à Besançon, parcours mécanique et ingénierie. J'ai réalisé trois stages au sein de différentes sociétés durant ma licence 2, ma licence 3 et mon master 2 éco-conception de produits, à Besançon. C'est pendant ce dernier stage que j'ai commencé à travailler chez Colas Rail France, stage au siège qui a abouti sur un CDD, ce qui m'a permis de poursuivre en CDI en projet sur la Malaisie.
Comment avez-vous connu le Malaysia France University Centre et L'Agence Campus France ?
J'ai connu le MFUC grâce à Campus France qui nous a conseillé pour trouver la meilleure université en fonction de notre filière. Le MFUC nous a beaucoup aidé dans la préparation de notre départ, en organisant des événements. Les deux structures travaillent conjointement. Je suis boursière MARA, il s'agit d'une bourse gouvernementale. L'agence est responsable de la partie étudiante malaisienne en France et nous a facilité les différentes démarches administratives sur place. À notre arrivée, Campus France organise trois mois en famille d'accueil pour les étudiants Malaisiens. Je trouve cela très utile, car j'ai pu apprendre énormément sur la gastronomie française, la culture et la vie quotidienne.
Pourquoi avoir choisi la France ?
Depuis le lycée les professeurs nous encouragent à partir en France. On a des langues additionnelles au lycée. J'ai choisi le français, car je rêvais de parler français. J'ai aussi été encouragée par mes parents et ma famille qui pensent qu'il est intéressant d'essayer de partir hors Asie. Comme j'avais déjà commencé à apprendre un peu la langue, cela m'a donné envie de continuer, et puis la bourse MARA nous a aussi proposé de partir en France. Il y a de nombreuses autres destinations : l'Allemagne, le Royaume-Uni, le Japon, la Corée, l'Égypte... Mon frère fait d'ailleurs parti de la promotion 14 du programme pré-France.
Le principal intérêt était de voir et apprendre la technologie, l'innovation et le développement Français.
Qu'avez-vous pensé du système universitaire français ?
Ce qui est vraiment bien, c'est que les Français ont un suivi avec les étudiants. On a des travaux dirigés (TD), des programmes pour ceux qui souhaitent plus de TD. On est très proche des professeurs comparativement à d'autres universités. Aussi, dans certains pays, il faut lire de nombreux livres, mais en France tous les polycopiés sont fournis, ce qui est très rassurant. Concernant la vie étudiante, je trouve que l'Université propose beaucoup d'activités quotidiennes. À Besançon, j'ai par exemple fait de la Zumba, et tout était gratuit. Il y a de la musculation, du badminton... Ce que j'aime, c'est cette facilité et les réductions pour les étudiants.
Nous avons été aussi privilégiés en bénéficiant de l'aide au logement de la CAF, même si nous sommes étudiants étrangers. Je trouve que c'est vraiment super!
En plus, nous avons eu beaucoup de Travaux Pratiques en plus de tous ceux qui sont théoriques dans le cours. Dans mon parcours, nous avons eu la chance de faire des visites sur des sites industriels pour pouvoir se faire une idée et comparer la réalité à la théorie apprise durant les cours. A part ceci, il y a eu des projets de tutoriels sur lesquels nous devions travailler avec des sociétés désignées.
Avez-vous trouvé difficile l'adaptation à la culture française ?
Je pense que tout le monde est d'accord avec moi pour dire que lorsqu'on arrive, le plus difficile est la langue et l'expression, parce que cela prend du temps à apprendre. Je n'ai personnellement eu aucun problème avec la cuisine française, mais je sais que pour d'autres, ce n'est pas facile de s'adapter. Pour ma part, je peux tout manger, sauf la moutarde. C'est grâce aux trois mois en famille d'accueil durant lesquels j'ai pu découvrir les plats français. La recherche de logement a aussi été difficile. On vous demande un garant Français alors que vous êtes étranger. Heureusement, les professeurs ont été là pour nous aider dans nos démarches.
J'en ai profité pour faire beaucoup de sorties avec mes collègues et mes amis, en sachant que c'est un moyen qui permet d'améliorer l'intégration et sa compréhension de la culture française.
En quoi cette expérience a-t-elle transformée votre vie ?
Partir seule à 20 ans, loin de ma famille m'a marquée, mais cela m'a permis de devenir plus indépendante et d'apprendre une autre culture et surtout un autre état d'esprit. Même si en Malaisie il y a beaucoup d'ethnies différentes, je suis arrivée totalement étrangère dans un pays, et je trouve qu'il y a énormément de choses à apprendre concernant la culture, la langue, les expressions... Ce sont de grands challenges. Je crois que cet échange m'a vraiment aidé professionnellement, car j'ai commencé par faire des stages. Je suis étrangère et j'ai dû trouver un travail en France. C'est quelque chose de compliqué pour les étudiants français et pour les étrangers encore plus. Il a fallu renforcer mes aptitudes et mon intégration pour trouver un emploi. Dans d'autres pays, les stages ne font pas partie du programme. En France si, et je trouve cela très bien. Grâce à mon stage chez Colas Rail j'ai pu faire la comparaison entre le système malaisien et français, les différentes méthodes de travail, de mentalités et de communication, et ainsi élargir mes méthodes de réflexion.
Aujourd'hui Atikah est chargée QSE (Qualité Sécurité Environnement) au sein de Colas Rail Asia, sur le projet qui concerne l'extension de la ligne LRT : Kelana Jaya ? Putra Heights (LRT2). L'un de ses challenges est de travailler aussi sur les chantiers et avec des collègues masculins sur le terrain. Le fait de maîtriser trois langues : l'anglais, le malais et le français, est un réel avantage dans son travail. Et elle résume sa période de vie en France comme une expérience vraiment inoubliable.
Olfa Kechiche (www.lepetitjournal.com/kuala-lumpur.html) mercredi 18 novembre 2015
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