

Chaque été, la ville de Paris accueille de nombreux visiteurs asiatiques. Derrières le Japon, la Chine et la Corée du Sud, les pays de l'Asie du Sud-Est restent très intéressés par un séjour dans la capitale française. Dans le cadre de la quatrième édition de la Mission de Vente Annuelle organisée par l'Office de Tourisme et des Congrès de Paris, nous avons rencontré son directeur marketing, Clément Laloux.
Lepetitjournal.com : 110.000 malaisiens ont visité la France en 2015. Un chiffre qui n'a pas augmenté depuis 2013. Est-ce que cela signifie que le tourisme malaisien en France stagne ?
Clément Laloux : C'est difficile à dire car nous n'avons pas de statistiques très précises sur le marché de l'Asie du Sud-Est, étant donné que l'INSEE ne produit pas de données sur cette région. Ce nombre de 110.000 Malaisiens est consolidé par les visas donnés par les ambassades. C'est donc compliqué de donner une tendance très précise. Néanmoins, la Malaisie reste le troisième pays de l'Asie du Sud-Est en terme de visiteurs, derrière la Thaïlande et l'Indonésie.
Que mettez vous en valeur pour attirer le touriste malaisien à Paris ?
Nous évoquons avant tout la qualité de la destination et des services. Cela passe bien entendu par les différentes activités à faire à Paris, mais aussi toutes les nouveautés en terme d'hôtellerie, de restauration, de loisirs et de transports. Notre rôle est de promouvoir ces nouveautés.
On parle aussi beaucoup de l'agenda, à savoir les évènements qui se déroulent à Paris, comme par exemple l'Euro 2016 cet été, tout comme la programmation culturelle. Notre propos est de dire que Paris sera toujours Paris, à savoir la ville éternelle, la Ville de l'Amour, mais qu'à côté de cela il y a aussi des évènements qui se déroulent et donc qu'il y a une certaine urgence à venir dans la capitale française pour profiter des expositions, évènements sportifs et musicaux et de tout ce qui fait de Paris une ville dynamique.
Air France a récemment cessé sa liaison directe entre Paris et Kuala Lumpur. Cela représente-t-il un frein au développement de votre activité ?
Il est vrai que le fait qu'Air France et Malaysia Airlines aient décidé d'arrêter leur ligne directe, n'est pas forcément un bon signal pour la Malaisie, mais il n'est pas dit que cette situation reste figée. Ce n'est pas très bon pour le tourisme "haut de gamme", mais cela ne pose pas de problème pour le tourisme de masse. Il ne faut pas oublier qu'il y a une bonne connexion qui s'est établie avec KLM qui propose une escale à Amsterdam, sans oublier les compagnies du Golfe qui proposent des tarifs attractifs. De plus, Air Asia pourrait bientôt proposer un vol direct.
Comme se définit le tourisme Malaisien à Paris ?
Ils viennent beaucoup en groupe, via des tours opérateurs ou des agences de voyage. Ils achètent des packages, en faisant Paris en quelques jours, souvent couplé soit avec une autre région de France, soit avec d'autres pays européens. C'est la tendance normale lorsqu'une classe économique moyenne émerge d'un pays et que ses ressortissants commencent à voyager. Au fur et à mesure que le pays croît, il y a beaucoup de visiteurs qui viennent, et surtout qui reviennent cette fois en individuel. Lorsque c'est le cas ils restent un peu plus longtemps.
L'objectif c'est donc de les faire revenir ?
Le premier objectif c'est de les faire venir tout d'abord. Le deuxième objectif c'est effectivement de les faire revenir pour qu'ils restent plus longtemps. Ceci afin de leur montrer qu'une fois qu'ils sont venus à Paris et qu'ils ont vu la Tour Eiffel, le Louvre et Notre-Dame, ils peuvent aussi revenir pour visiter les environs, avoir d'autres activités à Paris, avoir une expérience parisienne. Pour sentir la ville et voir le vrai Paris des parisiens, il faut rester un peu plus longtemps, et c'est ce que nous nous évertuons à proposer.
Est-ce que vous ressentez une incidence des récents attentats qui ont eu lieu à Paris ?
On se doit bien sur de rassurer les clients. On est néanmoins dans une zone, à savoir le Sud-Est asiatique, qui a malheureusement connu le même type d'évènements. Il y a eu des attentats à Bangkok et à Jakarta. C'est donc quelque chose qui est présent ici, à l'esprit d'un certain nombre de personnes. C'est vrai que cela a été un choc, on se doit de rassurer un peu, mais nous n'avons pas trop de questions dessus néanmoins. Nous expliquons ce qu'est l'état d'urgence car les gens ne savent pas forcément de quoi il s'agit. L'état d'urgence n'a par ailleurs absolument pas d'impact sur les visiteurs puisque c'est une mesure visant à faciliter le travail de la police et des pouvoirs judiciaires.
Comment est perçue Paris par les Malaisiens ?
Nous avons de la chance, on a toujours une très bonne image. Paris, ville romantique, ville culturelle, ville de shopping. Ce sont des bons intitulés sur lesquels nous essayons de surfer et que l'on cherche à promouvoir.
Etant donné que la Malaisie est un pays où il y a une forte population musulmane, qu'en est-il de l'offre de tourisme halal à Paris ?
Oui, certains hôtels essayent de proposer de la gastronomie halal. Nous sommes assez habitués en France car nous avons une grosse clientèle venant du Moyen-Orient et des pays du Maghreb. Nous savons répondre à la demande halal sans problème.
Quels sont les objectifs de l'Office de Tourisme et des Congrès de Paris pour 2016 et les prochaines années ?
Augmenter le nombre de voyages, que ce soit sur le segment du tourisme de loisirs ou les voyages d'entreprise. L'objectif c'est également de faire toujours mieux connaître l'offre parisienne auprès des visiteurs, que ce soit sur les grands classiques de la Ville, mais aussi sur tout ce que la capitale a à leur proposer, et les amener à rester le plus longtemps possible.
Grégor Clauss (www.lepetitjournal.com/kuala-lumpur.html) mardi 22 mars 2016
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