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Élu conseiller des Français de l’étranger, Jaime Peypoch revient sur ses engagements

Arrivé en tête des élections consulaires au Vietnam, Jaime Peypoch entame un mandat de six ans comme conseiller des Français de l’étranger. Après une campagne menée avec la liste Engagés au Vietnam, il souhaite renforcer le dialogue entre la communauté française et les institutions. Parmi ses premiers dossiers figure l’avenir des lycées français Alexandre Yersin et Marguerite Duras, récemment touchés par des mouvements de grève contre des projets de fermeture de classes.

Jaime-PeypochJaime-Peypoch

Quelques semaines après son élection, la « pression commence à retomber ». Le 31 mai dernier, la liste Engagés au Vietnam, menée par Jaime Peypoch, est arrivée en tête des élections des conseillers des Français de l’étranger au Vietnam. Elle a recueilli 291 voix, soit 31,22 % des suffrages exprimés, et obtenu l’un des trois sièges à pourvoir. Jaime Peypoch siègera aux côtés de Vincent Le Cannelier, élu avec 244 voix, et de Laurent Fischer, qui en a obtenu 237. Au total, 966 des 5 109 électeurs inscrits ont participé au scrutin, soit une participation de 18,91 %.

« Je me sens plus reposé, moins stressé et soulagé que nous puissions recommencer à nous mettre au travail », confie le nouvel élu. « Je suis content, mais cela représente énormément de responsabilités. » Durant son mandat, il souhaite continuer à travailler avec les six membres de sa liste. Une équipe qui, rappelle-t-il, a joué un rôle important durant la campagne, notamment dans l’organisation des rencontres, la communication et la création du site internet. « Leur soutien a été indispensable. L’idée est de poursuivre ce travail collectif », explique-t-il.

 

« Être une passerelle entre les Français et les institutions »

 

Élus pour six ans au suffrage universel direct, les conseillers des Français de l’étranger représentent les ressortissants français établis dans leur circonscription. Ils siègent dans les conseils consulaires et peuvent être consultés sur les questions relatives à la protection sociale, à l’action sociale, à l’emploi, à la formation, à l’enseignement français à l’étranger ou encore à la sécurité.

Leur fonction reste cependant essentiellement consultative. Ils ne remplacent ni les services de l’ambassade ni ceux du consulat et ne peuvent pas délivrer un document administratif ou modifier seuls une décision. Leur rôle consiste principalement à informer, orienter, accompagner et faire remonter les difficultés rencontrées par les Français auprès des administrations et des élus nationaux. Une mission encore mal connue, selon Jaime Peypoch.

« Beaucoup de personnes au sein de la communauté ne savent pas vraiment quel est le rôle d’un conseiller des Français de l’étranger, ou ne le connaissent que très peu. Pour moi, le plus important est d’être à l’écoute et d’être une véritable passerelle entre les Français et les autorités. » Le nouvel élu entend poursuivre les rencontres organisées pendant sa campagne à Hanoï, Hô Chi Minh-Ville et dans plusieurs autres villes du pays. Il souhaite notamment accompagner les Français dans leurs démarches liées à la scolarité, aux aides sociales, à la retraite ou à certaines formalités administratives.

Il veut également renseigner les personnes qui envisagent de s’installer au Vietnam et mieux expliquer les compétences respectives de l’ambassade, des consulats et de l’Institut français. « Le conseiller touche à la vie quotidienne des personnes, mais également à la vie économique, culturelle et associative », résume-t-il. « Je souhaite resserrer les liens entre les différentes institutions et les associations qui représentent les Français de l’étranger. » Parmi ses objectifs figure aussi une meilleure information sur le STAFE, le dispositif de soutien au tissu associatif des Français à l’étranger, grâce auquel des associations locales peuvent solliciter des subventions pour des projets éducatifs, sociaux, culturels ou économiques.

 

Déjà prêt pour Septembre

 

Déjà engagé depuis plusieurs années sur les questions éducatives, Jaime Peypoch souhaite en faire l’un des principaux axes de son mandat. Son élection intervient alors que les deux établissements français gérés directement par l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger au Vietnam connaissent d’importantes tensions.

 

Jaime Peypoch : une vie d’engagement au service de la communauté au Vietnam

 

À Hanoï, une grève a été suivie par 75 % des personnels du lycée français Alexandre Yersin le 28 mai, selon le SNES-FSU Hors de France. Les personnels et l’association des parents d’élèves contestent un projet de fermeture de deux classes à la rentrée 2026. Dans une tribune publiée au mois de mai, les équipes éducatives alertaient notamment sur la possibilité d’atteindre 29 élèves dans certaines classes de CE2, 27 ou 28 en CM2 et jusqu’à 30 élèves dans certains niveaux du secondaire. Elles craignent également la suppression d’un poste d’assistante spécialisée des écoles maternelles.

À Hô Chi Minh-Ville, près de 90 % des personnels éducatifs de l’école primaire du lycée français international Marguerite Duras ont également participé à une grève le 2 juin. Une pétition lancée par des enseignants, des personnels et des parents dénonce la fermeture annoncée d’une classe, la menace d’une nouvelle suppression et l’instauration d’un seuil moyen minimal de 25 élèves par classe. Pour Jaime Peypoch, ces décisions sont difficilement compréhensibles au regard de la situation financière et des effectifs annoncés par les deux établissements.

« Nous avons deux établissements qui ne connaissent pas de difficultés financières. Les parents financent une part importante de leur fonctionnement à travers les frais de scolarité et les trésoreries restent élevées. Nous avons du mal à comprendre ce qui justifie ce type de mesures », estime-t-il. Au lycée Alexandre Yersin, les personnels affirment que la trésorerie de l’établissement atteignait près de 6,35 millions d’euros à la fin de l’année 2025, en augmentation de plus de 11 % sur un an. Ils annoncent également une légère progression des effectifs à la rentrée prochaine, avec une projection de 656 élèves.

 

Engagement auprès de l'éducation

 

Au lycée Marguerite Duras, les signataires de la pétition évoquent eux aussi une légère hausse du nombre d’élèves, tout en dénonçant le gel du projet d’extension de l’établissement et une division par quatre des crédits d’investissement qui lui seraient attribués. Les économies prévues pourraient se traduire par des classes plus chargées et par un recours accru aux doubles niveaux dans le primaire. Des perspectives particulièrement préoccupantes pour Jaime Peypoch, qui rappelle que de nombreux élèves accueillis dans les établissements français du Vietnam sont allophones ou ne parlent que peu français dans leur environnement familial.

« Il existe de véritables défis en matière d’encadrement et d’enseignement, particulièrement dans le primaire. Beaucoup de choses se jouent à cette période de la vie d’un enfant qui apprend le français », souligne-t-il. « Lorsqu’ils rentrent chez eux, beaucoup d’élèves ne parlent pas français avec leur famille. Il faut donc stimuler leur engagement et leur donner envie d’apprendre la langue. Cela passe par un accompagnement renforcé de la part des enseignants. Ce n’est pas en supprimant des classes que nous allons les aider. »

Le nouvel élu veut aussi défendre l’attractivité du réseau français auprès des familles vietnamiennes. Les résultats obtenus aux examens, souvent proches de 100 % de réussite au baccalauréat, constituent selon lui l’un des principaux arguments en faveur des établissements français. « Cette excellence est très appréciée par les familles, vietnamiennes notamment. Il faut utiliser les moyens existants pour préserver ce niveau de qualité. Nous sommes actuellement dans un cercle vertueux grâce à la richesse de l’enseignement proposé par ces établissements. Il ne faudrait pas que ce cercle commence à tourner dans le mauvais sens », prévient-il. À la rentrée de septembre, il entend donc porter la question au sein des conseils consulaires et des instances des établissements français. Un premier dossier concret pour celui qui promet de rester « proche, utile et à l’écoute » des Français du Vietnam.

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