

Lucien BRUNEAU, candidat aux élections législatives des Français à l'étranger sur notre circonscription a bien voulu répondre aux questions du Petitjournal.com pendant son séjour en Afrique du Sud
(Crédit: LB)
Un parcours professionnel fortement orienté vers écologie
Diplômé de Sciences Po Rennes, puis d'un Master Européen consacré au développement durable dans les environnements urbains, Lucien BRUNEAU est rentré en politique auprès du parti d'Europe Ecologie Les Verts dès la fin de ses études.
Son parcours professionnel s'intègre depuis 10 ans à cet engagement pour l'écologie, avec son implication dans l'aide publique au développement au Cambodge ou comme conseiller technique auprès du président de région Aquitaine pour les questions du développement durable dans régional.
Installé en Ethiopie depuis 2008, Lucien Bruneau travaille en tant que cadre administratif pour la coopération française.
Lepetijournal.com : Comment voyez vous le rôle d'un député des Français à l'étranger ?
Lucien Bruneau : Pour ma part, je souhaite en tant que député des Français de l'étranger dépasser simplement le rôle de "syndic" que beaucoup assimilent à ce nouveau poste. Bien sûr, comme député je m'attacherai à faire remonter les problématiques locales des Français de la circonscription, mais mon rôle devra également s'intégrer dans une orientation nationale.
En participant à la nouvelle majorité, EELV souhaite travailler pour tous les Français à une intégration économique et sociale des enjeux de l'écologie. Cette transition écologique est devenue indispensable en France et doit être également une force à notre développement à l'étranger.
En prenant conscience de ces enjeux dès mes premières expériences à l'étranger, je n'ai cessé d'accroitre mon engagement politique pour de nouvelles manières de produire et de consommer. Aujourd'hui, le "Vivre mieux" proposé par EELV a d'avantage d'écho dans notre circonscription majoritairement africaine, qui doit prendre en compte et ne pas rater une gestion durable de ses ressources naturelles.
Comment voyez-vous ces notions écologiques dans la présence française en Afrique du Sud et dans notre circonscription ?
Nous devons prendre en compte dans les actions extérieures de la France les principes écologiques. Refuser, par exemple, des garanties de l'Etat aux entreprises françaises qui souhaitent développer des activités « sales » à l'étranger, comme par exemple des projets d'extraction de gaz de schiste ou de grès bitumineux. Si on se refuse à le faire en France pourquoi l'encourager à Madagascar ?
Nous devons favoriser une aide publique au développement axée sur une réduction de la pauvreté par la préservation de la biodiversité et la lutte contre les changements climatiques. Les activités liées aux économies, à l'efficacité énergétique et aux énergies renouvelables sont bien plus intensives en emplois que la filière nucléaire. S'il faut sortir de cette dernière en raison du coût et du danger inacceptable qu'elle représente, elle restera une source d'emploi dans le démantèlement. Allons nous laisser les Japonais et les Allemands être les leaders mondiaux en la matière, alors que nous avons les moyens de prendre de l'avance ? Nous devons être en pointe sur l'économie verte car c'est aussi l'avenir du continent africain émergent.
Quels sont pour vous les enjeux écologiques en Afrique du Sud ?
L'Afrique du Sud reste orientée aujourd'hui sur l'utilisation massive de son charbon dans son bilan énergétique. Ce pays est aujourd'hui le premier contributeur en émissions de gaz à effet de serre sur le continent africain. Des initiatives de développement de fermes solaires ou de champs d'éoliennes montrent qu'il y a une conscience politique de ces problèmes. Un budget de 1 milliard d'euros sur trois ans a été débloqué par le gouvernement sud-africain sur ces projets de croissance verte. Des acteurs économiques français sont être présents sur ces projets, mais il faut sans doute revoir notre dispositif d'aide, comme UBI France ou les chambres de commerce et d'industrie en Afrique du Sud, afin d'apporter un meilleur soutien aux PME/PMI françaises souhaitant s'impliquer dans cette démarche.
Certaines notions présentes en Afrique du Sud doivent aussi être « ramenées » en France par le député de la circonscription. Apprendre la tarification progressive sur l'eau et l'électricité, principe existant en Afrique du Sud, doit permettre d'éclairer sa mise en place en France, qui fait partie intégrante de l'accord entre le Parti Socialiste et EELV.
Certains Français présents en Afrique du Sud ont développé des éco-lodges qui fonctionnement très bien, leurs succès doivent aussi être utilisés par le député pour promouvoir ce nouveau type de tourisme dans l'Hexagone.
Comment comptez vous organiser votre travail de député EELV par la suite ?
Ma présence à l'Assemblée Nationale sera bien sûr importante, mais des déplacements ciblés dans la circonscription seront également nécessaires. Je souhaite avant tout développer un réel réseau à travers la circonscription, via les conseillers des Français de l'étranger, les associations et divers individus. Cette approche vis-à-vis des Français de la circonscription, je l'applique aussi aux écologistes actifs dans nos 49 pays de la circonscription. Je souhaite encourager leur mise en relation, afin que leurs expériences puissent être partagées et apporter à chacun. Beaucoup de français participant déjà fortement localement à ces différentes initiatives écologiques, l'image de la France dans ce domaine sera renforcée. Nous devons participer activement au développement de cette économie verte sur le continent africain, qui devient aujourd'hui la première réserve de ressources naturelles dans le monde. Et ce n'est qu'en créant les nombreux emplois liés à cette économie que nous pourrons trouver réellement une solution aux problèmes de flux migratoires de l'Afrique vers l'Europe.
Enfin pour conclure, comment les Français de l'étranger doivent ils faire leur choix lors de ces échéances ?
Pour moi, le meilleur candidat doit venir de la circonscription et connaître la vie de Français de l'étranger. Il doit clairement appartenir à un mouvement politique pour inscrire son action parlementaire dans les enjeux nationaux. Le rôle d'un député des Français de l'étranger est aussi d'apporter les expériences de nos compatriotes présents à l'étranger aux débats nationaux.
Devant la faible participation aux élections Présidentielles en Afrique du Sud, j'encourage tous les Français inscrits en Afrique du Sud à aller voter pour ne pas se priver d'une influence à Paris, mais aussi pour apporter leurs regards sur les enjeux notamment écologiques de notre planète.
Richard Simonnet (www.lepetitjournal.com/johannesbourg.html) lundi 14 mai 2012
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