Le 26 février, notre équipe s'est rendue au Saïgon Exhibition and Convention Center pour assister au VIATT, le salon international du textile qui a lieu depuis trois ans à Hô Chi Minh-Ville. Sur place, nous avons pris place aux discussions et rencontré les experts du domaine. Le marché du textile est aujourd'hui en plein virage en raison de l’importance grandissante portée à la soutenabilité sur les marchés mondiaux ainsi que l’arrivée de l’intelligence artificielle qui redéfinit la place de l’homme dans le travail industriel.


La soutenabilité est l’axe principal de ce salon. C'est un facteur clé pour l’industrie vietnamienne puisque le Vietnam est aujourd'hui le troisième exportateur mondial de produits textiles après la Chine et le Bangladesh.
Graduellement, les marques de vêtements augmentent leurs exigences en termes de soutenabilité et demandent à leurs fournisseurs de leur garantir l’utilisation de produits chimiques non nocifs. Par conséquent, un processus de production soutenable et juste n’est plus un supplément mais une condition sine-qua-non pour accéder aux marchés principaux d'Europe et des États-Unis.
Garantir une traçabilité dans la filière textile
De nombreuses conférences ont été accordées à des représentants de labels comme Oeko-Tex ou GOTS. Fondé en 1992, le label Oeko-Tex travaille avec plus de 35.000 entreprises et a délivré 56.154 labels qui sont encore actifs aujourd’hui. 58% des usines labellisées Oeko-Tex se situent en Asie, ce qui montre l’importance du marché asiatique dans la production de textiles.
Le label GOTS, fondé en 2002, est aussi largement adopté. 27 structures étaient certifiées en 2006 et on en compte 17.305 en 2025. L'augmentation de 14,1% par rapport à 2024, montre également l'Intérêt grandissant en termes de certification de la part des entreprises. Les critères principaux reposent principalement sur l’analyse des produits chimiques utilisés, le respect des droits humains, la composition de la fibre (avec un minimum de 70% de fibres certifiées organiques par une institution tierce) et cela sur l'intégralité de la chaîne de valeur.
L’intelligence artificielle: l’évolution de l’équilibre homme/machine ?
Le salon a accueilli le laboratoire d’intelligence artificielle dans le domaine du design Aidlab, qui fait partie de l’université polytechnique de Hong-Kong. Ils y ont présenté wise eye, une technologie se servant de l’IA pour détecter les défauts techniques des textiles. L’argument de vente de cette innovation est qu’elle possède une efficacité estimée à 90%, contrairement à l'œil humain, qui aurait une efficacité variable entre 50 et 70%. Elle pourrait inspecter 35 mètres par minute, contre 10 mètres par minute pour l'œil humain.
Mais quelle est la place des travailleurs humains dans ce dispositif, s’il est censé être plus efficace qu’eux ? L’entreprise a anticipé ce problème en proposant deux modes différents : un mode entièrement automatique ainsi qu’un mode d’assistance par IA. Pour les entreprises qui souhaitent avant tout améliorer leur efficacité de production, le mode automatique permet de remplacer presque entièrement l’humain par la machine. Pour celles qui souhaitent néanmoins garder l’intervention d’employés qualifiés, le mode assisté permet de détecter les défauts de fabrication en les soumettant à la validation d’un travailleur.
Les entreprises travaillant dans le développement des IA adaptent progressivement leur offre aux problématiques de l’emploi, en proposant des modes où l’IA ne remplace pas le travail humain mais permet d’améliorer ses performances.
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