Le jeudi 14 mai 2026 a eu lieu la cérémonie d’ouverture de l’exposition temporaire à l’université des Beaux Arts d’Ho Chi Minh Ville : « The Hàng Mã Museum ». Pensé par l’artiste de renommée internationale Bao Vuong et élaboré en partenariat avec les étudiants de l’Université, ce projet éphémère met en lumière la mémoire et la transmission culturelle à travers une réinvention créative du rituel du brûlage.


Un projet né d’une quête personnelle devenue collective
L’artiste Bao Vuong est né au Vietnam avant de grandir en France. Depuis petit, sa famille lui parlait des objets votifs, destinés à être envoyés aux ancêtres. Ces derniers représentent pour lui un véritable lien à la fois symbolique et tangible avec ses origines et ses ancêtres.

Durant 2 mois, Bao Vuong a tenté de mettre son expérience occidentale et internationale au profit de l’apprentissage des étudiants de l’Université des Beaux Arts. De l’autre côté, le partage de son projet avec des vietnamiens natifs ayant grandi avec ces traditions représentait pour lui un moyen d’aborder le sujet avec plus de profondeur et d’en apprendre davantage sur sa culture.
Ayant vécu la séparation avec son pays d’origine comme une souffrance, l’artiste présente ce travail comme un moyen de rencontre entre plusieurs générations et mémoires du Vietnam, et un moyen pour lui d’entamer un processus de renouer avec son histoire.

Une exposition entre tradition et modernité
Les objets votifs, dont s’inspire le Musée Hàng Mã, sont des offrandes matérielles posées ou suspendues dans des lieux sacrés comme un temple, une église ou un sanctuaire, pour honorer une divinité ou un saint. Ils sont souvent utilisés durant les cérémonies de recueillement, des commémorations funéraires ou des moments importants de la vie familiale, comme un don fait aux ancêtres dans le monde spirituel.
Ces objets peuvent être des statues, plaques ou peintures faites en papier et représentant la vie quotidienne. L’objectif du musée est de questionner cette tradition et de montrer que ces objets familiers pourraient être remplacés par de l’art, de la culture, de la poésie, de la littérature ou des tableaux.
Le nom du musée s’inspire du Hàng Mã, littéralement “rue des objets votifs”; une célèbre rue piétonne située au cœur du vieux quartier de Hanoï, connue pour être le centre des décorations festives et des produits artisanaux en papier.
Se voulant être un symbole de la croisée entre l’art contemporain, la mémoire familiale et les rites populaires, l’exposition « The Hàng Mã Museum » questionne ce que les êtres humains lèguent aux générations passées et futures : au-delà des objets, des souvenirs et des croyances, elle met en lumière la transmission de la culture, de la créativité et de l’imaginaire.
Des oeuvres uniques et personnelles
Chaque œuvre exposée a un caractère fortement personnel avec une histoire derrière chacune d’entre elles. Pensé comme un espace de partage et d’échange vivant et collectif, le projet réunit des architectures, peintures, découpes et installations artistiques variées. Toutes les pièces sont construites autour d’une réflexion commune mais chacune symbolise une idée particulière.

Cette œuvre, à gauche, réalisée par une étudiante vietnamienne, est inspirée de son histoire personnelle et représente sa mère défunte veillant sur sa famille. Sur l’image ci-dessous, l’oeuvre à droite est une télévision réalisée en carton, où figure une grand mère et sa petite fille ; un moyen pour une autre étudiante de rendre hommage à sa grand mère avec qui elle avait l’habitude de regarder la télévision.

Ainsi, l'objectif du Musée est aussi de valoriser le développement de l'art contemporain vietnamien, en interrogeant les limites des traditions, en plongeant dans les mémoires et croyances communes et individuelles, en proposant un regard nouveau sur l’héritage vietnamien.
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