Édition internationale

Le docteur Hichem BEN AZOUZ a lancé son premier roman « Sangoma le Guérisseur »

Le docteur Hichem BEN AZOUZ a-t-il gagné son pari lors du lancement de son tout premier roman « Sangoma le guérisseur » ? Le pari était osé : présenter à Johannesburg un roman écrit en français, sur un sujet délicat, avec un titre un peu mystérieux… en pleine semaine, un soir d’hiver glacial et décourageant les sorties, dans un quartier éloigné. Lepetitjournal de Johannesburg était présent.

Présentation de Sangoma le guérisseur par Hichem Ben AzouzPrésentation de Sangoma le guérisseur par Hichem Ben Azouz
Écrit par Philippe Petit
Publié le 13 juin 2026, mis à jour le 14 juin 2026

Citations insérées dans l'article : Hichem BEN AZOUZ

Les lecteurs vont-ils venir nombreux   ?

Lancer un livre est, pour tout auteur, une aventure intense, mais incertaine.

Présenter un livre pour la première fois au public est l’aboutissement d’un très long cheminement qui va de l’idée, puis de l'écriture solitaire, jusqu'à à la vente-signature de l’ouvrage terminé, face au public.

Un aboutissement, une mise au jour, une sortie sur la place publique.

Le docteur-écrivain avait quand même quelques atouts. Il est connu et apprécié dans la communauté française de Johannesburg et son ouvrage vient d’être récompensé par un prix renommé en Tunisie, son pays d’origine.

Le prix Comar lui a été attribué par un jury de professionnels de la littérature Francophone. C’est le prix littéraire le plus prestigieux du pays, décerné par des écrivains célèbres. Et c’est d’autant plus méritoire et inhabituel que l’ouvrage primé est un premier roman.

Un nouveau venu et son premier roman reconnu par des sommités installées. Bel exploit !

Mais les lecteurs francophones à Johannesburg ne courent pas les rues, surtout dans ce quartier un peu sombre du Zoo Lake, et ne sont peut-être pas trop influencés par un prix littéraire.

Sans doute un peu anxieux, l'auteur attend près de l'entrée, quelques minutes avant le lancement de son livre, les lecteurs invités par l’Institut Français (IFAS) qui organise la soirée.

Il est presque l’heure. Les quelques spectateurs déjà arrivés ne se bousculent pas encore.

Il ne semble pourtant pas stressé outre mesure, ni perturbé par les chaises encore vides, juste avant le début de l’évènement. Il discute tranquillement, avec les premiers invités, des amis, des clients ou des lecteurs potentiels. 

Avant le début de la rencontre, j’étais partagé entre l’excitation et une certaine appréhension. Écrire est un acte solitaire, alors voir son livre quitter enfin le silence de la page pour rencontrer ses lecteurs reste toujours un moment particulier. 

Et puis d’un seul coup, la foule se présente, par grappes, par groupes. Les chaises sont très vite toutes occupées, et il faut en rajouter en urgence. Le public est cosmopolite, varié.

Les gens sont finalement venus massivement à l’Alliance Française. Le lancement sera un succès ! Les lecteurs sont vraiment là ! Et l'écrivain, tranquille et serein, va rejoindre sur le podium Dorine LEBRETON, attachée culturelle et Directrice Déléguée de l’Institut Français,  qui a déjà pu lire le livre et a préparé ses questions.

 Lorsque la salle s’est remplie, j’ai été profondément touché par l’attention du public. Les échanges étaient sincères, les questions pertinentes, parfois très personnelles, comme si certains lecteurs avaient déjà voyagé avec les personnages de SANGOMA

Assistance au lancement du livre d'Hichem BEN AZOUZ

 

« Sangoma » n’est pas le seul sujet du livre

« Sangoma » c’est le nom donné en Afrique australe aux guérisseurs traditionnels qui soignent les malades en suivant des méthodes et des règles qui ne sont pas celles de la médecine moderne.

Mais avant de parler du contenu du livre, l’écrivain, le médecin, prend le temps de raconter sa propre expérience. Ce qui l’a fait venir en Afrique du Sud à l’époque lointaine où le pays allait recruter des docteurs étrangers. Ils étaient accueillis fastueusement, voyageaient en 1ère classe, puis étaient affectés dans des centres de soins et des hôpitaux bien éloignés de la capitale que les docteurs locaux évitaient et ignoraient.

Il raconte les chocs vécus dans ces endroits perdus, abandonnés, sans moyen, sans possibilités réelles de soigner, notamment les malades du sida. Il décrit des situations révoltantes que même les Sud-africains bien informés ne connaissent pas. Il raconte les morts injustifiées qui auraient pu être soignés si on leur avait permis de prendre les remèdes adéquats.

Il détaille la rage et la colère qu’il a transmises au personnage principal de son livre, qui devient un docteur « multitâches » : l’accueil, le diagnostic, la définition des soins, l’anesthésie, l’intervention relevant de la chirurgie…

Le même docteur, seul, doit tout faire, avec les moyens du bord. Il ne peut faire face. Il s’épuise, il s’effonfre.

Il évoque, en laissant des inconnues pour garder le suspens, les raisons qui vont transformer ce médecin formé à l’occidentale en guérisseur traditionnel. Il raconte la lente transformation lors d’un périple sur la diagonale de l’Afrique, une ligne allant du Nord au Sud, qu’il compare à une longue cicatrice.

C’est un peu noir et triste. À un point tel que Dorine LEBRETON lui demande où est le message d’espoir. On ne le connaîtra pas immédiatement. 

 

Sangoma le guérisseur, d'Hichem ben Azouz

 

C’est un livre sur l’effondrement, l’auteur le répète. Mais certains qui vivent cette chute, se relèvent, et finissent par trouver un lieu où il est possible de vivre, différemment. L’espoir est peut-être là, tout en bas de l’Afrique, non loin de Cape Town ?

Le public présent est manifestement captivé par ces détails sur l’écriture du livre. 

 

J’ai également été frappé par la diversité des personnes présentes ; lecteurs, amis, membres de la communauté francophone, Sud-Africains curieux de découvrir cette histoire africaine. Cela donnait à la rencontre une dimension humaine très forte 

Une écriture cinématographique

Le moment où l’écrivain révèle sa méthode d’écriture est suivi très attentivement par les personnes venues à ce lancement. Car c'est passionnant, un écrivain qui se livre.

Hichem BEN AZOUZ est également un cinéaste documentariste.

A première vue, son ouvrage ressemble à un pavé de plus de 500 pages. Mais il est écrit et découpé comme on le ferait pour un film. Des scènes, des phrases courtes, des paragraphes aérés, des situations qui se succèdent. L’auteur pense aux chapitres en image avant d’aligner des mots. Il utilise des termes de cinéma pour expliquer sa façon d’écrire : gros plans, travelling, panoramique… 

Avant d’écrire "Sangoma le guérisseur", il prenait des notes, consignait ses idées, se donnait le temps de les coucher sur le papier entre les consultations ou pendant ses gardes à l’hôpital.  Silence, on tourne! Puis il les a insérées dans son récit. 

Une personne dans le public qui a déjà lu le livre raconte qu’elle l’a fait d’une seule traite. 

 

Johannesburg la nuit
Nuit à Johannesburg. Photo : Sandrine STRAWA

La description de la ville de Johannesburg par le jeune médecin qui y débarque, lue par Dorine LEBRETON, est un bel exemple de description de lieux, de lumières, d’atmosphères que l’on peut retrouver dans un décor de film. On pourrait voir les caméras tourner.

 

Une intervention émouvante au moment des questions

A la fin de la présentation, que les personnes présentes ont écouté avec attention, avec implication même, est venue l’heure des questions.

Une spectatrice au premier rang se lève, on attend sa question. Elle prend le micro... Mais non, pas de questions. Elle est là pour témoigner. Elle se dirige vers le podium, et se présente.

 

Mr & Mme Ben Azouz au lancement du livre Sangoma le guérisseur

 

C’est l’épouse de l’écrivain ! Elle lui délivre un message personnel émouvant. Elle lit à son mari, devant tout ce public, un texte qu’elle avait préparé pour lui.

Ce texte est beau. L’instant est lumineux. Ils sont aussi émus l’un que l’autre. Un frisson court dans la salle.

 

 L’un des moments les plus émouvants de la soirée a été l’intervention de mon épouse. Son regard sur mon parcours, sur les années d’écriture et sur ce que représente ce livre dans notre histoire familiale, m’a beaucoup ému. 

Une incroyable file d’attente se forme pour les dédicaces

Au moment d’acheter et de faire dédicacer le livre, la file des gens qui patientent se forme très vite. Elle est si longue ! Les spectateurs ont une vraie envie de découvrir l’histoire.

Quel soulagement, quelle sensation de bonheur, pour un écrivain. Tous ces gens devant lui qui veulent leur exemplaire dédicacé.

 

Dédicaces du livre Sangoma le guérisseur

 

Et puis il y a eu ce moment des dédicaces. Voir une longue file de lecteurs attendre patiemment pour échanger quelques mots, partager une impression ou faire signer leur exemplaire est sans doute la plus belle récompense pour un auteur 

Quelle fierté pour l’auteur de les voir, presque tous, sortir avec le livre sous le bras. « Sangoma le guérisseur » a pris brillamment son envol, un soir d’hiver glacial, à l’Alliance française de Johannesburg.

En quittant la salle, j’ai eu le sentiment que SANGOMA ne m’appartenait plus tout à fait. Le livre avait commencé sa propre vie, porté désormais par le regard et l’émotion des lecteurs.

Où se procurer le livre ?

Sangoma le guérisseur - 550 pages- Prix: 320 Rands.

Contacter : Hichem BEN AZOUZ - WhatsApp : +27 785 446 663

 

 

 

Lepetitjournal.com/Johannesburg & Cape Town`

Contact :  philippe.petit@petitjournal.onmicrosoft.com

Réseaux sociaux :  Facebook, Instagram, Linkedin

Actualité, bons plans et évènements :  https://lepetitjournal.com/johannesburg

Abonnez-vous à la Newsletter : Newsletter

 

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos