Édition internationale

FRAGMENTS D’UN PREMIER WEEK-END DE DÉCOUVERTE À JOHANNESBURG

Ce que j’ai vu de cette aimable capitale, ville hôte de quelque sept millions d’âmes et, à l’image de ce pays, riche de tant de paradoxes ? Si peu - un week-end est un week-end - et néanmoins, pour mon bonheur, tant à la fois.

Gautrain JohannnesburgGautrain Johannnesburg
Écrit par Lepetitjournal Johannesbourg
Publié le 25 octobre 2026, mis à jour le 28 octobre 2026

De Pretoria à Johannesburg: le choix du Gautrain

Pour le visiteur étranger, c’est dans le fameux Gautrain que commence véritablement le voyage de Johannesburg. En y abordant, on s’y étonne de découvrir, à rebours des premiers a prioris, un train spacieux, moderne, confortable; en un mot: pareil à n’importe quel autre de nos trains de Paris - ou d’ailleurs. Pendant le trajet défileront néanmoins, sous nos yeux quelque peu somnolents, le triste paysage des townships, s’étendant à perte de vue, comme un rappel de la dure réalité sociale de ce pays parmi les plus inégalitaires du monde. Le visiteur, quelque peu embarrassé, gêné par ce spectacle de misère, ne sait au juste quoi penser d’une réalité tout à la fois terrible et si hautement pathétique.

Passent les stations: Centurion, Midrand, Marlboro, Sandton … Enfin résonne le nom de Rosebank, où nous attend notre hôte du week-end qui, d’un pas allègre, nous conduit à pied de la station jusqu’au quartier résidentiel de Parktown North où nous logerons.

“A pied”... un tel détail mérite mention…Première surprise en effet pour le visiteur prétorien que nous sommes, habitué du confort ouaté des courses en Uber ou des joies paisibles de la voiture de fonction; Joburg est une ville où, à défaut d’y être pleinement souverain - la ville demeure, à l’image du pays tout entier, l’apanage de l’automobiliste -, le piéton a parfois droit de cité. Quelle joie et quelle griserie donc, pour l’amoureux des longues promenades ou, plus simplement, pour l’adepte de la flânerie, de pouvoir à nouveau s’adonner à ce loisir vieux comme l’humanité: marcher. 

 

Heritage Day à Parkview

Passée l’excitation des premiers moments, c’est dans un quartier en fête que se passe la suite de notre week-end. Le quartier de Parkview qui, tout à la joie et aux célébrations du Heritage Day, nous a fait l’impression d’un havre de paix et de tranquillité, de bonheur suspendu, de parfaite osmose. Le mot même de “quartier” semble en partie abusif, tant ce charmant pâté de maison paraissait davantage s’apparenter à une manière de village; un village enjoué, rieur, sûr de son tranquille bonheur et de sa paisible convivialité ; un de ces lieux, en un mot, dont a coutume de dire, peut-être un peu facilement, qu’il y “fait bon vivre”. 

 

Parkview


 

Les montagnes russes du Gold Reef City

Cette relation serait incomplète sans une mention du Golden Reef Theme Park et de ses capiteuses attractions où, suivant les courbes sinueuses de ces grands bras de fer, nous avons parfois cru nous élancer vers le ciel. Mais de telles expériences ne se racontent pas; sitôt narrées, elles se figent et perdent de leur force; elles se vivent plutôt; et je n’ai plus qu’à souhaiter aux plus téméraires de nos lecteurs de s’y frotter, si ce n’est déjà fait.

 

Gold Reef City

 

Quelle population y avons-nous trouvé ? De tout, à vrai dire: jeunes, moins jeunes, familles, couples, scolaires…une population bigarrée, gaie, joyeuse; pareille, en somme, à celle d’un pays qui s’est longtemps flattée du beau nom de “nation arc-en-ciel”.
 

Leçon d’humanité 

Sans doute - une ville demeurant avant tout imprégnée de ceux qui l’habitent - retiendrons-nous surtout de cette brève escapade à “Jozy”, cette conversation simple mais si pleine de saveur avec un chauffeur Uber, malawite par les origines, mais assurément Homme au plein sens du mot par la générosité et par le sens si rare d’humanité et de fraternité qui se dégageait de chacune de ses paroles…Quand je lui demandais: - “Et toi, qu’escomptes-tu de ton avenir ?” Il me répondait, avec le sourire des humbles à qui la vie à appris à ne se fier qu’à eux-mêmes, “I’ll hustle a bit more, and then, when it will be time, I’ll return back home…”
 

Malgré une réticence initiale, c’est le coeur léger et l’esprit tout chargé des souvenirs de ces deux jours que nous sommes rentrés à Pretoria, bien décidés, un jour, à refaire le voyage de Johannesburg.  

 

 

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