Le sanctuaire My Son est un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, datant d’entre le IVe et le XIIIe siècle selon les édifices. Situé dans la province de Quang Nam, aux abords de la ville de Hoi An, il est l’une des premières preuves de la présence de la culture Cham dans le centre du Vietnam. My Son était la capitale politique et religieuse du royaume Champa pour la majorité de son existence. Dans cet article, on vous raconte en détail l’histoire de la construction de ce sanctuaire.


Le royaume Champa était un pays indianisé situé au centre du Vietnam actuel. Selon une étude linguistique comparative, les Cham seraient arrivés par la mer vers la fin du Ier millénaire avant notre ère de Sumatra et Bornéo. Le royaume fut établi en l’an 192, après que les différentes tribus Cham aient été unies. Le royaume Champa s’est développé pendant plus de dix siècles au contact de l’Inde et de la Chine, les deux principaux empires commerciaux de cette époque. Les premières villes auraient été à l’origine des ports au départ de routes d’échange vers l’Inde, la Chine et les îles indonésiennes.
Le Cham est une langue austronésienne dont les premières traces ont été retrouvées dans la vallée du Thu Bon, dont My Son fait partie avec les sanctuaires de Tra Kieu et Dong Duong. Il était donc un sanctuaire sacré auquel seule la famille royale avait accès afin d’y pratiquer leurs rites, et était le cœur spirituel et religieux du royaume.
Il fut abandonné aux alentours du XVe siècle, et fut redécouvert en 1889 au cœur de la jungle de Quang Nam par Camille Paris, un officier de poste et fonctionnaire de l’administration coloniale française au cours d’une campagne de cartographie de la province. Henri Parmentier fut l’archéologue en charge des fouilles et de répertorier les différents édifices du site. La découverte de My Son fut un point charnière dans le développement de l’archéologie en Asie du Sud-Est, avec la découverte des temples d’Angkor.
Un sanctuaire emblématique de l’hindouisme
Du IVe au XIIIe siècle, la culture Cham a puisé sa spiritualité dans l’hindouisme indien. Les temples construits sont donc dédiés à Krishna, Vishnu, mais surtout Shiva. My Son est l’emblème de l'hindouisme shivaïte chez les Cham et il est d’ailleurs le plus grand édifice de cette civilisation, qui s’est développé et agrandi dix siècles durant. L’archéologie a découvert huit sites composés de 71 monuments, avec une grande partie d’éléments enfouis.
Les nombreuses tours et temples sont en brique rouge sans mortier et soutenus par des piliers en pierre, décorés de bas-reliefs en grès où sont gravées des scènes emblématiques de la mythologie hindoue. L’architecture globale du temple est une démonstration de l'ingénierie hors-pair de la civilisation Cham, et les illustrations nous renseignent sur une période clé de l’histoire d’Asie du Sud-Est tout en fournissant des éléments sur la pensée politique et religieuse des Cham.
La conservation de My Son
La conservation du site de My Son a débuté au cours de la première partie du XXe siècle, à la suite de sa découverte par les archéologues français. Néanmoins, le temple fut dégradé pendant la guerre d’Indochine et la guerre du Vietnam, avec plusieurs tours détruites, dont une partie du temple le plus grand du site. En plus des destructions entraînées par les bombes, les risques d’inondation et la forte humidité de la région, ainsi que d’autres aléas climatiques, menacent le sanctuaire et exigent des efforts de préservation continus.
La conservation et restauration du site a réellement débuté après la réunification du Vietnam en 1975, et désormais des équipes nationales et internationales y travaillent de concert. Le gouvernement indien, par exemple, participe depuis février 2025 au financement de la restauration des groupes E et F.
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