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TRADITION – Le Pencak Silat ou l’Art subtil de se défendre

Par Lepetitjournal Kuala Lumpur | Publié le 22/05/2012 à 00:00 | Mis à jour le 05/01/2018 à 08:30


Intrigué par les tribulations d'un groupe de Français partis effectuer un stage de Pencak Silat en Malaisie, LePetitJournal.com s'est penché sur cet art martial méconnu mais pourtant plein de noblesse. Présentation du Pencak Silat et de ces garçons passionnés et passionnants !


Le Pencak Silat est un art martial qui s'est développé dans tout l'archipel indo-malais. Il fait donc partie intégrante des pratiques traditionnelles et culturelles de la région. De nos jours, il a encore une place prépondérante dans les évènements officiels ou les mariages malais.

Ne s'appuyant pas sur la force physique, il peut être pratiqué par tous : hommes, femmes, enfants et personnes âgées. En Malaisie et en Indonésie, on compte d'ailleurs un très grand nombre de femmes et d'enfants le pratiquant. Le Silat est surtout un art de défense qui, appliqué intelligemment, devient très efficace.

 

Un mélange d'Art, d'autodéfense et de spiritualité
Loin de la fougue de leurs confrères occidentaux, les malais répondent à la violence qui les entoure par l'audace et la ruse et non par l'agressivité. Ainsi, la connaissance du Silat développe le caractère humain de ses pratiquants en accordant corps et esprit. Mais, le Pencak Silat est beaucoup plus qu'un simple art martial, c'est un véritable projet de nation : il s'agit de former un peuple courageux, discipliné, loyal et patient.

Cette forme noble et subtile de corps à corps se divise en trois parties : l'art, l'autodéfense et la spiritualité. Ces trois domaines sont indissociables.

L'Art, par exemple, se manifeste dans la richesse des costumes et dans le Gamelan (musique traditionnelle) accompagnant une gestuelle d'une très grande beauté. L'autodéfense se retrouve quant à elle directement dans les techniques de frappe et de réception des coups. En effet, la recherche esthétique des mouvements masque en réalité des techniques fulgurantes.

Enfin, renforcer son Silat, c'est aussi et surtout maîtriser la connaissance de tout ce qui entoure le pratiquant, à commencer par la religion ; mais aussi la conception des armes (comme le golok ou le keris), la physique, l'anatomie, l'astronomie... La spiritualité est au c?ur de la pratique et soutient donc l'apprentissage.

 

 

 

Maître Tuan Raban, l'homme qui révéla le Pencak Silat aux Français
La France ne connaît le Pencak Silat que depuis quelques décennies seulement. Celui-ci n'a été introduit dans l'Hexagone qu'en 1978 par l'intermédiaire de Maître Tuan Raban. Il souhaitait à l'époque développer et faire connaître à un large public la culture du monde malais et  son art martial.

En 1990, il parvint à réunir lors d'une grande démonstration à Bercy une délégation de maîtres de Silat, le maître de kung fu Pong Chie Kim, ainsi que les guerriers Dayak de l'île de Bornéo. Une première en France ! Parmi les grandes démonstrations que Tuan Raban organisa, on peut encore citer celles du Stade Pierre de Coubertin et de la Salle Carpentier, avec la présence du Président François Mitterrand et de Jacques Chirac.

Aujourd'hui affilié à deux grandes fédérations françaises, Tuan Raban est à la tête de trois clubs en France et à l'étranger. Il a à c?ur de préserver le Silat traditionnel, un Silat d'origine proche de ses racines : "Je regrette vraiment cette modernisation du Silat et les mauvais changements que certains y apportent. C'est faire du Silat par facilité, par simplicité. Mais cela n'a rien de facile ni de simple si l'on s'y plonge sérieusement. Rappelons que c'est un art martial traditionnel qui prend ses racines dans le monde malais. Comme le disait mon ami Bapak Anuar Wahab, un Silat sans langkah, ni jurus, ce n'est plus du Silat . Et justement, j'ai peur de voir cet art se transformer en une simple pratique sportive aux yeux du public comme l'est devenu le judo par exemple, et ainsi de voir se perdre toute la partie immergée de l'iceberg".

 

Carnet de Voyage 2012 : bon baisers de Malaisie !
C'est à la Maison du Taji, un centre sportif multidisciplinaire situé en région parisienne, qu'est établie l'école du Seni Gayung Fatani Malaysia de maître Raban. C'est là qu'un groupe d'amis, passionnés de Pencak Silat, s'entraîne assidument chaque semaine et suit avec ferveur les enseignements du grand maître.

Comme le raconte Audran Leguillou, la découverte du Pencak Silat s'est faite un peu par hasard. Comme beaucoup de garçons à l'adolescence, il voulait s'essayer à un art martial ou goûter à l'adrénaline d'un sport de combat. "Je me suis d'abord rendu à la démonstration de kung fu mais cela ne m'a pas "parlé". J'ai même été un peu déçu. J'avais la boxe thaïlandaise en second choix, mais il y avait auparavant une démonstration de Pencak Silat. Ce nom m'était alors totalement inconnu. J'aurais même eu du mal à situer la Malaisie ou l'Indonésie sur un globe... Mais dès que la démonstration commença, ce fut un mini choc intérieur : J'ai su immédiatement que c'était ce que je voulais faire !"

Pour confirmer son histoire, le jeune homme raconte aussi qu'il existe un proverbe en Indonésie qui se traduit dans ses grandes lignes par : "Tu ne choisis pas le Pencak Silat, c'est lui qui te choisit". Aujourd'hui encore, il se plait à croire que c'est ce qui s'est produit ce jour-là.

Pour Audran et ses amis, les années n'ont fait que renforcer leur passion pour cet art indo-malais. Chaque été depuis 2005, un stage de perfectionnement est organisé par maître Raban avec les meilleurs instructeurs du Silat dit de style "Fatani". Cette année encore, le groupe s'est envolé pour profiter d'un échange sportif et culturel de deux semaines à Kajang, aux environs de Kuala Lumpur.

Deux semaines intenses, des entraînements deux fois par jour, avec à la clef un examen de niveau ! Les garçons n'ont pas chômé et les anecdotes font légion sur leur "Carnet de Voyage" en ligne. Nous les suivons pas à pas, jour après jour, et goûtons avec plaisir et délectation aux petites fatigues et bonnes surprises qu'ils ont vécu lors de leur séjour en Malaisie. Le ton est à l'humour et à l'évasion. Cest simple, vous finissez de lire le dernier billet et vous désirez déjà vous inscrire à un cours de Pencak Silat!

LePetitJournal.com vous recommande vivement de jeter un ?il à leur « Journal de bord », l'occasion de découvrir de près cet art martial si particulier. Les démonstrations filmées et les photos du site valent également le détour.

Enfin, si vous aimez l'Art et que vous résidez à Kuala Lumpur, pourquoi ne pas aller visiter l'exposition "PERTARUNGAN" à la National Art gallery? Cette nouvelle exposition d'Amron Omar explore la beauté du Silat, le terme pertarungan se traduisant par combat, lutte. Les peintures  présentées traduisent avec une esthétique subtile toute l'intensité de cet art martial traditionnel.

 

LIENS INTERNET :

http://www.culture-silat.fr/

http://www.culture-silat.fr/articles/carnet-de-voyage-2012/

http://www.artgallery.gov.my

 

INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES :

Exposition « PERTARUNGAN », National Art Gallery

Balai Seni Negara, 2 Jalan Temerloh, Off Jalan Tun Razak, 53200 Kuala Lumpur

Accès sans réservation préalable. Du 14 mai au 27 août 2012, de 10h à 18h.

 

Photos du site "culture-silat". Texte de Laetitia Hirth  (http://www.lepetitjournal.com/kuala-lumpur) Mardi 22 mai 2012

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