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CHERCHER UN TRAVAIL A HONG-KONG - Mode d’emploi

Par Lepetitjournal Hong Kong | Publié le 21/03/2016 à 23:00 | Mis à jour le 21/03/2016 à 16:17

 

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Souvent présenté comme un Eldorado, Hong Kong attire de nombreux Français en quête d'une expérience professionnelle à des kilomètres de l'Hexagone. Les chiffres en témoignent : le nombre de Français augmente chaque année de 6% gonflant la communauté qui avoisine les 20 000 expatriés. La ville aux portes de la Chine séduit avec ses promesses d'opportunités de carrière et de salaires. Mais derrière l'image de carte postale, est-ce si facile de trouver un travail à Hong Kong? Souvent gage d'efforts, parfois de sacrifices, la recherche n'est pas sans embûche et déconvenue. A qui s'adresser à son arrivée ? Quels sont les écueils à éviter ? Quelles sont les clés pour faciliter les recherches ? Le Petit Journal vous livre un mode d'emploi.

Le service Recrutement de la Chambre de Commerce française

L'un des premiers réflexes pour un grand nombre d'arrivants est de taper à la porte de la Chambre de Commerce française qui dispose d'un service de recrutement. Chaque demandeur y est reçu pour un entretien d'une heure afin d'être guidé dans sa démarche et d'évaluer son CV au regard du marché local. Cet entretien peut être d'une aide précieuse si l'on souhaite faire le point sur ses compétences et son projet professionnel. Si certains profils correspondent à la demande d'une entreprise, ils pourront être mis en relation. En 2015, plus de 1100 personnes ont été reçues en entretien.

«L'entretien sert à mettre en avant les forces de leurs profils. Bien souvent, le gros soucis, c'est le manque de maitrise de l'anglais », explique Oriane Chenain, la directrice exécutive de la Chambre.

Toutefois, la Chambre de Commerce de Hong Kong étant un établissement privé, elle n'a pas une obligation de résultats sur le placement des demandeurs d'emploi. Sa vocation première est de proposer à ses entreprises membres des candidats potentiels. En d'autres termes, ce n'est pas « Pôle emploi ».

« Depuis un an et demi, nous n'avons plus de subventions publiques et notre premier objectif est de servir les membres de la Chambre. On continue malgré tout à recevoir tous les Français mais on ne peut pas trouver un travail à tout le monde en un claquement de doigts. Mais globalement, si vous êtes dynamique et jeune, ou si vous travaillez dans les nouvelles technologies et maitrisez l'anglais, vous trouverez un emploi à Hong Kong. Il faut être dans une démarche positive et faire envie aux employeurs. »

Une opportunité de changer de vie et de se repenser

L'écueil le plus répandu d'après la directrice de la Chambre est le manque de préparation des candidats avant leur installation à Hong Kong. Les conjoints d'expatriés seraient les premiers concernés puisque ce sont eux, bien souvent, qui cherchent un emploi une fois sur place.

« Les choses vont très vite à Hong Kong, il ne faut pas perdre de temps en arrivant. Si vous vous installez tranquillement, si vous profitez de la ville les premiers mois, vous finissez par être en décalage avec le marché local. Il faut être actif dès l'arrivée en se mettant dans la peau d'un demandeur d'emploi. C'est indispensable de rester dynamique. Il faut jouer le jeu ! Je sais que ce n'est pas toujours évident. Ce sont bien souvent les conjoints et conjointes d'expatriés qui doivent le plus se réinventer pour se trouver une carrière ici. Mais il faut se dire que c'est une opportunité de changer de vie et de se repenser. »

Johana cherche un emploi depuis quelques mois. Selon elle, au contraire, il n'y a pas matière à culpabiliser si l'on prend le temps de s'installer avant de se mettre à la quête d'un travail. « J'ai suivi mon conjoint à Hong Kong. Quand je suis arrivée ici avec mon fils en bas âge, j'ai pris quelques semaines pour m'approprier la ville. Déménager à Hong Kong n'est pas anodin, il m'a fallut un certain temps pour acquérir les codes. Mais je ne regrette pas d'avoir vécu cette expérience à mon arrivée. A présent, je cherche un travail et je suis très active. » Elle a sollicité le service recrutement qui l'a reçu en entretien.

La Chambre de Commerce collabore également avec le Club Emploi de l'UFE, l'Union des Français de l'étranger en mettant en commun les CV des chercheurs d'emploi.

Club Emploi de l'UFE

Depuis un an, l'UFE propose un « Club Emploi » à destination de toutes les personnes à la recherche d'un travail à Hong Kong. L'inscription à l'UFE est obligatoire pour avoir accès à ce service. L'accompagnement se fait sur deux mois à raison d'une session de trois heures tous les 15 jours. Les objectifs sont, entre autres, de valider le projet professionnel, de faire un bilan de compétences et de rédiger son CV en français et en anglais. Mais au-delà de ces incontournables de la recherche d'emploi, il s'agit également de se soutenir et de partager son expérience en groupe.

Ces sessions ont permis à Mélanie de prendre conscience de la nécessité d'une reconversion. « J'ai eu un déclic lors d'une réunion. Je me suis dit que c'était le moment de me reconvertir professionnellement. Je crois que j'avais besoin d'en parler dans un cadre un peu professionnel comme le club pour en prendre pleinement conscience. Il y a une synergie de groupe qui s'est créée au fil des semaines. On a parlé de choses générales mais aussi des blocages de chacun. On a aussi étudié la manière dont on parlait. C'était très intéressant. »

Créer des liens et partager l'information

Une fois encore, inutile d'attendre de ces rendez-vous un boulot clé en main mais une tournure d'esprit à acquérir, des pistes de réflexion pour s'adapter, s'intégrer au marché local. La distance géographique, l'éloignement familial et l'absence d'aide sociale et d'accompagnement sur le long terme, peuvent en effet décourager les chercheurs d'emploi qui peinent à se trouver une place à Hong Kong.

Lily Ting, formatrice et coach en ressources humaines, a animé la première session de l'année 2016. Pour elle, le Club Emploi donne les bases pour un entretien et apporte un soutien moral. « Il y a beaucoup de travail sur soi pendant ces réunions. C'est l'occasion de prendre un peu de recul sur son parcours et sur ses envies. Et puis, l'idée est aussi de mieux appréhender le marché local. Je suis toujours très surprise de voir des gens étonnés parce qu'on leur demande de maîtriser le cantonais. Imaginez l'inverse en France ! C'est évident qu'il faut parler français pour travailler en France ! Là, c'est pareil ! »

Mais la démarche de recherche d'emploi ne s'arrête pas là. « Il faut faire plus qu'attendre. A Hong Kong, il me semble que c'est plus facile d'approcher les gens alors il ne faut pas hésiter à contacter des employeurs et à faire du networking. Je vois des personnes dynamiques qui trouvent un emploi rapidement. Je dirais qu'il faut entre deux et six mois pour obtenir un poste si la recherche est constante. Mais c'est aussi indispensable de s'aérer la tête, de faire du sport et surtout de ne pas s'isoler. Il faut créer des liens, partager des informations, c'est très important. »

http://www.ufehongkong.hk

Groupe LinkedIn

Ne pas s'isoler. C'est le mot d'ordre de certains chercheurs d'emploi qui ont bien conscience des bénéfices du groupe. A l'issue d'une session du Club Emploi, quatre participants ont décidé de prolonger l'expérience en organisant autour d'un café, deux fois par mois, des échanges d'informations. Un groupe LinkedIn a été créé, intitulée Emploi, Network et Opportunités à Hong Kong et il compte aujourd'hui près de 90 abonnés.

« L'idée étant de faire un tour de table, chacun se présente, demande ce qu'il cherche à Hong Kong, quel type d'emploi et les questions qu'il se pose » explique Johanna, l'une des organisatrices. « Nous sommes sans étiquette, le fonctionnement du groupe est très simple et c'est complémentaire avec les services liés à l'emploi déjà existants. C'est un groupe de soutien. Les têtes changent ; certains trouvent un travail et quittent le groupe au fur et à mesure. Ce qui est plutôt bon signe. On dit qu'à Hong Kong, la plupart des emplois ont été obtenus via du networking. On en est aussi convaincu. »

Fabrice participe aux réunions du groupe. Ce jour-là, il partage avec l'assemblée ses astuces pour contacter directement les employeurs en contournant les chasseurs de tête. Un tuyau parmi d'autres échangés dans les deux heures qui suivent. Chef de projet, Fabrice habite à Hong Kong depuis quatre mois après avoir suivi son épouse. « J'ai établi un comparatif avec ma recherche d'emploi en France en 2012. En quatre mois de recherche à Hong Kong, j'ai répondu à deux fois plus d'annonces, j'ai passé deux fois plus d'entretiens et j'ai obtenu deux fois plus de réponses. C'est vrai qu'après le Nouvel an chinois, il y avait beaucoup d'annonces d'emploi mais nos candidatures sont noyées dans la masse ! Par exemple, Apple a publié une offre d'emploi. Plus de 900 personnes ont répondu ! »

Le groupe s'interroge sur le nombre élevé de Français à Hong Kong. Nicolas est l'un des fondateurs du groupe Linkedin et à ses yeux, le fait d'être occidental n'est plus un avantage pour trouver un emploi : « A une époque, les Occidentaux étaient très demandés parce qu'ils étaient plus diplômés, mieux formés et bien expérimentés. Aujourd'hui ce n'est plus le cas parce que les jeunes Hongkongais sont diplômés d'écoles de commerce et parlent plusieurs langues. »

La concurrence est donc rude face aux demandeurs d'emploi locaux. « Surtout pour les juniors ! Si un Hongkongais vit chez ses parents, il sera peut-être moins regardant sur le salaire qu'un Français qui vient s'installer à Hong Kong. Et puis, il y a une histoire de culture aussi : un Hongkongais acceptera peut-être plus facilement d'avoir très peu de jours de congés. »

Une voisine de table prend la parole à son tour ; « L'avantage à Hong Kong c'est qu'un employeur peut nous offrir une chance malgré le manque d'expérience. On peut rencontrer beaucoup d'enthousiasme. Mais le marché est moins porteur depuis quelques temps. Les entreprises prennent plus de temps pour se décider, elles veulent voir plus de monde pour considérer toutes les possibilités. »

https://www.linkedin.com/groups/8465358

Site d'annonces d'emploi

Dans la liste des bons tuyaux, il y a aussi évidemment les sites d'annonces dont les adresses se transmettent à chaque nouvel arrivant. Entre autres :

-    http://hk.jobsdb.com/hk

-    http://www.indeed.hk

-    http://www.cpjobs.com/hk/

-    http://www.fleximums.com/jobs-in-Hong-Kong-

-    http://www.whub.io

D'après Johana « il ne faut pas passer sa vie dessus mais ça peut fonctionner. Certains d'entre nous ont trouvé via ces sites mais beaucoup n'obtiennent jamais de réponse. »

Géraldine Ruiz (www.lepetitjournal.com/hong-kong) mardi 22 mars 2016

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