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Sonia Doña Pérez: Les Français contribuent au rayonnement de leur pays

Par Lepetitjournal Johannesbourg | Publié le 04/12/2017 à 19:31 | Mis à jour le 04/12/2017 à 19:57
Sonia Doña Pérez, consulat général de france à johannesburg, consule, diplomatie, chef d'ilot, sécurité, association, lesotho

Mme Doña Pérez a pris ses fonctions de consule générale de France à Johannesburg le 14 septembre dernier. Elle exerce ses compétences dans les provinces sud-africaines du Gauteng, Free State, KwaZulu-Natal, Limpopo, Mpumalanga, North West ainsi qu’au Lesotho, au Botswana, en Namibie et en Zambie. Point sur les récentes réformes du réseau diplomatique, les activités du consulat, la communauté française et le rayonnement de la France en Afrique australe.

 

Des impressions sud-africaines fortes

« J’ai reçu un accueil formidable, beaucoup de messages de bienvenue, ainsi que des visites. Depuis mes années étudiantes en paléontologie et en philosophie, l’Afrique du Sud est à mes yeux un symbole fort. J’aime beaucoup la chanson de Johnny Clegg « Scatterlings of Africa »  qui selon mon interprétation rend hommage à ces peuples nomades mais aussi aux sans-abris et aux réfugiés et, plus globalement, aux peuples en mouvement. Les expatriés font partie de ce mouvement, même s’ils sont évidemment et le plus souvent dans une situation bien plus confortable et sécurisée que les peuples mentionnés dans la chanson. Nous oublions parfois la vitalité, la force et l’importance des mouvements de populations, et pourtant ce sont bien les mélanges engendrés par ces migrations ce qui apportent tant de richesse ». 

 

Une communauté française implantée et impliquée en Afrique du Sud 

La consule remarque : « Je viens d’arriver mais je trouve que cette communauté est très dynamique :  elle est constituée de personnes qui créent leur aventure, qui investissent dans le pays et créent de l’emploi sur place localement bien sûr mais aussi, par ricochet, en France puisqu’ils participent au rayonnement de la France. D’ailleurs, il faut noter que 350 entreprises françaises génèrent plus de 14 000 emplois. J’ai été en contact avec plusieurs communautés et j’observe qu’on retrouve tant dans la communauté des expatriés que chez les Français installés depuis de longue date une énergie qui donne une image forte et positive de la France ». 

 

Un consulat toujours présent pour les compatriotes français

Suite à un processus de réforme au sein du réseau diplomatique au cours des dernières années, les activités consulaires ont été déplacées et sont désormais assumées à Joburg pour la Namibie et la Zambie depuis 2015 et le Botswana depuis 2016. L’équipe de Johannesburg effectue donc des missions consulaires régulières tous les 2 à 3 mois. La consule précise : « Je me suis d’ailleurs rendue pour une première visite à Gaborone il y a plus d’un mois pour rencontrer la communauté française, les représentants d’entreprises et aussi des enseignants. Je constate toujours avec joie et fierté que le rayonnement de la France dépasse largement notre nombre. Récemment, je suis allée au Lesotho, à Maseru plus spécifiquement, où j’ai échangé avec de nombreuses personnes dont des officiels et des directeurs d’affaires consulaires pour évoquer la question consulaire en général et créer des liens ». La consule ajoute : « Une visite du cimetière de missionnaires français venus au Lesotho au 19e siècle était au programme avec un moment de recueillement. Il y a d’ailleurs une petite subvention pour entretenir le cimetière afin de préserver cette mémoire, celles de nos compatriotes. J’avoue que je suis toujours admirative de tous les peuples qui à travers l’histoire ont quitté leur pays d’origine pour traverser des milliers de kilomètres ». 

 

Les nouvelles réformes au sein du réseau diplomatique et ce que cela implique

Le Président Emmanuel Macron s’est adressé le 2 octobre dernier aux élus de l'Assemblée des Français de l'étranger et a ainsi rappelé à plusieurs reprises que notre pays entreprend notamment depuis les dernières élections, des réformes sociales, sociétales et économiques pour une France plus juste et plus forte. Il a exprimé son souhait de poursuivre et d’intensifier encore davantage la politique de réforme consulaire qui vise à la dématérialisation et à la numérisation par exemple pour les passeports, les visas ou encore les cartes d’identités. Les agents consulaires sont continuellement formés et mobilisés en ce sens.

 

La consule explique : « Ma charge actuelle est mon premier poste consulaire, et de ce fait, j’ai suivi une formation à Nantes durant les mois de juin et juillet dernier avec un complément en janvier 2018. J’ai été impressionnée par la qualité de la formation dont nous avons bénéficié. Par exemple, les dossiers d’état civil et de visa sont très complexes. Ce sont des secteurs hyper spécialisés, qui nécessitent l’adaptation aux nouvelles lois et pour cela il faut des agents à la pointe de la formation. Je ne suis moi-même pas une spécialiste sur ces dossiers, c’est mon équipe ! » 

 

Avec Tunis et Dakar, Joburg est un poste pilote pour la mise en œuvre du projet France-Visas depuis le 10 octobre dernier. Ces réformes vont être mises en place en plusieurs étapes et elles visent aussi à la dématérialisation. Le but est de faciliter également l’obtention des visas pour les Sud-Africains et les personnes de nationalité tierce. La consule explique : « Au consulat de Johannesburg, nous proposons des visas gratuits pour les artistes, les jeunes entrepreneurs et les hommes d’affaires, ou encore des visas à entrées multiples pour favoriser le rayonnement de la France à l’étranger. Nos efforts doivent porter sur la visibilité de la France et sa crédibilité. Cependant, nous avons besoin d’une présence physique pour comprendre une société qui, ici, est très complexe afin de renforcer les relations bilatérales entre les deux pays et de faire de l’Afrique du Sud un partenaire. C’est un grand pays sur la scène internationale et régionale. Le but ultime de la diplomatie c’est d’être in situ et de s’assurer de la protection de nos compatriotes. J’insiste sur l’importance de préserver des relations humaines entre la communauté française, sud-africaine et les autres communautés d’expatriés ».  

 

Un point sur la sécurité

Aujourd’hui, l’Afrique du Sud est un pays d’opportunités et en plein essor. Il existe, cependant, une crainte de l’insécurité dans un pays où tant d’inégalités continuent à persister. La consule explique : « A Sandton, nous vivons dans des conditions extrêmement agréables, mais il ne faut pas oublier qu’à quelques kilomètres il y a Alexandra et Soweto. Sur les 52 homicides enregistrés par jour en Afrique du Sud, la plupart de ces violences touchent les quartiers défavorisés. Ces chiffres peuvent donner le tournis mais il ne faut pas tomber dans la psychose. Je ne peux évidemment que préconiser la vigilance. Bien sûr chacun peut être victime de ces violences, il faut donc observer des règles qui ont été données à tout un chacun et faire preuve de bon sens comme de sang froid : par exemple, ne pas chercher à résister ou ne pas rentrer chez soi lorsque nous sommes suivis. J’ajouterai qu’il ne faut pas céder à la panique et profiter de ce pays passionnant dans lequel nous vivons. Ces questions de sécurité me rappellent le livre du grand écrivain sud-africain J. M. Coetzee « En attendant les barbares » : dans la peur, on se rétracte, on se réfugie dans l’entre-soi, on ne participe pas à la vie du pays et on ne découvre rien ». 

 

Et les chefs d'îlot ?

Le dispositif d'îlotage est un élément central des relations entre le consulat général et les ressortissants français résidents. Dans les situations d'urgence, le chef d'îlot diffuse les consignes du consulat et collecte les informations de terrain. Il existe ici un réseau constitué de 19 chefs d'îlot engagés et mobilisés. La consule avec le soutien des équipes de l’Ambassade et du consulat souhaite animer ce réseau avec la création d’un groupe whatsapp, des réunions par quartier/ilotage pour rappeler les règles de vigilance. La consule insiste : « Nous sommes toujours dans des scénarii qui pour le moment sont encore fictifs. Mais il faut s’imaginer toutes les situations pour ne pas se trouver démunis si un acte de cette nature devait se produire. Cet aspect de notre rôle s’inscrit dans la formation continue en lien avec le centre de crises à Paris ».

 

La Société Française de Bienfaisance de Johannesburg (SFBJ), un élan de solidarité instauré depuis 1898 

Cette organisation caritative dont la mission consiste à aider les ressortissants français dans leurs difficultés du quotidien tient à cœur à la consule. Récemment, l’ensemble du bureau vient de démissionner. L’Assemblée Générale qui se tiendra le jeudi 7 décembre à Linbro Park, verra l’élection d’un(e) nouveau(elle) président(e), ainsi que la formation d’un nouveau bureau administratif. Madame Doña Pérez,  appelle à une mobilisation des Français par le tissu associatif et salue le travail et le dévouement de l’ancien bureau : « Il ne faut pas oublier nos compatriotes qui sont dans le besoin : il y a, par exemple, des personnes âgées isolées à Joburg, des veuves qui n’ont rien à part une allocation de la SFBJ. Il y a un réel besoin de se mobiliser pour nos ainés, ne serait-ce que par une visite à ces personnes âgées pour qui cela fait une grande différence ! Les préoccupations de mes prédécesseurs Consuls généraux restent bien présentes: la protection vis-à-vis des autorités locales et l’assistance aux compatriotes dans le besoin ». 

 

Un dernier message aux Français ?

Oui pour la consule, il est très important que chacun s’inscrive pour se tenir informé mais aussi pour bénéficier de la protection consulaire. Lorsque les expatriés quittent un pays, par exemple, ils oublient de se désinscrire, générant des listes pléthoriques. Cependant à titre d’information, il est établi qu’au terme de cinq ans, les Français inscrits doivent renouveler leurs inscriptions au registre. La consule conclut : « Nous continuons à obtenir de nouvelles inscriptions grâce aux naissances, mariages, mais aussi dernièrement avec les élections. A l’heure actuelle, nous sommes près de 5 000 inscrits au registre pour la circonscription consulaire de Johannesburg auxquels s’ajoutent près de 540 compatriotes des pays rattachés. Inscrivez-vous, c’est important ! »
 

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