Les élections consulaires sont importantes pour tous les Français de l’étranger. Elles auront lieu du 22 au 27 mai par internet, et le 31 mai à l’urne. Quatre listes sont candidates pour représenter les Français en Inde, au Népal, au Bangladesh et au Sri Lanka. Nous leur avons posé la même série de questions par écrit. Voici leurs réponses pour vous aider à choisir au mieux vos représentants.


Nous débutons par Cécile D'Ascoli pour la liste En avant, ensemble.

Pouvez-vous vous présenter et présenter votre liste ?
Installée en Inde depuis 2009, j’y ai construit ma vie familiale et professionnelle. Cheffe d’entreprise, j’ai cofondé avec mon époux la marque d’Ascoli. Mère de deux filles qui ont été scolarisées au Lycée Français, je me suis engagée très tôt dans la vie de notre communauté, d’abord au conseil d’établissement, puis au sein de l’Association de Bienfaisance, que j’ai aujourd’hui l’honneur de présider.
Depuis 2021, je suis élue conseillère des Français de l’étranger. Ce mandat m’a permis d’être au plus près des réalités vécues par nos compatriotes et de les accompagner dans des situations très concrètes.
La liste que je conduis est composée de Français profondément ancrés en Inde. Nous partageons une connaissance fine du pays, acquise à la fois par nos parcours professionnels et les nombreuses années que nous y avons vécues.
Nous sommes avant tout une équipe soudée. Nous nous connaissons depuis longtemps, à travers nos engagements communs, notamment au sein des Conseillers du Commerce Extérieur, mais aussi à titre personnel. Nos familles et nos enfants sont liés depuis des années.
Beaucoup d’entre nous sont entrepreneurs ou impliqués dans le tissu économique local, ce qui constitue aujourd’hui un atout rare et précieux.
Notre force, c’est cette double légitimité : une expérience solide de l’Inde et un engagement réel au service des Français.
Connaissez-vous les pays de la circonscription ? Quelle est votre expérience de ces différents pays ?
La 1re circonscription couvre un territoire vaste et contrasté : l’Inde, le Bangladesh, le Népal et le Sri Lanka, avec des réalités très différentes selon les pays.
Je me suis attachée à aller sur le terrain pour comprendre ces spécificités. Au Népal, j’ai eu l’occasion de me rendre à plusieurs reprises. J’y ai notamment assisté à l’inauguration des nouveaux locaux de l’Alliance Française et rencontré la communauté française à l’invitation de l’ambassadeur, M. Gilles Bourbao.
J’ai été particulièrement marquée par la forte solidarité de cette communauté, notamment à travers l’Association de Bienfaisance. C’est une communauté diverse, souvent ancrée localement, avec de nombreux couples franco-népalais et une présence importante dans le secteur du tourisme.
Lors de mes déplacements, j’ai également visité le Lycée Français et participé à un conseil de sécurité, un moment essentiel dans un pays encore marqué par le séisme de 2015.
Je suis également fière d’avoir pu accompagner un couple franco-népalais dans leurs démarches en France pour l’adoption de leur fils, en lien avec un avocat.
Je me rends aussi régulièrement au Sri Lanka dans le cadre des conseils consulaires. En 2022, je n’ai pas hésité à m’y rendre malgré une situation politique et économique très tendue, afin de soutenir la communauté française.
Cette communauté a été particulièrement éprouvée après la crise du Covid, mais elle bénéficie d’un accompagnement solide des équipes de l’ambassade.
En 2023, j’ai également assisté à l’inauguration des nouveaux locaux de l’Alliance Française.
J’ai par ailleurs accompagné la sénatrice Samantha Cazebonne en 2025 lors de sa visite en Inde, notamment dans les lycées français et au sein du réseau des Alliances Françaises.
Ces expériences me permettent d’avoir une connaissance concrète, humaine et précise de la circonscription.
Comment définissez-vous le rôle d’un conseiller consulaire ?
Le rôle d’un conseiller consulaire est avant tout celui d’un élu de proximité.
Nous sommes un relais entre la communauté française et les équipes consulaires. Cela implique de bien connaître les réalités de nos compatriotes, d’être à leur écoute et de faire remonter leurs préoccupations auprès des autorités.
Le conseiller consulaire participe également aux décisions concrètes, notamment en matière de bourses scolaires, d’aides sociales et de soutien aux associations.
C’est un rôle profondément humain, qui exige disponibilité, écoute et capacité à agir.
Quelle est votre priorité n°1 pour les Français de la circonscription ?
Ma priorité est simple : que chaque Français qui en a besoin soit écouté et accompagné.
Cela concerne les familles, notamment sur les questions de bourses scolaires et d’accès à l’éducation. Il est essentiel que ces dispositifs soient justes et accessibles.
Je suis également très attentive à l’accompagnement des enfants en situation de handicap, un sujet encore trop complexe pour de nombreuses familles à l’étranger.
La protection sociale est un autre enjeu majeur : elle doit être plus lisible et plus accessible.
Enfin, je souhaite porter une attention particulière aux personnes les plus vulnérables, notamment les personnes âgées, qui peuvent se retrouver isolées.
Le soutien aux associations est également essentiel. Même si nous bénéficions à Delhi d’équipes très dynamiques, il est important de continuer à les accompagner et à valoriser leur rôle.
Être élue, c’est veiller à ce que personne ne soit laissé de côté.
Pouvez-vous nous détailler les grands axes de votre programme pour ces élections ?
Mon programme s’articule autour d’un objectif clair : préserver ce qui fonctionne, tout en améliorer concrètement le quotidien des Français.
Le premier axe concerne la protection sociale. Je serai particulièrement attentive à la mise en œuvre des 12 propositions issues des Assises de la protection sociale, afin de rendre les dispositifs plus simples, plus justes et plus accessibles.
Le second axe porte sur l’éducation. Le Lycée Français est bien plus qu’un établissement scolaire : c’est une véritable deuxième maison pour nos enfants. Il est essentiel de préserver la qualité de l’enseignement, l’accueil et les conditions de vie des élèves.
Cela passe par une écoute attentive des enseignants comme des parents d’élèves, ainsi que par un accompagnement adapté des familles.
Je suis également attachée au maintien et à l’amélioration du système des bourses scolaires.
Enfin, je souhaite porter une attention particulière à la santé mentale, grande cause nationale en 2025, qui doit également être pleinement prise en compte pour les Français de l’étranger.
Préserver nos acquis, tout en les adaptant aux réalités d’aujourd’hui.
Que proposez-vous pour améliorer l’accès aux écoles françaises (places, coûts, qualité) ?
Les lycées français à l’étranger sont un atout majeur pour la France, reconnus pour leur qualité et leur prestige.
Il est indispensable de renforcer cette excellence : développer le bilinguisme, investir dans les infrastructures, accompagner la formation des enseignants et valoriser leur engagement.
Bien sûr, tout cela a un coût. Mais il est essentiel de garantir que les familles françaises puissent continuer à y accéder, notamment grâce aux bourses scolaires.
Près de 50 % des élèves étant étrangers, ces établissements contribuent pleinement au rayonnement de la France à l’international.
Investir dans nos lycées, c’est investir dans l’avenir.
Êtes-vous favorable à une évolution des bourses scolaires ? Si oui, comment ?
Le système des bourses scolaires est essentiel.
Il doit évoluer pour être plus lisible et plus juste. La prise en compte des actifs, notamment immobiliers, peut parfois pénaliser des familles sans refléter leur réalité financière.
Une réflexion pourrait être menée pour recentrer davantage l’évaluation sur les revenus.
Cela étant dit, les demandes restent aujourd’hui stables et bien suivies.
Mon approche est pragmatique : améliorer sans fragiliser l’équilibre du système.
Quelles actions pour ceux qui ne peuvent accéder aux écoles françaises ?
Ces situations doivent être étudiées au cas par cas, avec un rôle central du consulat.
Il est important d’accompagner les familles, de valoriser les alternatives éducatives et de maintenir un lien avec le système éducatif français.
L’objectif est de garantir un parcours éducatif de qualité pour chaque enfant.
Comment soutenir les Français qui cherchent un emploi localement ?
Soutenir l’emploi local passe avant tout par l’accompagnement et le réseau.
Mon expérience de cheffe d’entreprise, ainsi que celle de mes colistiers, constitue un véritable atout. Nous connaissons les réalités du marché local, ses exigences et ses opportunités.
Mon engagement en tant que conseillère du commerce extérieur de la France me permet également de disposer d’un réseau professionnel solide, en France comme en Inde.
Concrètement, nous agissons déjà :
- nous orientons les Français dans leurs démarches
- nous partageons et relayons des profils
- nous mettons en relation avec des acteurs économiques locaux, notamment indiens
L’enjeu est de créer des passerelles concrètes entre les Français en recherche d’emploi et les opportunités existantes.
Que pouvez-vous faire pour les entrepreneurs français à l’étranger ?
L’entrepreneuriat en Inde est une véritable opportunité, mais c’est aussi un parcours exigeant, parfois complexe, avec de nombreuses difficultés et imprévus.
Mon rôle, en tant qu’entrepreneure et élue, est d’accompagner concrètement ceux qui se lancent ou se développent.
Je souhaite avant tout partager mon expérience, mais aussi mettre à disposition un réseau solide, construit au fil des années. En Inde, disposer de relais locaux fiables est essentiel : sans un réseau indien, il est difficile d’avancer sereinement.
Avec mes colistiers, nous disposons de cette connaissance du terrain et de ces contacts, que nous souhaitons mobiliser au service des entrepreneurs français.
L’enjeu est de faciliter les parcours, d’éviter les écueils et de créer des passerelles concrètes entre les acteurs économiques.
Comment améliorer l’accès à la santé pour les Français (assurances, CFE, soins locaux) ?
L’accès à la santé est un sujet essentiel pour les Français de l’étranger.
À titre personnel, je suis adhérente à la Caisse des Français de l’Étranger depuis 17 ans, et j’en suis satisfaite. C’est un dispositif précieux, notamment pour assurer une continuité de couverture.
Cependant, des améliorations sont nécessaires. En particulier, il manque aujourd’hui des partenariats avec des établissements de santé reconnus localement. En Inde, l’offre médicale est de grande qualité, avec des hôpitaux performants, mais les assurés doivent souvent avancer les frais, ce qui peut devenir très difficile en cas d’opération lourde ou d’imprévu.
Il est donc essentiel de travailler à :
- développer des partenariats avec des hôpitaux de référence
- faciliter les procédures de prise en charge
- limiter l’avance de frais pour les patients
Pour les foyers les plus modestes, il existe des dispositifs d’aide à la CFE, qu’il est important de mieux faire connaître et d’accompagner.
Par ailleurs, il ne faut pas oublier que le système de santé local est très attractif, tant par la qualité des soins que par les coûts. Encore faut-il être bien orienté.
Depuis mon arrivée en Inde, je partage régulièrement des contacts de professionnels de santé fiables, y compris avec l’ambassade, afin d’aider au mieux les Français.
L’enjeu est clair : mieux accompagner, mieux informer et faciliter concrètement l’accès aux soins.
Votre position sur le coût et la couverture de la CFE (Caisse des Français de l’étranger) ?
La Caisse des Français de l’étranger est un dispositif essentiel, mais elle doit aujourd’hui évoluer pour rester attractive.
La hausse des cotisations s’explique en partie par une baisse du nombre d’adhérents. Cela pose une question de fond : celle de l’attractivité de l’offre. Il est nécessaire de repenser les services proposés, sans se limiter à une logique d’augmentation des tarifs.
Je pense qu’il serait pertinent de développer des offres plus adaptées, notamment sous forme de packages pour les expatriés travaillant dans de grands groupes, avec des services de qualité et une meilleure lisibilité.
Dans le contexte indien, la CFE reste néanmoins un dispositif particulièrement intéressant. Grâce au niveau compétitif des tarifs hospitaliers, elle permet une prise en charge très importante — parfois proche de 100 % — notamment pour les actes lourds.
L’enjeu est donc double : préserver cet avantage tout en modernisant l’offre pour la rendre plus attractive et accessible à un plus grand nombre de Français.
Comment renforcer le lien entre les Français (isolement, entraide) ?
Le tissu associatif est, et restera, le premier levier pour renforcer le lien entre les Français à l’étranger.
Les associations jouent un rôle essentiel : elles créent du lien, accompagnent les nouveaux arrivants, soutiennent les plus fragiles et permettent de rompre l’isolement.
Nous avons la chance, dans des villes comme Delhi ou Mumbai, mais aussi au Népal, de pouvoir compter sur des associations dynamiques, où les Français sont bien identifiés et accompagnés.
Il est donc essentiel de continuer à les soutenir, à valoriser leur action et à encourager les initiatives locales.
Renforcer le lien entre les Français, c’est d’abord s’appuyer sur ces acteurs de terrain, qui sont au cœur de notre communauté.
Quel rôle pour les élus consulaires en cas de crise (politique, sanitaire, catastrophe) ?
En période de crise, le rôle des élus consulaires est essentiel.
Mon engagement au sein de l’Association Française de Bienfaisance, que j’ai rejointe en 2017 et que je préside aujourd’hui, m’a permis de mesurer concrètement ce rôle, en complément de mon mandat d’élue.
La crise du Covid en Inde a été une période particulièrement éprouvante. J’ai fait le choix de rester sur place en 2021, aux côtés de nos compatriotes, alors que beaucoup rentraient en France.
Avec les équipes consulaires et les acteurs associatifs, nous avons été pleinement mobilisés. Nous avons apporté un soutien financier à des familles dont la situation s’était fortement dégradée.
J’ai également pu, grâce à mes contacts locaux, assister le consulat pour trouver des places dans les hôpitaux dans des moments de très forte tension sur le système de santé.
Cette période a montré l’importance de la coordination entre les autorités, les associations et les élus de terrain.
En temps de crise, un élu doit être présent, réactif et capable d’agir concrètement pour soutenir les Français.
En quoi votre liste se différencie-t-elle des autres candidatures ? Pourquoi les électeurs devraient-ils vous choisir ?
Notre différence tient d’abord à notre ancrage.
Nous sommes des Français installés en Inde depuis de nombreuses années. Nous connaissons ce pays, ses réalités, ses défis, parce que nous les vivons au quotidien — à travers nos parcours personnels, professionnels et familiaux.
Cette expérience est une force. Elle nous permet de comprendre concrètement les attentes de nos compatriotes et d’y répondre avec justesse.
Nous sommes aussi une équipe soudée, solidaire et profondément humaine. Notre engagement repose sur l’écoute, la bienveillance et la volonté d’accompagner chaque Français, quelle que soit sa situation.
Enfin, nous travaillons en lien étroit avec nos élus nationaux, qui m’ont accompagnée dans mon mandat et ont toujours répondu présents. Cette capacité à agir en réseau est essentielle pour être efficace.
Nous nous inscrivons dans une continuité : celle d’un engagement sérieux, concret et utile, pour défendre et améliorer les conditions de vie des Français de l’étranger.
À vos côtés, avec engagement et bienveillance.
En avant, ensemble
Nom des candidats :
- D’ASCOLI Cécile
- LECLERCQ Jean-Marc
- JANEZIC Micheline
- MICHAUD Cyril-Vincent
- LE BONNOIS Chloé
- JINNURI Manod
Pour en savoir plus sur le vote, rendez-vous sur le site des élections ici.
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