Dimanche 27 septembre 2020
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Expatriation des Français, mais pourquoi partent-ils?

Par Hugo Garcia | Publié le 20/01/2020 à 15:56 | Mis à jour le 20/01/2020 à 15:56
Francais expatriation

Quelles sont les raisons qui poussent nos compatriotes à s'expatrier? Travail, amour ou qualité de vie... autant d'expatriés, autant de raisons différentes. Lepetitjournal.com a souhaité en savoir plus.

Expatriés, étrangers, émigrés ou immigrés (tout dépend du regard porté sur cette population) ces termes qui définissent des Français vivant à l’étranger sont parfois difficiles à définir, à chiffrer et à différencier. Pourtant il existe bel et bien des divergences sémantiques  entre ces termes.  Et ces dernières sont souvent en lien avec la question du pourquoi, c’est-à-dire des motivations. D’ailleurs dans l’imaginaire collectif, outre la temporalité, un immigré entrera dans un pays étranger plus pour des motivations sociales et politiques alors qu’un expatrié sera plus motivé par des raisons professionnelles et économiques. Alors qu’est ce qui pousse ces personnes à émigrer dans un autre pays? Quelles sont leurs motivations pour partir mais aussi pour revenir?

 

Le travail: une des raisons principales de l’expatriation.

Parmi les principales motivations qui poussent les français à l’expatriation, on retrouve les opportunités professionnelles. L’expérience professionnelle ainsi que ce qu’elle peut apporter comme plus value semble être un élément déterminant dans le choix du départ. En effet, l’inscription "expérience professionnelle à l’étranger" sur un CV est de plus en plus valorisée. Il y a aussi l’attrait économique puisque les français à l’étranger gagnent généralement mieux leur vie que les français restés au pays.  Plus de la moitié des français à l’étranger gagnent au dessus de 30 000 euros nets par an, ce qui est plus important que le salaire médian des français. Tout cela est à mettre en parallèle avec les niveaux d’études des expatriés dans la mesure où ces derniers sont majoritairement des personnes plus diplômées que la moyenne française. Enfin il semblerait que les possibilités d’évolution professionnelle notamment avec une carrière plus rapide et une hiérarchie plus souple et moins contraignante qu’en France constituent des raisons motivantes qui amènent les français à quitter leur pays.

Dans les idées reçues sur l’expatriation, certains pensent que l’expatrié cherche avant tout un régime fiscal plus avantageux, mais les données quantitatives démontrent le contraire. Statistiquement une faible minorité est réellement motivée par la fiscalité, c’est avant tout progresser dans sa vie professionnelle qui est source de motivation.

 

Francais Expatriation

 

L’amour, l’intérêt culturel, la qualité de vie et les études poussent aussi à l’expatriation.

L’amour est une des autres raisons principales qui amène à l’expatriation. Si elle est si présente dans les résultats c’est souvent parce que le ou la conjoint(e) accepte de se joindre à l’aventure. Elle peut aussi être liée au fait de se rapprocher du cercle familial ou amical ou encore à des raisons personnelles (retrouver ses racines, ses origines, etc…).

Dans les autres motivations, on retrouve l’intérêt culturel et la qualité de vie. Découvrir une nouvelle culture, de nouvelles mentalités, un autre mode de vie et de nouvelles personnes sont sources d’enrichissement et donc constituent de bonnes raisons pour aller voir ailleurs. Outre l’ouverture d’esprit que cela peut apporter, une qualité de vie différente constitue une motivation supplémentaire, notamment une vie quotidienne qui peut s’avérer moins chère, un climat plus tropical, équatorial, la présence de la mer ou de l’océan, tous ces éléments peuvent pousser les personnes à l’expatriation. Dans les destinations des expatriés on retrouve principalement, l’Europe continentale, l’Afrique et particulièrement l’Afrique francophone, l’Asie-Océanie et l’Amérique du nord. 

Comme dit précédemment, les français qui s’expatrient sont souvent des personnes diplômées mais certains décident de s’expatrier pendant leurs années d’études. En effet, au delà du diplôme attendu, bon nombre d’étudiants choisissent l’expatriation pour développer des compétences linguistiques complémentaires à leur diplôme. A l’heure de la mondialisation, la mobilité semble, en partie, déterminée par des savoirs linguistiques. Réaliser son stage ou ses études à l’étranger représentent, pour ces étudiants une bonne raison pour quitter le pays et une expérience valorisable dans le futur.

 

Mais la vie d’expatrié n’est pas toute rose…

La vie d’expatrié n’a pas que des avantages et comme dans toute expérience, les français rencontrent parfois quelques difficultés dans leur vie quotidienne. Parmi ces difficultés, on retrouve bien évidemment les démarches administratives. Déjà présentes en France, la méconnaissance des systèmes politiques et administratifs à l’étranger peut aussi réserver son lot de contraintes. L’éloignement du conjoint(e), de la famille et des amis est aussi un élément qui ressort souvent dans les difficultés rencontrées par les personnes expatriées. Enfin la langue et la barrière qu’elle constitue pour communiquer peut parfois s’avérer compliquer à dépasser. Apprendre une langue et ses rouages prend du temps et il faut bien souvent prendre son mal en patience pour passer outre ces difficultés d’expression et de compréhension.

Toutes ces barrières peuvent pousser les personnes à rentrer en France si elles s’avèrent difficiles à franchir. D’autres raisons motivent ces individus à retourner dans leur pays natal comme l’absence de culture française, la retraite, ou encore le travail. Ce dernier constitue donc paradoxalement un motif de départ mais aussi de retour dans bien des cas.

 

Francais Expatriation
Clémentine Latron dessine les joies de la vie d'expatrié.

 

L’étude de l’expatriation n’est qu’une question d’ethnocentrisme ou de relativisme culturel. Tous les expatriés sont des émigrés ou immigrés, tout dépend du point de vue que l’on porte sur la question. D’ailleurs ne dit-on pas qu’un européen diplômé qui part vivre et travailler à l’étranger est un expatrié, alors qu’un africain diplômé qui vient vivre et travailler en Europe est un immigré "hautement qualifié". Si l’on compare leurs racines latines, les termes ont pourtant la même finalité: quitter son pays d’origine pour un autre. Souvent confondus ou détournés dans les discours médiatiques et politiques, l’expatrié et l’immigré/ émigré sont pourtant les mêmes, seules leurs motivations et la temporalité peuvent changer.  Si l’on fait abstraction de la notion de masse et de nombre, tous les expatriés sont des immigrés/émigrés mais visiblement tous les immigrés/ émigrés ne sont pas des expatriés. Tout cela n’est qu’une question de regard et d’usage sémantique.

 

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Hugo Garcia

Hugo Garcia

Originaire du Mans et sociologue de formation, Hugo enseigne aussi l’économie, Arrivé à Hong Kong en septembre dernier, il commente pour Le Petit Journal l’actualité, la société et le sport
1 Commentaire (s)Réagir
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Cram Drarig mer 22/01/2020 - 17:59

La question des expatriés français a beaucoup changé en deux siècles. Au début, il s'agissait de l'Amérique Latine ou des Colonies (Afrique, Indochine, etc) soit en carrière privée (plantations, exploitations forestières, représentation de groupes industriels dont on retrace l'histoire dans des livres ou des films) ou en carrière publique (ambassades, consulats, administration coloniale). C'était vie dorée, horaires tropicaux, deux mois de vacances, mais risques divers et maladies tropicales. Vers la fin des trente glorieuses (décolonisation assumée donc fin de la coopération), la France connaissait les premiers problèmes de chômage qui empirèrent avec la crise de l'énergie (premier choc pétrolier de 1971) dont la solution française fut sociale et fiscale et non économique jusqu'à peu (pré-retraites, puis réouverture d'entreprises non rentables, mais postes non remplis d'où immigration, congés étendus, 35h ...) qui vit le chômage progresser sans cesse. Dans ces conditions pour beaucoup, situation financière et carrière fut la motivation principale des expatriations: soit dans le cadre d'un groupe en contrat expatrié, soit en solo et contrat local. La crise de l'énergie ayant redistribué les cartes, et le monde étant avide de pétrole, l'excès de pétrodollars chez les producteurs inonda vite des pays pauvres (Amérique Latine ou Europe de l'Est) qui bientôt ultra-endettés coupèrent leurs investissements. Ainsi les Français expatriés dans ces derniers ne pensaient qu'à revenir au contraire de ceux expatriés dans les Pays du Golfe. Mais la France était toujours en crise économique et les retours anticipés des uns ou programmés des autres se passaient mal dans un pays peu ouvert à l'étranger, aux langues, envieux des autres, et jaloux de leurs acquis. Comme vous dites, cette expérience est maintenant mieux valorisée dans un cv, mais ça a été longtemps le contraire. J'ai rencontré très peu de personnes qui s'expatrient pour connaitre une culture différente, et peu par amour. C'est toujours sa propre situation économique présente et future qui prime. Le reste vient avec (culture, langue, amour...). Mais depuis peu et pour de jeunes diplômés dans les nouvelles technologies délocalisées, tout peu changer. Je connais des cas où l'on peut travailler pour un start-uppeur français situé en Hollande à partir de chez soi au Portugal (spécial jeux vidéo) et un autre récemment diplômé en intelligence artificielle qui a convaincu son employeur français de travailler pour lui à partir du Brésil dont sa jeune femme est originaire. Le monde change en vitesse accélérée. Par ailleurs, depuis 2000 la plupart des nouveaux expatriés sont en contrat local ou en solo, ce qui est toujours plus risqué même si passionnant !

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