Édition internationale

LP4Y Indonésie ouvre un green village à Bogor pour accompagner les jeunes vers l'emploi

Présent en Indonésie depuis dix ans, le mouvement LP4Y (Life Project 4 Youth) accompagne des jeunes  en situation d’exclusion vers l’insertion sociale et professionnelle. En une décennie, près de 800 jeunes Indonésiens, dont 63% de femmes, ont suivi une formation de 6 mois avec les Catalysts (accompagnateurs) de LP4Y. Un programme qui a permis à 73% d’entre eux de trouver un travail décent. Après Jakarta et Surabaya, l’organisation s’apprête à ouvrir un Green Village à Cileungsi, près de Bogor. Un centre résidentiel destiné notamment à toucher des jeunes femmes parmi les plus vulnérables et issues des zones rurales.

LP4Y va ouvrir un green village à Bogor sur un terrain de près de deux hectares.LP4Y va ouvrir un green village à Bogor sur un terrain de près de deux hectares.
Le chantier du green village de LP4Y à Bogor
Écrit par Lepetitjournal Jakarta
Publié le 8 octobre 2026

LP4Y est présente dans 14 pays à travers le monde dont l’Indonésie

Créé en 2009 aux Philippines par deux Français, Laure et Jean-Marc Delaporte, LP4Y est aujourd’hui une alliance d’associations et d’organisations locales présentes dans 14 pays, dont huit accueillent des programmes de formation. En Indonésie, LP4Y a ouvert son premier centre à Jakarta en 2016 dans le quartier de Cilincing, avant de s’installer à Surabaya en 2021. En dix ans, près de 800 jeunes Indonésiens ont été accompagnés par LP4Y.

L’objectif est partout le même : permettre à des jeunes issus de la grande pauvreté, éloignés des études et du marché du travail, d’acquérir les outils nécessaires à leur insertion sociale et professionnelle. « On ne leur apprend pas un métier en particulier. L’idée est de leur donner des outils qui leur permettent de s’insérer professionnellement, d’être autonomes, de prendre confiance en eux et de faire les premiers pas vers un projet global de vie », explique Marie Miannay, coordinatrice de LP4Y en Indonésie. 

Les programmes sont financés par des partenaires qui peuvent aussi accueillir des stagiaires ou faciliter l’accès à l’emploi en proposant des simulations d'entretien, des trainings et des company visit par exemple. En Indonésie, l’organisation travaille notamment avec MANE, Decathlon, TechnicoFlor, Veolia, l’Institut français d’Indonésie (IFI), Michelin ou le Club 0.7% regroupant des diplomates autrichiens qui reversent 0,7 % de leur salaire à des projets de développement.

De jeunes Indonésiens qui ont six mois pour construire un projet

Les deux centres de Jakarta et Surabaya fonctionnent selon le modèle des Training and Development Centers. Pendant six mois, cinq jours par semaine, les jeunes participent activement des formations à la citoyenneté, au monde professionnel, rencontrent des professionnels et apprennent à évoluer dans le monde de l’entreprise. L’accent est mis sur les soft skills : confiance en soi, communication, anglais, travail en équipe ou capacité à mener un projet.

Afin d’être confrontés au réel, les jeunes gèrent également la micro-entreprise « Care for 4 Change » organisée comme une véritable société, avec des pôles communication, finance et ressources humaines, formation et partenariats. Cette micro-entreprise propose des services à la communauté de Cilincing, dont la collecte, le nettoyage et le remplissage de bonbonnes avec de l’eau filtrée à prix réduit

Par ailleurs, deux semaines de stage leur offrent souvent une première expérience professionnelle. Le dernier mois est entièrement consacré à la recherche d’emploi : CV, simulations d’entretien et candidatures.

Mais l’ambition dépasse le seul accès à un premier emploi. Chaque participant construit son projet de vie, une feuille de route qui doit transformer un rêve de vie en étapes réalisables. « On les accompagne pour les autoriser à rêver plus grand », explique Marie. 

Grâce à cette méthode, ils sont ainsi 73 % à avoir trouvé un travail. Avec de belles réussites comme celle de Dian qui a grandi dans un bidonville de Jakarta et qui travaille aujourd’hui comme designer dans une entreprise de parfumerie. Ou encore Abi, qui après avoir été accompagné six mois par LP4Y à Surabaya, réalise son rêve de travailler au Japon.

LP4Y se développe avec un Green Village au milieu des champs à Bogor

l'équipe de LP4Y Bogor en plein travail
Une partie de l'équipe de LP4Y travaille au milieu des échafaudages de leur futur centre de Bogor.

LP4Y veut désormais élargir son action au-delà des grandes villes. À Cileungsi, près de Bogor, l’organisation est sur le point de lancer avec l’ONG indonésienne KDM un Green Village installé sur un terrain de près de deux hectares. Le choix d’un modèle résidentiel doit permettre d’accueillir non seulement des jeunes de la région, mais également du centre de Java et potentiellement d’autres îles. « Des Green Villages fonctionnent déjà en Inde, au Népal et aux Philippines », souligne Mailan Oberlé qui sera en charge du Green Village de Bogor après un an passé dans le centre de Surabaya.

Ici, le programme durera trois mois et pourra accueillir à terme entre 40 et 60 jeunes simultanément. Les candidats, âgés principalement de 18 à 25 ans, doivent être sans emploi et ne pas avoir poursuivi d’études supérieures. « La motivation constitue le principal critère de sélection », insistent les responsables de LP4Y. Le logement sur place sera réservé aux femmes, les hommes pouvant suivre les activités durant la journée.

Ici encore, il ne s’agit pas de former directement à un métier mais de développer des compétences adaptées au contexte rural. Le site comprendra quatre micro-entreprises, un espace agricole et un restaurant végétarien utilisant notamment les produits cultivés sur place. « On voulait aussi proposer cette solution pour s'adapter aux besoins de ce public issu de la ruralité ». Les micro-entreprises seront ainsi plutôt axées sur l’éco-tourisme.

L’ouverture du site est prévu le 27 Octobre, n’hésitez pas à leur rendre visite. 

 

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