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A quelques jours de la compétition de Dragon boat qui se déroulera à Stanley samedi 20 juin à l'occasion du festival éponyme, toutes les équipes que compte le territoire sont à l'entraînement intensif. Les French Froggies, la team 100% féminine de l'association Hong Kong Accueil, ne font pas exception. Après les bons résultats obtenus aux Warm Ups le mois dernier, les rameuses françaises sont plus que jamais prêtes à en découdre. Le Petit Journal est monté à bord du bateau des compétitrices.
« C'est le plus grand événement au monde consacré à ce sport traditionnel chinois. ». Entraîneur de dix d'équipes de Dragon Boat, Maurice Szeto attend avec impatience l'édition 2015 des championnats internationaux qui se dérouleront à Stanley le 20 juin.
L'équipe des French Froggies sur la plage de Stanley © Alexandra Aubin
Les courses de « bateaux dragon » font partie intégrante du patrimoine chinois, une discipline qui n'était autrefois pratiquée que par les pêcheurs locaux pour célébrer le Tuen Ng Festival (lire l'encadré ci-dessous). Ce n'est qu'à partir des années 1970 que cette fête traditionnelle attire à Stanley les premiers «gweilos ». Depuis une dizaine d'années, l'engouement pour ce sport s'est intensifié. Aujourd'hui, les courses sont devenues un évènement incontournable du calendrier sportif hongkongais. 280 équipes s'affronteront ainsi au cours de l'édition 2015 de la compétition. « De nombreuses équipes locales, chinoises mais aussi américaines, australiennes, taïwanaises... », précise Maurice. Sans oublier bien sûr la team à l'effigie so frenchy.
Une tradition locale
Les French Froggies, qui portent les couleurs de l'association Hong Kong Accueil, ont été créées il y a quatre ans par Claire Zanetto. « Lorsque j'ai découvert les Dragon Boats, je me suis dit qu'on ne pouvait pas ne pas ouvrir cette activité sportive aux membres de notre association. Avec les Dragon Boats, on expérimente réellement la culture hongkongaise et chinoise. » Emmanuelle est arrivée à Hong Kong en septembre. Elle a rencontré Claire une semaine après son arrivée. « Elle m'a tout de suite convaincue. J'avais fait de l'aviron mais je ne connaissais pas le Dragon Boat. Je ne voulais surtout pas passer à côté », raconte la Française. Deux jours après, elle était inscrite. « Pas besoin d'être une grande sportive, » souligne Claire, « l'activité est ouverte à toutes celles qui désirent découvrir ce sport collectif traditionnel ».
Du moins de septembre à janvier. Passé ce stade, l'apprentissage laisse en effet place à un sérieux entraînement. Trois fois par semaine, quelles que soient les conditions climatiques. Car les vingt-deux membres que comptent les French Froggies sont des compétitrices patentées. Le 23 mai dernier, elles ont terminé quatrième aux Warm Ups de Stanley, la première course de la saison, avec leur meilleur temps (1'13''61'''). Et toutes espèrent encore améliorer ce record.
« C'est un sport qui demande une grande énergie et beaucoup d'engagement. Il faut bien six mois pour commencer à maîtriser la technique. Mais avec les objectifs physiques, le travail collectif, la camaraderie et l'esprit d'équipe, on devient très vite mordu », lance Martine. Ce que confirme Sandrine : « L'entraînement est très contraignant. Je suis sage-femme et fais au mieux pour venir à chaque session. J'adore ce sport. Même si je suis fatiguée en arrivant, une fois à bord, je retrouve toute mon énergie. »
« Focus »

« Focus ! ». Les filles, tête baissée et rame sur les genoux, se concentrent. Inspirent et expirent à fond.
L'équipe des French Froggies lors des Warm Ups 2015
« Ready ! ». Les pales des rames s'immergent dans l'eau. « Go ! ». Le « bateau dragon » s'élance, les rameuses donnant de larges et puissants coups de pagaie, puis prend de la vitesse à mesure que les Françaises accélèrent le mouvement. Il faut tenir le rythme sur 270 mètres, la distance qu'elles auront à parcourir lors des Championnats. « Pour ne pas flancher, on se motive et on donne de la voix. On peut aussi s'aider de nos pieds pour accompagner le mouvement de nos bras. Le bateau continue ainsi d'avancer », explique Caroline.
Analyses, discussions, conseils : Maurice Szeto entrecoupe les sessions d'efforts physiques intensifs par des moments d'écoute et de récupération. Le soleil a depuis longtemps disparu que les filles continuent de pagayer dur.
Un entraînement de « mecs »
« Race, race, race ! » Une équipe masculine locale à l'entraînement lance un défi que les Françaises relèvent sans hésitation. Et Maurice Szeto de les gonfler un peu plus à bloc : « Les filles, ici, vous recevez un entraînement de mecs ! Donnez tout ce que vous avez, gardez une grande qualité lorsque vous ramez toutes ensemble. Et nous verrons si nous sommes de beaucoup distancés ! »
Au signal du départ, les pirogues s'envolent et filent sur l'eau à la force des bras de leurs rameurs respectifs. Les Françaises tiennent bon, mais sont finalement dépassées dans les 30 dernières secondes. « Tu as vu leurs muscles aussi. Difficile de les battre », plaisante Caroline tout en applaudissant les vainqueurs du jour.
En sueur, le souffle saccadé, les filles se remettent peu à peu de cette course impromptue. Malgré la défaite, elles sont plus que jamais déterminées à disputer samedi les Championnats internationaux de Stanley. « D'autant plus que cette année, nous avons décidé de courir en faveur de l'association Pour un Sourire d'Enfant et invitons la communauté française de Hong Kong à se mobiliser au travers d'engagements de dons pariant sur notre performance samedi prochain. C'est une motivation supplémentaire pour arriver sur le podium ! », conclut en souriant Séverine.
Elsa Ponchon (www.lepetitjournal.com/hong-kong) lundi 15 juin 2015
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A la mémoire de Qu Yuan
Sur le bateau des French Froggies © Elsa Ponchon La légende veut que le Dragon Boats Festival ou Tuen Ng en chinois commémore la mort du poète et ministre Qu Yuan (340-278 avant J-C) de l'ancien royaume Chu durant la période pré-impériale des Royaumes combattants, sous la dynastie des Zhou. « C'était un homme d'une grande loyauté et très intègre. Il souhaitait que le royaume garde son autonomie et son hégémonie. Il a été banni alors que le roi tombait sous l'influence de ministres corrompus », raconte Maurice Szeto. Durant son exil, le royaume Qin s'empare de la capitale du royaume Chu, Ying. Désespéré, Qu Yuan se suicide en se noyant dans la river Miluo. « Les habitants, qui admiraient beaucoup le poète, se sont précipités sur leurs bateaux pour tenter de le sauver ou, du moins, de retrouver son corps. C'est ainsi que seraient nées les courses de Dragon Boats », explique l'entraîneur. « Ils ont d'abord frappé les tambours et frappé l'eau avec leurs pagaies, puis jeté des boulettes de riz (Zongzi) dans l'eau pour éloigner les poissons et les mauvais esprits du corps de Qu Yuan. » Et puisque le Tuen Ng Festival se déroule « le cinquième jour du cinquième mois du calendrier lunaire traditionnel », soit en juin quand les jours sont les plus longs, l'image du dragon qui représente l'énergie masculine dans la tradition chinoise dans la est naturellement associée au festival. Dans la tradition chinoise, le dragon représente l'énergie masculine tout comme le soleil. Infos pratiques: Stanley International Dragon Boat Championchips Lire également: DRAGON BOAT FESTIVAL - Une fête traditionnelle chinoise DRAGON BOAT 2014 - Les French Froggies n'en finissent pas de grimper DRAGON BOAT 2014 ? Les French Froggies terminent 3ème des Stanley Warm Ups |
















