

S'il y a un endroit qui concentre tous les plaisirs et les envies à Johannesbourg, c'est bien le Lollipop Lounge. Ouvert depuis cinq ans au c?ur de Randburg, le club attise les passions et ne laisse en tout cas pas indifférents les Sud Africains. Et s'il rencontre un franc succès, c'est probablement parce qu'il est à l'image de l'évolution de la société et des m?urs du pays
Classe et sensualité, un mélange qui fait la réputation du Lollipop Lounge (crédit photo : LL)
Femme de poigne, ancienne danseuse professionnelle, Gigi gère depuis 2005 le Lollipop Lounge d'une main de maître : « Si l'on compte à la fois les danseuses et tout le staff, je dois gérer environ 100 personnes tous les jours du lundi au samedi. C'est un travail très éreintant, mais le succès est au rendez vous ! ». Et en effet, avec une affluence d'environ 150 à 200 personnes par jour, le lounge s'est fait une véritable réputation, parfois sulfureuse, à Johannesbourg.
Un spectacle digne des plus grands shows
Professionnelle. Voilà comment l'on pourrait décrire en un mot la façon dont Gigi parle de son club : "Notre philosophie, c'est de proposer un spectacle inoubliable, à un prix tout à fait abordable, bien loin du prix auxquels sont proposés les cabarets en Europe". Gagnante du « Survivor », le Koh Lanta sud africain en avril 2010, la quarantenaire en a profité pour promouvoir de la meilleure des façons son business : "L'exposition médiatique est importante pour un club de ce genre. Les sud africains pensaient que nous étions une vulgaire boîte de strip tease : ils ont appris qu'ils pouvaient également trouver un restaurant offrant de la cuisine locale, une ambiance unique avec de la bonne musique, et de belles filles distinguées ".
Gigi, gérante du lounge, et son mari (crédit photo : LL)
Et pour cause, les danseuses, de toutes nationalités, soigneusement sélectionnées et formées ont des consignes très strictes. "Tout réside dans le show, mais les choses ne vont jamais plus loin. Si le client pense qu'il est ici dans une maison close, il fait fausse route ". Avant de balayer d'un revers de main les éventuelles suspicions quant à l'emploi de prostituées, notamment dans le contexte particulier de la Coupe du Monde : "Toutes nos danseuses doivent avoir des papiers officiels Sud Africains et être en situation légale. " Voilà qui est dit.
Car si le Lollipop connaît un franc succès, c'est avant tout grâce à la multiplicité de ses danseuses de toutes origines, parfois surprenantes : " Je suis en quelque sorte une femme qui mène une double vie, s'amuse Diva, l'une des quatre danseuses noires du club. Je suis femme d'affaire durant la journée avec ma petite entreprise de cosmétique, et le soir, je me transforme en "poll-danseuse". " Et à la question de savoir comment réagissent ses proches, la jeune femme répond sereinement : "Tout le monde est au courant, et ils m'encouragent même dans cette démarche car ils sont fiers que je danse pour un club si renommé " sans cacher que celui-ci doit être " un tremplin pour une carrière de mannequin future. "
Les spectacles variés, allant du flamenco aux danseuses de feu, mettent en valeur des danseuses talentueuses (crédits photos : LL
L'explosion de l'industrie du plaisir et du sexe en Afrique du Sud n'est pas innocente à la réussite du Lollipop Lounge : les « Sex Shop » fleurissant et affichant ostentatoirement leur présence par des enseignes fluorescentes en témoignent. "Il y a 15 ans, on n'aurait pas vu ça, explique Gérald, guide touristique depuis 16 ans en Afrique du Sud. L'éducation blanche calviniste était à l'origine d'une société très prude, où le sexe était taboo. Avec la fin de l'apartheid, on a assisté à la libération des m?urs, à la démocratisation de la liberté d'être et de paraître. » En revanche, ce dernier reconnaît que les Sud Africains ont plus un comportement « extraverti » que « consommateur ".
La même analyse se retrouve chez Gigi : "Les Sud Africains aiment ce genre d'endroit. Notre clientèle est vraiment variée, car on retrouve toutes les catégories d'âge, autant des célibataires que des personnes en couples qui aiment venir ici pour passer une soirée sensuelle. " Et à la question "pourquoi le Lollipop" (NDLR : sucette en anglais) la gérante répond avec délice : " Notre lounge est comme cette sucrerie : une gourmandise enivrante, un petit plaisir de la vie ".
Alexandre Capron ? lepetitjournal.com/johannesbourg.html ? mercredi 2 juin 2010



