Édition internationale

Mayaa Népal et Hong Kong « Nous accompagnons les enfants dans la durée »

À quelques jours de sa soirée de charité “Cabaret by Mayaa", organisée le 7 mai à Hong Kong, l’association Mayaa, fondée par Nicole Sicard, célèbre quinze ans d’engagement auprès d’enfants défavorisés à Hong Kong et au Népal. Mais derrière le succès de cet événement très attendu, l’enjeu est ailleurs : consolider un modèle qui fonctionne, poursuivre l'accompagnement des jeunes vers la vie professionnelle… et surtout mobiliser de nouveaux volontaires, parrains et donateurs. Rencontre avec Fanny Riou, Executive Director de Mayaa et Anne-Sophie Deschatres, bénévole, de retour de mission au Népal.

mayaa nepalmayaa nepal
@Mayaa Népal
Écrit par Didier Pujol
Publié le 16 avril 2026, mis à jour le 20 avril 2026

Au Népal 300 enfants sont soutenus 

Mayaa aujourd’hui, c’est quoi concrètement ?

Au Népal, l’action est globale. Nous prenons en charge tous les frais liés à l’éducation : uniformes, manuels scolaires, fournitures… mais aussi l’accompagnement des familles et le bien-être des enfants. Aujourd’hui, près de 300 enfants sont soutenus, avec un suivi quotidien assuré par trois travailleurs sociaux, 2 professionnels de la petite enfance et la présence d'un médecin à mi-temps au centre de Katmandou.

L’idée, c’est vraiment d’agir sur tous les leviers : santé, hygiène, suivi social, lien avec les familles. Parce que si l’environnement ne suit pas, l’enfant ne peut pas aller à l’école et apprendre dans de bonnes conditions.

À Hong Kong, nous fonctionnons différemment, mais toujours avec le même objectif. Nous travaillons avec une douzaine d’écoles situées dans les quartiers les plus défavorisés. Les demandes d'aide viennent des directeurs ou des travailleurs sociaux : achat de textbooks, uniformes, soutien psychologique… Nous intervenons là où il y a urgence.

 

Donner accès à l’école, puis ouvrir des horizons

Votre action dépasse aujourd’hui le simple cadre scolaire ?

Oui, clairement. À Hong Kong, nous voulons aller au-delá de l’aide financière. Nous essayons de donner accès à la culture, et à des expériences que ces enfants n’auraient pas la chance de connaître autrement.

Certains ont pu découvrir des expositions immersives en réalité virtuelle, d’autres ont participé à des ateliers artistiques grâce au French May. Ce sont des moments clés : cela ouvre leur imaginaire et leur crée des souvenirs.

Nous travaillons aussi sur des projets à venir avec des partenaires culturels, et des mécénats de compétences pour agrandir encore notre le champs de nos actions à Hong Kong.

 

L’enjeu aujourd’hui, c’est l'avenir des enfants après l’école 

Après 15 ans, les premiers enfants grandissent. Que se passe-t-il ensuite ?

Nous commençons à avoir des jeunes qui entrent à l’université, certains même vont étudier à l’étranger. Ce sont nos premières “success stories” dont nous sommes très fières.

Mais il faut aller encore plus loin : comment pouvons-nous les accompagner vers une vie professionnelle ? Comment pouvons-nous éviter qu’ils s’arrêtent prématurément ?

Nous mettons en place des entretiens individuels avec les travailleurs sociaux pour les aider à s’orienter au mieux et à choisir les bonnes voies professionnelles. Nous développons aussi des formations qualifiantes ou professionnalisantes. Par exemple, récemment, certaines jeunes filles ont suivi une formation manucure, qui peut déboucher sur des emplois dans le domaine du bien-être ou du tourisme.

L’objectif, c’est de créer des également des passerelles concrètes vers l’emploi, grâce à des partenaires locaux.

 

Au Népal, il faut rappeler qu’une fille a le droit à l’école 

Vous portez une attention particulière aux jeunes filles ?

Le Népal reste une société très patriarcale. Les jeunes filles peuvent être retirées de l’école pour apporter de l'aide au foyer ou être mariées de force très jeunes, bien avant leur majorité.

Nos travailleurs sociaux sont très vigilants sur ces situations. Ils sensibilisent les familles, organisent des rencontres, et rappellent que l’éducation est essentielle aussi bien pour les filles que pour les garçons.

Nous avons aussi une règle très claire : en cas de mariage précoce, l’aide financière apportée par l'association aux familles s’arrête afin de les dissuader, mais le lien humain, lui, perdure quoi qu'il arrive.

 

sport
Sport Day organisé par les 14 bénévoles et les 7 travailleurs sociaux

 

Des jeunes de Hong Kong ont voulu aller au Népal

Anne-Sophie, vous revenez d’une mission avec des élèves. Qu’est-ce qui vous a marquée ?

Nous avons lancé le projet et des élèves du Lycée français sont venus nous voir en disant : “Nous voulons comprendre, nous voulons voir, nous voulons aider”.

Nous sommes donc partis avec 14 jeunes de 14 à 17 ans et 7 accompagnants. Pendant une semaine, ils ont donné des cours d’anglais et d’informatique, organisé des activités, animé une journée sportive, et distribué des donations (vêtements, produits d'hygiène, jouets, fournitures scolaires...) dans les bidonvilles. Ils avaient apporté près de 600 kilos de généreuses donations collectées à Hong Kong et des ordinateurs donnés par le Lycée français.

Mais le plus marquant, c’est la confrontation avec la réalité : voir les enfants à l’école, puis découvrir leurs conditions de vie familailes dans les bidonvilles et leurs histoires. Cela change complètement le regard.

Et cela crée de l’engagement. Beaucoup veulent d'ailleurs continuer à nous aider, notamment sur les événements à venir comme le cabaret.

 

À Hong Kong, nous avons besoin de monde

Comment peut-on aider Mayaa aujourd’hui ?

Très simplement : en donnant du temps, des compétences, ou des moyens.

L’association fonctionne presque uniquement grâce au bénévolat. À Hong Kong, nous sommes seulement une dizaine de personnes très investies pour une charge de travail importante. Et nous avons besoin de renfort, surtout en communication, en organisation d’événements pour lever des fonds, et en gestion des partenariats.

Tout le monde peut aider Mayaa. Il n’y a pas de profil type, juste de l'envie, de l'intérêt pour cette cause et de la motivation.

 

cabaret

 

Le cabaret Mayaa , c’est une porte d’entrée

Parlons de la soirée du 7 mai. Pourquoi ce format “cabaret” ?

Nous cherchions un événement de fund raising plus impactant. Avant, nous faisions un concert annuel, mais nous avions besoin de nous renouveler et de lever davantage de fonds.

Le cabaret, c’est un dîner-spectacle avec la présence d'artistes professionnels : musiciens, chanteurs, danseurs, magicien… Le tout, organisé dans le cadre du French May. C’est un évènement plus structuré, plus qualitatif, et qui permet de lever plus de fonds.

Mais surtout, c’est une vitrine. L’objectif, ce n’est pas de remplir la salle, c’est de faire connaître Mayaa, ses actions et donner envie de s’engager à nos côtés.

 

Parrainer un enfant, c’est concret 

Et pour ceux qui ne peuvent pas venir ?

Il y a deux grandes façons d’aider l'association.

La première, c’est le parrainage : à partir de 2.000 HKD par an, nous finançons l’éducation complète d’un enfant au Népal. C’est une action très concrète.

La seconde, ce sont les dons, notamment à Hong Kong, pour financer du matériel scolaire, des uniformes ou des besoins spécifiques identifiés par les directeurs des écoles que nous soutenons.

 Et il ne faut pas oublier : chaque dollar est utilisé directement pour les enfants. L’association n’a pas de structure lourde, pas de bureaux, pas de frais inutiles. Tout repose sur le volontariat et une gestion des fonds très appliquée.

 

L’enjeu, ce n’est pas de grandir mais de durer

Quel est le grand défi pour les années à venir ?

Nous avons atteint aujourd'hui une taille critique qui correspond à nos ressources et nos finances. Nous aidons plus de 300 enfants au Népal et 400 à Hong Kong. Nous pourrions vouloir grandir encore, mais ce n’est pas notre objectif.

Notre véritable enjeu, c’est la pérennité. S’assurer que nous pourrons faire perdurer ce soutien dans 5, 10, 15 ans. Nous voulons garder une gestion saine, transparente, et responsable.

Et surtout, nous voulons continuer à accompagner les enfants le plus loin possible.

Le mot de la fin ?

Le Cabaret by Mayaa est un moment fort, mais en réalité, Mayaa, c’est toute l’année. Aujourd’hui, nous avons besoin de nouvelles énergies pour continuer l’aventure. Rejoindre Mayaa, c’est s’engager concrètement aux côtés d'une équipe dynamique et investie, et cela peut vraiment changer des vies

  • Soirée Cabaret de Mayaa (encore quelques places, dépêchez-vous) : ici
  • Soutenir Mayaa par un parainage, un don ou devenir volontaire : ici 

 

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos