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MAXIME – Ce Français fait le tour du monde… avec un euro par jour

Par Lepetitjournal Hong Kong | Publié le 28/07/2016 à 22:00 | Mis à jour le 17/07/2016 à 13:56

 

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Depuis huit mois, Maxime fait le tour du monde en dépensant 1 euro par jour. Depuis fin décembre, il séjourne à Hong Kong, l'une des villes les plus chères de la planète. Le Français a réussi à se créer un quotidien dans une auberge de Kowloon sans déroger à ses principes.

Maxime devant le Victoria Harbour à Hong Kong

Malgré les températures basses en ce début de février, Maxime est habillé d'un tee-shirt et d'un short. « On s'habitue à tout ! J'ai connu pire ! ». Dans les rues de Kowloon, un enfant hongkongais l'interpelle : «  Tu n'as pas froid ? » Maxime rassure le petit garçon et se retourne avec une réflexion : « C'est rare que quelqu'un me parle spontanément ici ! » Une petite phrase qui résume, en partie, son aventure à Hong Kong.

Tout débute le 15 mai 2015 quand Maxime ferme la porte de sa maison dans le sud-est de la France. Il porte sur son dos seulement quelques vêtements. Rien dans ce voyage n'est planifié. Le parcours comme le budget relèvent davantage du hasard et des rencontres que d'un choix calculé.

« Je n'avais pas de plan précis. J'ai marché jusqu'au rond-point en bas de chez-moi et j'ai tendu le pouce. La première voiture qui s'est arrêtée, partait en direction de Lyon. C'est ainsi que mon voyage a commencé » explique le jeune-homme de 23 ans sans se départir de son sourire.

« On m'offre le gîte et le couvert »

Une simple main levée signe le début d'une grande aventure. Entre la demeure à Valence et le quotidien à Hong Kong, Maxime a traversé une trentaine de pays en faisant du stop. De la France à la Moldavie, en passant par l'Iran et l'Afghanistan. « Jamais, je n'aurais cru que ce serait possible. »

Bien sûr, il y a quelques exceptions, des trains et des bus pris en de rares occasions. Des trajets généralement « offerts » par ses conducteurs qui refusaient de le laisser sur le bord de la route.

Après quelques semaines de vadrouille, le voyageur évalue ses dépenses quotidiennes à un euro par jour. Dès lors, il se met au défi de maintenir ce budget sur la durée, même si cela implique de ne pas toujours manger à sa faim.

« Je ne dépense rien. Seulement les frais de visa. Très souvent, je me fais héberger chez l'habitant. Je raconte mon voyage aux gens que je croise et certains m'invitent à rester chez eux. On m'offre le gîte et le couvert. Il y a des cultures plus réceptives que d'autres. Par exemple, en Iran, je recevais des invitations tous les jours et j'étais reçu comme un roi ! J'étais l'attraction du village ! Certains n'allaient pas travailler pour passer la journée avec moi. Mais en règle général, plus je m'éloigne de l'Europe, moins les gens comprennent ma démarche. »

Hong Kong, l'étape la plus difficile de son voyage

Fin décembre, il s'approche de Hong Kong après un séjour fatiguant en Chine où les différences culturelles l'ont laissé parfois pantois. « C'était tout ou rien. Certains me proposaient beaucoup d'argent pour que je me paye un hôtel, d'autres m'ignoraient totalement. Peu d'entre eux m'ont laissé entrer chez eux. J'avais du mal à me faire entendre. »

Maxime rêve alors du port aux parfums, ville dont il imagine les m?urs proches de celles en Europe. « J'étais fatigué en arrivant ici. J'avais besoin de routine. Avant de débarquer, j'avais dressé une liste de souhaits pour cette ville, comme avoir du repos et prendre le temps de parler avec ma famille et mes amis. Je me disais qu'ici, ça serait plus facile qu'ailleurs.» Il se trompe. Hong Kong apparait comme l'étape la plus difficile de son voyage.

« J'ai dormi les trois premières nuits dehors. J'arrêtais les gens dans la rue pour leur parler de mon projet mais ils me regardaient bizarrement. Je ne savais pas comment m'y prendre avec eux. Souvent, on me disait « mais va au MacDo ! ». Je ne comprenais pas. Les habitants ne prenaient pas le temps de m'écouter. Beaucoup semblent très pressés. »

Ereinté mais tenace,il contacte des églises, des auberges, des associations. Il propose du volontariat en échange d'un lit. Au consulat de France, il fait choux blanc. La femme qui le reçoit lui fait remarquer : « Vous proposez votre aide mais en réalité c'est vous qui avez besoin d'aide ».  Elle lui laissera finalement utiliser un ordinateur.

Une sensation de vide au creux du ventre

La galère a une fin. Une auberge à Kowloon l'accueille. En échange d'un toit, on lui propose d'être veilleur de nuit. Il accepte, soulagé.

Un mois plus tard, début février, il se sent mieux, reposé. Et surtout, il n'a pas fait d'entorse à son budget. Il tient son euro par jour en adaptant son mode de vie à cette ville onéreuse : la marche à pied à défaut du MTR et des litres de soupes chinoises lyophilisées pour remplir son estomac.

Maxime avoue ressentir parfois cette sensation de vide au creux du ventre. « Je me suis fait des amis, et souvent ce sont eux qui m'apportent un peu de pain à l'auberge ou qui m'invitent au restaurant. Je donne des cours de français aussi en échange de nourriture. Je ne veux pas d'argent. » Le jeune-homme affectionne l'idée qu'il peut trouver ce dont il a besoin d'une façon créative.« Parfois ça me pèse, je me sens prisonnier de mon objectif. Je sais aussi que dans l'avenir, je serai capable de redonner au quintuple tout ce que l'on m'a donné. »

Le don fait la beauté de son voyage comme ces amitiés éphémères avec des habitants. Car finalement, à Hong Kong, comme partout ailleurs, Maxime ne reste jamais seul très longtemps.

La fin du nouvel an chinois signe son départ. Dans quelques jours, il repartira dans le sud de la Chine. En stop et avec un euro par jour.

Géraldine Ruiz (www.lepetitjournal.com/hongkong) reprise du 16 février 2016

Crédits photos Géraldine Ruiz

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