Édition internationale

MFCCI – Préparer stagiaires et VI au monde du travail malaisien

Écrit par Lepetitjournal Kuala Lumpur
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 4 février 2013

Le 30 janvier, la première réunion stagiaires et V.I. (Volontariat International) s'est tenue à la Chambre de Commerce Franco-malaisienne (MFCCI). Une bonne occasion pour initier les nouveaux venus aux us et coutumes du monde du travail malaisien et démarrer l'année bien préparé !

 

L'atmosphère est dynamique entre les murs de la salle de réunion de la MFCCI. Une quinzaine de jeunes est venue s'informer sur les façons d'appréhender son expérience en Malaisie.

 

S'informer au préalable et développer sa culture générale

Elizabeth Laubel, Conseillère du Commerce Extérieur, explique que la maîtrise des affaires d'un pays passe tout d'abord par la connaissance de son Histoire. Toutes les démarches et relations en entreprise sont profondément liées au passé du pays ou à l'histoire personnelle des employés. Le caractère multi-ethnique de la Malaisie peut être difficile à gérer en entreprise. De petites choses qui peuvent paraître anodines pour un employé français doivent absolument être prises en considération pour ne pas froisser les sensibilités et l'ordre établi.

Par exemple, il faut savoir qu'en Malaisie, chaque ethnie dispose d'une place précise au sein d'une entreprise et que ces positions bien que stéréotypées doivent être respectées par le nouveau venu étranger. De manière similaire, le monde de l'entreprise malaisien suit les règles dictées par une vérité acceptée de tous et qu'il faut s'efforcer de suivre en tant qu'invité. "Une place pour chacun et chacun à sa place" résume Marie-Christine Tseng,  directrice de la société Cultural Impact. "Le concept de hiérarchie est l'un des plus importants à prendre en compte lorsqu'on travaille en Malaisie". Contrairement au monde du travail français qui prône plutôt l'individualisme et la prise d'initiatives personnelles, un supérieur malaisien verra d'un mauvais ?il que l'on questionne ses décisions ou que l'on entreprenne quelque chose sans son aval.

 

Développer ses compétences interculturelles

Pour travailler à l'étranger de manière générale, il est essentiel de comprendre l'autre, de mettre en rapport la culture de l'autre avec la sienne. "Il n'y a pas besoin de comprendre pourquoi les choses se font comme elles se font, mais au moins, cela facilitera votre intégration", conseille Marie-Christine Tseng. Travailler à l'étranger nécessite aussi de savoir atténuer les sentiments relatifs à sa propre culture afin de saisir pourquoi l'interlocuteur agit ainsi et comment s'y adapter au mieux. Il est important de combiner ce désir de comprendre l'autre à celui d'en apprendre plus sur le pays, ce qu'Elizabeth Laubel expliquait précédemment. S'informer au préalable sur la culture de la Malaisie, en connaître les symboles (les tours Petronas, le sarong, le Satu Malaysia), les héros (Lee Choong Wei, P. Ramlee, Tony Fernandez, Tunku Abdul Rahman), les habitudes alimentaires, rituels et festivals (Deepavali, Thaipusam, et autres célébrations religieuses) permettront aux nouveaux volontaires et stagiaires une meilleure intégration en Malaisie.

 

Petit mémo sur les choses à faire et à éviter

Bien avisée, Madame Tseng procure à la fin de la réunion une liste de conseils pour faciliter votre intégration en Malaisie :

-          La Malaisie est un pays fortement musulman, essayez d'être conservateur dans votre attitude et dans votre style vestimentaire.

-          Veillez à soigner votre langage verbal et corporel.

-          La salutation en Malaisie consiste en un effleurement de la main lors de la poignée de main. Puis, portez votre main au c?ur pour montrer la sincérité de votre geste.

-          Toujours bien regarder le nom des personnes qui vous offrent leur carte de visite.

-          Donner la carte de visite avec deux mains pour un interlocuteur chinois ; de la main droite pour un interlocuteur musulman (la main gauche étant considérée comme impure).

-          Les Malaisiens sont souriants, mais attention, un sourire peut parfois cacher de l'inconfort de la part de votre interlocuteur.

-          "To lah or not to lah, that's the question in Malaysia !" Les Malaisiens ponctuent leur discours par cette petite particule, "lah", placée à la fin d'une phrase.

-          Attention aux erreurs en anglais, et a fortiori, aux quiproquo qui pourraient en découler !

-          Vérifier que votre message est bien passé à la fin d'une conversation.

-          Les réseaux sociaux sont très utilisés en Malaisie. C'est un bon moyen de rentrer en contact avec des gens (Facebook, Twitter)!

-          Au sein d'une entreprise avec un patron malaisien, appliquez la philosophie "Dad knows best" : le patron doit s'occuper de ses employés mais en retour, ceux-ci doivent respecter rigoureusement son statut de supérieur hiérarchique.

-          Une valeur à respecter : l'humilité. Elles ne vous met pas en position d'infériorité, mais au contraire vous permet de témoigner aux yeux des Malaisiens du respect et de la distance vis-à-vis de votre fierté culturelle.

"Les compétences scolaires ou les aptitudes de travail sont importantes. Mais le plus important dans votre job à l'étranger, ce sera vos compétences interculturelles et la manière dont vous serez amenés à communiquer avec vos contacts ".

La réunion se termine sur une ambiance joviale et pleine de belles perspectives de rencontres pour les stagiaires et VI qui entament la prise de contact autour d'un apéritif à la française. Les conseils de Marie-Christine Tseng ont été bien retenus : c'est avec les deux mains qu'un des participants lui tend sa carte de visite !

 

 

 

Qu'est-ce qu'un volontaire international?

C'est en quelque sorte la nouvelle forme du service national en coopération, mais les postes sont ouverts à un public plus large et sont mieux adaptés aux besoins de la vie civile. Les VI sont des hommes et des femmes âgés de 18 à 28 ans, de nationalité française ou ressortissants d'un Etat membre de l'UE. Ils sont envoyés à l'étranger pour des missions de court à moyen terme, entre 12 et 24 mois, qui sont rémunérées entre 1 190 et 2 900 euros par mois selon la destination. On distingue deux types de VI: VIE (volontariat international en entreprise) et VIA (volontariat international en administration). Le volontariat international présente de nombreux avantages pour l'employé, à savoir prise en charge des frais de voyage et de transport, prise en compte de la période du volontariat au titre du régime de retraite, statut de droit public?  Le volontariat international est l'occasion de mettre à contribution ses compétences dans le domaine du travail tout en améliorant ses compétences sociales et interculturelles.

Noëmie Sor (www.lepetitjournal.com/kuala-lumpur.html) Lundi 4 Février 2013

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Publié le 3 février 2013, mis à jour le 4 février 2013
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