Édition internationale

TOURISME – Hong Kong, capitale gastronomique de l’Asie

Écrit par Lepetitjournal Hong Kong
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

 

Le secteur de l'accueil et celui du tourisme sont intimement liés ? si l'on donne ce qu'ils veulent aux visiteurs, ils reviendront. Mais que recherchent exactement les touristes qui viennent à Hong Kong ? James Tien, le président de l'Office du Tourisme de Hong Kong (HKTB), répond à la question


Le quartier de Lan Kwai Fong en pleine effervescence durant le Hong Kong Dine & Wine Festival (Photos © Hong Kong Tourism Board)

Comment définiriez-vous le secteur du tourisme à Hong Kong?
James Tien : Le secteur du tourisme, qui représente 3, 3 % du PNB, est depuis toujours un pilier important de l'économie du territoire. La percée décisive s'est produite après le SRAS en 2003, lorsque le gouvernement chinois a introduit le "Individual Visit Scheme" (système de visite individuelle) qui permet aux touristes de Chine continentale de venir librement à Hong Kong sans avoir à passer par une agence de voyage. Cette mesure a profondément modifié le secteur du tourisme de Hong Kong : sur les 40 millions de personnes environ à avoir visité le territoire en 2011, près de 65% venaient de Chine. Le marché chinois a été le principal facteur de croissance de ce secteur ces 10 dernières années.
Les chiffres des arrivées en provenance des marchés lointains sont restés stables et ceci pour deux raisons. La plupart des grandes villes de Chine continentale étant maintenant desservies par des vols long-courriers directs, nous avons perdu un certain nombre de voyageurs en transit. En outre, l'incertitude économique en Europe et aux États-Unis depuis 2008 affecte les habitudes des voyageurs, qui tendent à choisir des destinations plus proches pour leurs vacances. Aujourd'hui, nous essayons au moins de maintenir le nombre de visiteurs en provenance d'Europe et des États-Unis et nous espérons que la forte croissance du nombre des visiteurs en provenance du marché chinois et des autres marchés proches va se confirmer.  

L'infrastructure hôtelière est-elle adaptée à un tel afflux de visiteurs ?

Comme dans toutes les villes cosmopolites et destinations de voyage populaires, le taux de fréquentation hôtelière est très élevé à Hong Kong. Au vu des taux actuels d'occupation et du prix des chambres, qui sont en augmentation, il est évident qu'il existe une forte demande dans le secteur de l'hôtellerie. Environ 62.000 chambres d'hôtel sont disponibles à l'heure actuelle. 5.000 chambres supplémentaires seront mises sur le marché en 2012, mais ce n'est pas suffisant. Dans le passé, les Chinois réservaient dans des hôtels deux ou trois étoiles, ce n'est plus le cas. À mesure qu'ils s'enrichissent, ils séjournent de plus en plus dans les hôtels cinq étoiles où ils représentent maintenant la majorité de la clientèle, autrefois composée d'Européens et d'Américains. Les investisseurs doivent construire des hôtels cinq étoiles mais sans pour autant négliger le secteur des hôtels bon marché. De nombreux voyageurs d'affaires ne restent qu'une journée à Hong Kong et les touristes à petit budget sont prêts à payer un maximum d'environ HKD600 par jour. La demande pour davantage d'hôtels bon marché existe donc également.

Que recherchent ces visiteurs à Hong Kong ?
Si l'on regarde le profil de dépenses des visiteurs à Hong Kong, on remarque des différences assez intéressantes entre les nationalités. Le profil de dépenses des touristes chinois est distinct de celui des Américains et des Européens. Les occidentaux dépensent beaucoup pour un hôtel cinq étoiles et un grand restaurant mais peu en shopping. Un français ou un Italien par exemple, ne va pas venir ici pour acheter du Louis Vuitton ou du Prada.
Le profil de dépenses des touristes chinois est exactement le contraire. Ils dépensent moins en hôtels et ne s'intéressent pas autant à ce qu'ils mangent dans ce sens (ils se contentent des petits restaurants locaux ou des vendeurs de rue) mais leur gros poste de dépense est le shopping. Quoi qu'il en soit, nous sommes heureux de voir nos visiteurs dépenser leur argent à Hong Kong. Le total des dépenses associées au tourisme en provenance de l'étranger s'élevait à 209 milliards d'HKD en 2010.


James Tien, président de l'Office du Tourisme de Hong Kong

Les touristes qui viennent à Hong Kong s'intéressent-ils à la gastronomie ?
Certainement, en sa qualité de "capitale gastronomique de l'Asie", cette ville est le point de rencontre de l'orient et de l'occident. Elle offre une grande variété de cuisines et de prix. Les touristes chinois sont encore un peu réticents à essayer les grands restaurants occidentaux et préfèrent encore les restaurants chinois. Nous soulignons toutefois les attractions gastronomiques de la ville et le fait qu'elle propose un choix de cuisines occidentales et chinoises.

La scène gastronomique a-t-elle évolué au fil des ans à Hong Kong ?
Oui. De grands chefs français et italiens se sont installés à Hong Kong, dans les grands hôtels,  ces dernières années. Certains ont ensuite ouvert leurs propres établissements, souvent avec l'appui d'investisseurs locaux. Pourquoi ? Parce qu'après avoir goûté leur cuisine, de nombreux hongkongais, dont je fais partie, les ont encouragés à ouvrir leur propre affaire. Nombre de ces nouveaux grands restaurants européens sont gérés en joint-venture, en collaboration entre les hommes d'affaires et les chefs, le capital et le talent. Ces co-entreprises ont eu un effet boule de neige, les chefs ayant attiré d'autres chefs dans la ville.
Nous voyons également plus de cuisiniers chinois médiatiques maintenant, qui préféraient autrefois rester dans l'ombre. Autre évolution, la popularité croissante du vin a encouragé de plus en plus de restaurants chinois à assortir leurs plats orientaux à des vins occidentaux.

Pensez-vous que la scène gastronomique s'est vraiment améliorée et/ou a changé ?

Oui. À Hong Kong, ce sont les jeunes générations, les trentenaires, qui lancent les modes et la plupart d'entre eux ont fait des études ou travaillé à l'étranger. Ils aiment autant la nourriture occidentale que la nourriture chinoise. De plus, la situation économique de Hong Kong est plutôt favorable depuis quelques années et les gens peuvent se permettre de dépenser au restaurant. Les expatriés qui s'installent ici apprécient cette scène gastronomique éclectique. Ce sont ces deux groupes (les trentenaires hongkongais et les « expats ») qui forment la base de la clientèle de ces petits restaurants gastronomiques.

Qu'avez-vous mis en ?uvre pour promouvoir Hong Kong en tant que centre touristique et gastronomique en Asie ? Vous concentrez-vous sur le marché chinois ?

Nos investissements marketing sont répartis uniformément parmi nos marchés ? un tiers pour la Chine, un tiers pour les marchés proches et le reste pour les marchés lointains. Nous nous efforçons de promouvoir l'image de Hong Kong sur la scène internationale en conservant un portfolio équilibré. Dans le cadre d'une enquête, nous avons demandé aux visiteurs ce qui les attirait à Hong Kong et la réponse la plus fréquente a été qu'Hong Kong est une ville cosmopolite. La deuxième raison est le shopping et la troisième la restauration.

Dans la région, pensez-vous que Hong Kong soit en concurrence avec Tokyo en tant que métropole gastronomique ?

Cette question me surprend parce que je n'ai jamais pensé à Tokyo comme à une ville concurrente. Tokyo est l'endroit où aller pour manger de la très bonne cuisine japonaise. Toutefois, je ne pense pas que la diversité de la cuisine au Japon soit comparable à celle qui existe à Hong Kong. La variété de cuisines occidentales et orientales disponibles à Hong Kong est sans égale à Tokyo. Nous ne sommes donc pas en concurrence avec Tokyo simplement parce que notre offre est complètement différente.

Propos recueillis par Julie Pourtois (www.lepetitjournal.com/hongkong.html), mardi 3 avril 2012

Hong Kong Echo n°63, Winter 2011
© French Chamber of Commerce and Industry in Hong Kong, Winter 2011

lpj 20
Publié le 3 avril 2012, mis à jour le 5 janvier 2018
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