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Expatrié au Vietnam: impôts, assurance-vie et succession, ce qui change votre patrimoine en France ?

Un contrat d'assurance-vie, un appartement loué à Lyon, une succession qui finira par arriver. Quand on s'installe à Hô Chi Minh-Ville, tout cela reste en France, et sa fiscalité change dès que la résidence change, souvent sans que le principal intéressé s'en aperçoive.

Expatrié au Vietnam : impôts, assurance-vie et succession et votre patrimoine en France ?Expatrié au Vietnam : impôts, assurance-vie et succession et votre patrimoine en France ?

Où êtes-vous résident, au juste ?

Vivre à l'étranger ne suffit pas à sortir du champ de l'impôt français. Le code général des impôts retient quatre critères, le foyer, le lieu de séjour principal, l'activité professionnelle, le centre des intérêts économiques, et un seul suffit pour que l'administration vous considère comme résident.

La convention signée entre la France et le Vietnam en 1993 tranche ensuite les cas de double résidence et répartit le droit d'imposer revenu par revenu. Un salarié d'une entreprise vietnamienne dont la famille vit avec lui à Thao Dien sera en général résident vietnamien. Celui qui a laissé conjoint et enfants en France, ou qui y conserve l'essentiel de ses revenus, peut rester résident français malgré son contrat local. Côté vietnamien, la règle est symétrique : au-delà de 183 jours de présence sur douze mois, le résident est en principe imposable sur ses revenus mondiaux, loyers français compris, et la convention répartit l'impôt entre les deux pays. Le dossier de départ (bail, inscription consulaire, certificat de résidence) se constitue avant le vol.

L'assurance-vie reste ouverte, sa fiscalité non

Un non-résident qui effectue un rachat voit ses gains soumis à un prélèvement forfaitaire obligatoire dont le taux dépend de l'ancienneté du contrat, sans l'abattement annuel des résidents. En revanche, plus de prélèvements sociaux sur ces rachats tant que le statut de non-résident est établi. La convention peut encore modifier ce schéma.

Pour les contrats souscrits au Luxembourg, c'est le pays de résidence de l'assuré au jour du rachat ou du décès qui fixe le régime applicable. Les règles fiscales de l'assurance-vie luxembourgeoise en cas d'expatriation se lisent avant le départ.

Les loyers français restent imposés en France

Un appartement conservé en France et mis en location génère des revenus fonciers imposables en France, quel que soit le pays de résidence. Le non-résident supporte un taux minimum de 20 %, porté à 30 % au-delà d'un certain seuil, sauf à prouver que son taux moyen mondial serait plus bas. Et contrairement aux expatriés installés en Europe, qui n'acquittent qu'un prélèvement de solidarité, le résident vietnamien paie l'intégralité des prélèvements sociaux sur ces loyers. La déclaration se fait auprès du service des impôts des particuliers non-résidents.

L'impôt sur la fortune immobilière, lui, ne porte que sur les biens situés en France.

Succession : la règle des six ans sur dix

Si l'héritier a été domicilié en France au moins six des dix années précédant la transmission, l'ensemble des biens reçus est imposable en France, où qu'ils se trouvent. Un enfant resté à Paris qui hérite d'un parent installé au Vietnam peut être taxé sur une maison de Da Nang. La même logique vaut pour les capitaux d'assurance-vie transmis au décès.

Prenons un cas fréquent : un cadre parti à Hô Chi Minh-Ville en 2020, dont le père décède en France en 2026 en laissant un appartement à Nantes et une assurance-vie de 1 000 000 € dont il est bénéficiaire. Lui a été résident français quatre des dix dernières années : seuls les biens situés en France sont taxables. Sa sœur restée à Paris remplit le critère : si leur père avait aussi détenu un bien au Vietnam, elle aurait été imposée dessus en France. Même héritage, deux fiscalités.

La convention franco-vietnamienne ne couvre que l'impôt sur le revenu et sur la fortune, pas les successions. Le risque de double imposition se traite en amont : clauses bénéficiaires, donations anticipées, choix des enveloppes.

Le réflexe luxembourgeois

Si tant d'expatriés regardent vers le Grand-Duché, c'est pour la protection des avoirs, distincte du droit français, la liberté de choix des devises et des supports, et une neutralité fiscale qui laisse le contrat suivre son titulaire d'un pays à l'autre sans remise à plat. Les investisseurs patrimoniaux se tournent vers le Luxembourg d'abord pour cette mobilité. Le contrat doit toutefois correspondre à la situation réelle de l'expatrié, montants, horizon, pays de retraite envisagé.

Se faire accompagner depuis Saïgon

Entre deux lois de finances par an et six heures de décalage horaire, coordonner un notaire et un assureur en France relève souvent du casse-tête. La réalité, c'est que très peu d'expatriés s'y plongent vraiment... jusqu'au jour où un problème surgit. Comme le souligne l'équipe d'Etsa Patrimoine , les mauvaises surprises viennent rarement des placements eux-mêmes. Elles découlent plutôt d'un rachat déclenché au mauvais moment ou d'une clause bénéficiaire jamais révisée depuis le mariage. Ce sont des erreurs qui se corrigent très bien, à condition de les anticiper avant que l'administration fiscale ne s'en charge.

Règles fiscales en vigueur en octobre 2026, susceptibles d'évoluer avec chaque loi de finances. Toute situation individuelle doit être examinée avec un professionnel habilité.

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Publié le 17 octobre 2026, mis à jour le 17 octobre 2026
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