Vendredi 4 décembre 2020
Francfort
Francfort

Pierre-Yves Hauck. Des toits de Mayence à la sculpture en bronze

Par Caroline Rayner | Publié le 20/08/2020 à 19:00 | Mis à jour le 25/08/2020 à 11:46
Photo : © Photos Caroline Rayner pour Lepetitjournal.com/francfort
Pierre-Yves HAUCK sculpteur bronze Mayence

Le jour il travaille sur les toits de Mayence, le soir il réalise des sculptures en bronze. Nous avons donné le micro à Pierre-Yves Hauck, jeune Français passionné d’art qui expose à Mayence en présence du maire Michael Ebling samedi 22 août 2020.

Formé chez « Les Compagnons du Devoir », Pierre-Yves exerce depuis 17 ans comme couvreur et réalise depuis peu des sculptures en bronze, une passion dévorante dont il souhaite faire son métier « à temps complet ». Rencontre à la fonderie d’art de Mayence et dans les coulisses de l’expo « Die Vitrine » où notre jeune talent nous dévoile que de la couverture à la sculpture, il n'y a qu'un pas !

 

Lepetitjournal.com/francfort : vous avez fait votre apprentissage de couvreur chez « Les Compagnons du Devoir » dont la mission est d’accueillir et de former des jeunes sur le tour de France du compagnonnage et la vie en communauté. Qu’est-ce qui vous a amené à vous diriger vers cette voie ?

Pierre-Yves Hauck : je me suis dirigé vers le métier du couvreur un petit peu par hasard. Lorsque j’étais au collège, je ne savais pas vraiment quoi faire de ma vie, même si, au fond de moi, j’étais déjà sûr de ne pas vouloir suivre une carrière académique mais que je souhaitais me diriger vers un métier où je pouvais réellement travailler avec mes mains. Un ami à moi dont les parents étaient dans le secteur du bâtiment, m’a parlé de métiers manuels comme chauffagiste ou couvreur. Je suis donc allé frapper à la porte d’une entreprise dans mon village natal, près de Colmar en Alsace, afin d’y effectuer un stage pour me rendre compte si le métier me plaisait vraiment. En voyant mon physique assez frêle et maigre, le patron m’a instantanément dit qu’il ne pouvait pas me prendre en tant que chauffagiste mais en tant que couvreur. Je suis donc arrivé dans ce métier vraiment par le hasard des choses (Rires) !

En 2005, j’ai rejoint les « Compagnons du Devoir ». J’y suis resté 4 ans. C’est là où j’ai réellement appris le métier de couvreur et là aussi que j’ai pu gagner en expérience. Faire partie d’une telle institution a été une expérience inoubliable et très formatrice, même si l’aspect élitiste me dérangeait un peu. Cependant, grâce aux « Compagnons du Devoir », j’ai pu faire le tour de France et par conséquent faire beaucoup de rencontres.

Pierre-Yves Hauck Mayence
A la fonderie d'art de Mayence

 

 

Et comment vous êtes-vous retrouvé en Allemagne, à Mayence en particulier ?

Je me suis d’ailleurs retrouvé à Mayence grâce aux « Compagnons du Devoir » ! Nous avions en effet la possibilité d’effectuer une année à l’étranger. À l’origine, je voulais aller en Autriche car j’avais entendu dire qu’il y avait des bonnes entreprises de couverture. Par le hasard de la vie, j’ai atterri à Wiesbaden en 2008. Ça m’a d’ailleurs tellement plu que j’ai décidé de m’y installer et d’y rester. On va dire que c’était une année à l’étranger prolongée (Rires) !


Vous évoluez sur les toits de Mayence depuis 17 ans déjà. Est-ce que vous avez l’intention d’en descendre un jour pour vous consacrer entièrement à la sculpture ?

Absolument ! Et je compte en faire ainsi très prochainement ! J’aimerais, à partir de l’année prochaine prendre une année sabbatique pendant laquelle je pourrai me concentrer sur mon art. Cela fait maintenant 17 ans que je travaille énormément et je ne prends seulement que deux semaines de vacances par an. Par ailleurs, je sens que ma passion pour mon métier s’estompe peu à peu. Ce que j’aime le plus dans cette profession, c’est la zinguerie, le travail minutieux et non arracher des toits et travailler avec des produits chimiques et cancérigènes comme l’amiante par exemple ! De plus, le métier de couvreur est extrêmement physique et intense, surtout en été quand il fait extrêmement chaud sur les toits. Je me souviens particulièrement de l’été dernier où il faisait 50 degrés sur le chantier, c’était atroce !  Je ne veux pas finir comme certains de mes collègues, pour lesquels l’intensité et la pénibilité du métier a eu un impact désastreux sur leur santé.

J’ai envie de pouvoir sortir avec mes amis sans me soucier de devoir partir tôt parce que je commence à 5h du matin. J’ai aussi envie de pouvoir dévouer tout mon temps à mon art, ma vraie passion. Autrement dit, je veux vivre !
 

Pierre-Yves Hauck
Dans l'appartement-atelier de Pierre-Yves Hauck

 

Justement, vous réalisez depuis quelques années des sculptures en bronze. Comment est née cette nouvelle fibre artistique ?

La fibre artistique, je l’ai d’une certaine manière toujours eue. Je pense qu’elle coule dans les veines de la famille, mes parents sont également très créatifs. Ce qui m’attire surtout dans la réalisation des figures en bronze, c’est le fait de pouvoir travailler de ses mains et de pouvoir s’exprimer autrement qu’avec des mots. Je me souviens encore de ce jour de 2015, quand ma mère m’a dit que je pourrais réaliser des statues. J’ai alors pris des cours à la « Volkshochschule » de Mayence pour perfectionner ma technique. Les motifs que je préfère sont les silhouettes féminines et les animaux sauvages comme les lions ou les panthères. Au cours des dernières années, je me suis rendu compte que j’aimais faire transparaitre une beauté brute, réelle, à travers mes statues, plutôt que de chercher la perfection « lisse ». C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je ne prends jamais trop longtemps pour faire mes sculptures. Cette tête de lion, par exemple, a été faite en quatre soirs seulement. Je trouve plus intéressant de sculpter de manière naturelle, comme cela me vient. Par exemple, sur mes sculptures, on peut souvent très clairement apercevoir la trace de mes doigts ou des cheveux qui, contrairement à beaucoup de sculpteurs ne sont pas réguliers. En somme, je suis plutôt un expressionniste qu’un impressionniste !

 

Pierre-Yves Hauck
© Pierre-Yves Hauck

 


Vous allez bientôt exposer vos œuvres à Mayence. Pouvez-vous nous en dire plus ?

En effet ! Le vernissage de l’expo « Die Vitrine » se déroulera notamment en présence du maire de Mayence, Michael Ebling, samedi 22 août au « Werkstattladen uah ! » qui accueillera plusieurs artistes à cette occasion. Je vais y exposer mes sculptures jusqu'au 20 septembre, je voudrais montrer mon art au monde entier ! (Rires).


Page Intagram de Pierre-Yves Hauck par ici.


 
Pierre-Yves Hauck
© Pierre-Yves Hauck

 

 

Nous vous recommandons

Caroiline Rayner - stage rédactrice

Caroline Rayner

Franco-germano-anglaise ayant grandi à Francfort, Caroline aime le chant, la musique classique et la lecture. Elle est aussi rédactrice web pour Lepetitjournal.com Allemagne.
0 Commentaire (s)Réagir

Communauté

Berlin Appercu
PORTRAIT D'ENTREPRENEUR

Des fêtes réussies avec les champagnes Moreau & Tissier

Ils sont Français, entrepreneurs dans l’âme et adorent le champagne ! Carine Tissier et Matthieu Moreau réinventent le breuvage à bulles et le désacralisent outre-Rhin dans un esprit éco-responsable.

Vivre à Francfort

FORMALITÉS

Qu'est-ce que l'inscription obligatoire en mairie ?

Si vous venez d'emménager en Allemagne et que vous avez encore la tête dans les cartons, vous aurez sans doute oublié d'aller vous inscrire à la mairie la plus proche. Le point sur la "Anmeldung".