Édition internationale

Louis Augustin-Jean, Malaisie : “garantir un accès équitable à l’éducation"

Dans le cadre de la campagne des élections consulaires, nous donnons la parole aux têtes de liste de Malaisie Louis Augustin-Jean se présente pour la liste Entente progressiste et écologiste.

Louis Augustin-JeanLouis Augustin-Jean
Écrit par La Rédaction
Publié le 7 avril 2026

 

Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ? 

Je m’appelle Louis Augustin-Jean, et je suis enseignant-chercheur, travaillant sur les questions de développement économique et social. Je travaille sur le développement rural, les questions d’environnement et les travailleurs migrants. J’habite en Malaisie depuis huit ans et en Asie depuis plus de 30 ans (Hong Kong et Japon). Vivant dans cette région du monde depuis longtemps, je pense être en mesure d’aider les Français, que ce soit avec l’administration française ou dans leur interaction avec la société malaisienne.  C’est dans cette optique que notre liste, Entente Progressiste et Ecologiste, a été mise en place.

 

 


Que représente pour vous la mission principale de conseiller des Français de l'étranger? 

La mission principale d’un conseiller des Français de l’étranger est avant tout de représenter, accompagner et défendre nos compatriotes dans leurs relations avec l’administration. Cela passe par un rôle très concret : aider dans les démarches du quotidien - scolarité, fiscalité, état civil, retour en France - mais aussi faire remonter les difficultés de terrain auprès de l’ambassade et des parlementaires.

Je serai particulièrement vigilant sur les enjeux de scolarité, notamment dans le contexte des évolutions de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger. Il est essentiel de garantir un accès équitable à l’éducation, avec des bourses AEFE et des aides du CROUS attribuées de manière juste, en tenant compte des réalités des expatriés.

Plus largement, de nombreuses situations - qu’il s’agisse d’aide sociale, d’emploi ou de sécurité - souffrent encore d’un décalage entre les règles françaises et les réalités locales. C’est particulièrement vrai en Malaisie, où certaines décisions reposent sur des indicateurs parfois inadaptés. Je pense par exemple à la baisse de l’IPPA, alors même que le coût de la vie à Kuala Lumpur continue d’augmenter.

Dans un contexte de dérèglement climatique, ces enjeux prennent une dimension supplémentaire : exposition accrue aux inondations, aux épisodes de chaleur extrême ou à la dégradation de la qualité de l’air. Le rôle des conseillers est aussi d’anticiper ces risques, de mieux informer les Français et de porter ces préoccupations auprès des autorités françaises.

Enfin, je crois que notre rôle est aussi de faciliter l’intégration des Français dans leur pays de résidence et de porter leurs difficultés auprès des autorités françaises - et parfois européennes. La question récente de la non-reconnaissance du permis de conduire français en est un bon exemple : ce sont des sujets très concrets sur lesquels un élu peut- et doit - agir.

 

 


Comment avez-vous constitué votre liste ? 

Cela a été un challenge. Les précédentes élections consulaires ont mis en place des représentants surtout issus du monde des affaires. J’ai souhaité constituer une liste plus inclusive, faisant la part à des profils plus diversifiés, tournés vers les questions sociales et écologistes et qui soit plus représentative de la diversité des Français installés en Malaisie. 

Les colistiers de notre liste « Entente progressiste et écologiste » occupent ainsi des emplois variés : enseignants (Catherine Galand), organisations internationales (Eric Hoa, Pauline Grangette), communicants (Priyanka Bahl), universitaires (Julien Bigot et moi-même). Certains sont installés depuis longtemps ; d’autres sont arrivés à une date plus récente.  Par ce biais, nous souhaitons être plus inclusifs et toucher plus directement la diversité des Français de Malaisie dans un esprit de défense des valeurs progressistes et écologistes.

 


Pourquoi est-il important pour les Français de l’étranger de prendre part à ces élections consulaires ?

Il est essentiel que les Français de l’étranger participent aux élections consulaires, car ces élus sont leurs relais directs auprès des autorités françaises. Ils ne se substituent pas à l’administration, mais ils jouent un rôle clé pour faire remonter les difficultés du terrain, défendre des situations individuelles et porter des enjeux collectifs.

Voter, c’est donc choisir des représentants accessibles, engagés, et capables de traduire concrètement les réalités locales auprès de l’ambassade ou des parlementaires. C’est aussi un moment important pour exprimer une vision : certains privilégient la continuité et la représentation institutionnelle, d’autres souhaitent une approche plus proactive, plus ancrée dans les préoccupations quotidiennes des Français de l’étranger.

Dans un monde marqué par des crises multiples - climatiques, sanitaires, géopolitiques - il est d’autant plus important d’avoir des élus capables d’anticiper, de s’adapter et de proposer des réponses concrètes et durables.  Nous pensons pour notre part que ce mandat doit être exercé avec exigence, indépendance et capacité d’initiative, afin d’éviter toute forme de routine et de mieux répondre aux attentes des Français établis en Malaisie.

 


Quel est selon vous le plus grand défi auquel font face les Français de votre circonscription ?

Un des défis consiste dans la grande diversité des profils des Français de l’étranger et leur dispersion géographique sur deux pays. Les Français installés à Kuala Lumpur bénéficient de la proximité de l’ambassade et de l’école française. En revanche, ceux qui se trouvent à Bornéo se sentent plus isolés et difficiles à contacter et à aider lorsque le besoin s’en fait sentir. 

Par ailleurs, le gouvernement malaisien instaure depuis quelques années des politiques moins favorables aux étrangers (visas par exemple) qui peuvent créer des problèmes aux résidents français et européens (et au-delà). Si nous sommes élus, nous pensons donc contacter à la fois les services de l’ambassade et les parlementaires afin qu’ils engagent une discussion concertée avec nos partenaires européens et auprès des autorités malaisiennes.

 

 

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