Édition internationale

TENSIONS RACIALES - La xénophobie renaît après le Mondial

Écrit par Lepetitjournal Johannesbourg
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012

Sitôt le dernier coup de sifflet du Mondial 2010 donné, les townships du Cap et de Johannesburg connaissent de nouvelles flambées de violence. Les premières victimes : les étrangers africains

(Crédit Photo: David Courbet)

Dès le lendemain de la compétition, le 12 juillet, la police intervient dans les bidonvilles du Cap où des immigrés africains sont pris à partie par des groupuscules nationalistes. Les violences continuent à Johannesburg la semaine suivante dans le quartier de Kya Sands. "J'étais assis devant ma maison lorsque des gens sont arrivés et m'ont demandé d'où je venais. Avant même que j'ai répondu, ils ont commencé à me frapper.", raconte un résident à Talk Radio 702.

Des attaques et des maisons pillées
16 personnes ont été blessées, la majorité sont originaires du Zimbabwe et du Mozambique. Afin de protéger la population ?à 60% immigrée-  une trentaine de véhicules de police et de l'armée patrouillent jour et nuit. Le Colonel Sipho Matolweni est inquiet : "On soupçonne que des émeutes naissent à Reiger Park (Boksburg)." La police sait également que des jeunes se réunissent pour planifier des pillages dans le township d'Alexandra (Nord de Johannesburg).

Des violences depuis 2 ans
Déjà, en mai 2008, les Sud-Africains pauvres s'en étaient pris à leurs voisins zimbabwéens, mozambicains ou somaliens, les accusant de voler les emplois dans un pays où le taux de chômage atteint 25% au niveau national et jusqu'à 45% dans les bidonvilles. Ces attaques à caractère xénophobe ont fait une soixantaine de morts et 100.000 sans-abris. L'organisation Internationale pour les Migrations à Beitbridge, à la frontière entre l'Afrique du Sud et le Zimbabwe, alerte dès à présent l'ONU d'une récente "augmentation du flux des Zimbabwéens qui ont décidé de rentrer temporairement chez eux en raison de craintes de flambées de violences xénophobes."

Le sport en réponse à la xénophobie
Afin de prévenir les violences raciales, plusieurs solutions sont étudiées par les politiques. Le Premier ministre du Cap-Occidental, Helen Zille, propose que les tribunaux d'exception avec comparution immédiate des accusés, mis en place lors du Mondial, soient maintenus. De meilleurs services sociaux et une large création d'emplois éviteraient les tensions xénophobes selon Buti Manamela, secrétaire du Young Communist League. Le ministre de la Police, Nathi Mthethwa, a, quant à lui, appelé les médias à la retenue et leur demande de mettre en avant les efforts réalisés pour endiguer la xénophobie plutôt que les attaques xénophobes.

Le football peut aussi aider à l'union des Africains. En effet, tout le continent était uni derrière le Ghana lors du Mondial. "On a l'opportunité de surfer sur la vague de la Coupe du Monde", assure l'évêque Paul Verryn, qui supervise l'aide aux sans-abris zimbabwéens. L'Ubuntu Derby, au Johannesburg Stadium le 24 juillet dernier, a soulevé des espoirs de réconciliation : les Sud-Africains Jomo Cosmos affrontaient les Zimbabwéens Highlanders. Un affrontement sportif pour éviter les combats de rue.

Juliane Antoine ? (www.lepetitjournal.com/johannesbourg.html) - Lundi 2 août 2010

lepetitjournal.com johannesbourg
Publié le 2 août 2010, mis à jour le 13 novembre 2012
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