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SECURITE - Quand le port d’arme compromet la sécurité.

Par Lepetitjournal Johannesbourg | Publié le 01/03/2013 à 00:00 | Mis à jour le 28/02/2013 à 17:00

Le débat récurrent sur le port d'armes en Afrique du Sud, l'un des pays les plus dangereux du monde après la Colombie, pour le nombre de meurtres par arme à feu, refait surface depuis le crime de l'athlète Oscar Pistorius.

Une cruelle coïncidence


L'assassinat commis par Oscar Pistorius la semaine passée présente des causes similaires au malheureux incident survenu chez un vétéran des Springboks (équipe nationale de Rugby), réveillé en sursaut à 5 heures du matin par le bruit du moteur du véhicule de sa fille. Quand l'ancien sportif saute de son lit, il attrape son revolver et tire une balle dans la tête du présumé voleur. Quelques secondes plus tard, il est horrifié de constater qu'il vient de tuer sa fille de 19 ans. Alors qu'il y a déjà une semaine que le procès de l'athlète international sud-africain Oscar Pistorius défraie la chronique, l'histoire semble se répéter par coïncidence cruelle des faits : Oscar Pistorius aurait pris sa fiancée pour un voleur. Le port d'arme légal ou illégal compromet la sécurité et met la vie de plusieurs familles en danger. Des crimes pourront se commettre sous des alibis plus ou moins cohérents, difficiles à élucider.

Selon la dernière étude de l'Institut des hautes études internationales de Genève, 30 meurtres par arme à feu pour 100 000 habitants sont commis chaque année en Afrique du Sud. Pourtant le débat sur l'abolition du port d'armes ne trouve pas une résolution absolue. Car la nouvelle législation en vigueur est plus restrictive mais ne règle pas totalement le problème, ceci du fait que tout détenteur d'arme à feu devra subir un entraînement au tir et se soumettre à une enquête de police qui consisterait entre autres à l'étude du casier judiciaire et à faire une approche sur les comportements violents?

L'association Gun Free South Africa ne manque pas de souligner que "les statistiques montrent que le simple fait de posséder une arme est un danger permanent". D'un côté on se protège, comme le cas de Jacob Modise, le patron du géant des médias sud-africain Johnnic, qui utilisa son arme à feu pour tuer un voleur qui s'était introduit chez lui. Et d'autre part on en fait usage non pas pour se défendre mais pour régler une affaire de couple, ou un règlement de comptes. Et dans ce deuxième cas, si le crime est teinté de zones d'ombre, il devient difficile de prononcer un verdict équitable parce que l'accusé, souvent, détient le monopole sur la véracité de l'acte commis.

Un sentiment permanent d'insécurité

Sous le régime d'apartheid, la loi autorisait tout citoyen à tuer pour défendre sa propriété. En 1994, la nouvelle Constitution sud-africaine a établi que "la vie [est] plus importante que la propriété". Une arme ne peut être utilisée qu'en cas de légitime défense. Et depuis, les chiffres officiels de la criminalité en Afrique du Sud ont régressé. Mais les vols et les agressions continuent à faire augmenter le sentiment d'insécurité. 
Une nouvelle loi vise à contrôler strictement les armes. Mais le contraste est saisissant. Sur 3,5 millions d'armes à feu qui circulent en Afrique du Sud, le nombre d'armes non-enregistrées est pratiquement le même.
 

Christian Eger Taty (www.lepetitjournal.com/johannesbourg.htmlvendredi 1 mars 2013

 

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