

Le jeudi 25 septembre, François Hollande réunissait un Conseil de Défense. Une dizaine de pays dont la Malaisie, avaient alors été ajoutés à la liste déjà existante des pays où le gouvernement français appelait à la plus grande vigilance ses ressortissants.
L'information reprise aussi bien par les médias français que malaisiens avait créé une situation alarmante, que nous avions par ailleurs très rapidement clarifiée et nuancée dans nos colonnes.
Une semaine plus tard, la version online du journal Lepoint, revenait sur ces déclarations ?problème, en l'absence de cartes ou d'informations complémentaires du Quai d'Orsay, certains sites d'information ont alors composé leur propre infographie. Sans pour autant faire de distinction entre les risques associés à un pays et une vigilance individuelle à adopter?. Cependant, le Quai d'Orsay que nous avions eu en ligne le 26 septembre avait instantanément éclairci ce communiqué et disposait bien de cartes à jour. Notre interlocuteur avait alors précisé ?nous ne déconseillons pas un déplacement en Malaisie. Les Français doivent prendre en compte comme seules informations, celles communiquées par le Ministère des Affaires Etrangères sur son site. Nous demandons par contre une vigilance particulière sur les zones stipulées dans la fiche pays Malaisie?. Les zones en question : l'espace frontalier avec le Sud de la Thaïlande et le Sabah étaient déjà notifiées comme à risque depuis longtemps.
Au-delà d'une mauvaise interprétation de l'information de la part de beaucoup de médias, cela a eu de nettes répercussions sur le tourisme. Tel que le souligne le Président d'un tour operator au journal Lepoint. "il y a eu confusion entre vigilance et interdiction de se rendre dans ces pays, déplore-t-il. Une vraie Bérézina pour les réservations?.
Christophe Penot, Ambassadeur de France en Malaisie, a tenu à revenir sur cette situation. ?Dès le premier jour de mon arrivée s'est tenu un comité de sécurité. Le climat était à ce moment là tendu en France suite à l'exécution de l'un de nos compatriotes en Algérie? par un groupe proche de Daech recadre t-il, précisant que l'analyse de la menace en Malaisie n'avait pas changé. ?L'appel à une vigilance renforcée dans 43 pays était compréhensible dans ce contexte, mais a été un peu détourné par les médias?.
L'Ambassadeur le rappelle : ?la menace est globale. Elle n'est pas plus forte ici qu'en France, aux Etats-Unis ou au Canada? où, pour mémoire, une fusillade a éclaté le 22 octobre dernier au Parlement d'Ottawa, le Canada subissant deux actions terroristes en trois jours. Dans une démarche similaire, les mesures de sécurité avaient aussi été renforcées en France dans les lieux publics et les transports en commun.
?Cette liste a été complètement retirée. Il n'y a pas d'évolution de la menace en Malaisie, le gouvernement français appelle seulement à la vigilance? annonce Christophe Penot. ?Nous avons un peu durci le dispositif de sécurité autour de l'Ambassade et du lycée français, en demandant aux autorités malaisiennes d'être particulièrement attentives? précise-t-il.
?Nous avons une responsabilité vis-à-vis de notre communauté. Cette situation a aussi démontré que le comité de sécurité fonctionnait bien et que les Français étaient réactifs. Mais nous avons confiance en la Malaisie? rappelant que cette dernière a adopté, sur la scène internationale et médiatique un discours de paix et de modération face à la montée de l'Islam radical. ?Nous ne doutons pas de sa capacité à nous protéger?.
Alexandra Le Vaillant (www.lepetitjournal.com/kuala-lumpur.html) mercredi 3 décembre 2014
Photo : Carte du Ministère des Affaires Etrangères
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