La France n’a pas interdit le CBD. Depuis le 15 mai 2026, elle applique plus strictement le règlement européen « Novel Food » aux produits alimentaires contenant des cannabinoïdes. Une nuance juridique qui explique pourtant la disparition de nombreux bonbons, huiles et boissons des rayons.


Le CBD reste légal en France, mais tous les produits qui en contiennent ne peuvent pas être commercialisés de la même manière. Depuis le 15 mai 2026, les autorités françaises ont renforcé les contrôles visant les denrées alimentaires contenant du cannabidiol ou d’autres cannabinoïdes. La mesure concerne donc l’alimentation, et non le CBD dans son ensemble.
Pourquoi les gummies et les huiles ont disparu
Le règlement européen « Novel Food » encadre les aliments qui n’étaient pas consommés de manière significative dans l’Union européenne avant le 15 mai 1997. Pour être vendus, ces produits ou ingrédients doivent avoir obtenu une autorisation préalable démontrant notamment leur sécurité.
Or, à ce jour, le CBD ajouté à une denrée alimentaire ne dispose pas de cette autorisation. Les bonbons, gummies, chocolats, boissons, compléments alimentaires ou huiles destinées à être ingérées sont donc considérés comme non conformes. Le ministère français de l’Agriculture a confirmé en mai 2026 la généralisation des contrôles et demandé le retrait de ces produits du marché.
Une application plus stricte, pas une nouvelle interdiction
Le changement du 15 mai ne correspond pas à l’adoption soudaine d’une nouvelle loi. Il marque surtout une application beaucoup plus ferme d’un règlement européen déjà ancien. Jusqu’ici, certains produits restaient disponibles malgré un cadre juridique incertain. Désormais, les distributeurs s’exposent davantage à des retraits du marché et à des mesures administratives s’ils continuent à vendre du CBD comme aliment sans autorisation.
Certaines exceptions alimentaires subsistent. Les graines de chanvre, l’huile issue de ces graines et les feuilles utilisées seules pour préparer une infusion aqueuse peuvent notamment être commercialisées sous conditions, à condition de ne pas être enrichies en cannabinoïdes.
Les fleurs de CBD restent-elles autorisées ?
Oui, la commercialisation des fleurs et feuilles de chanvre à faible teneur en THC n’a pas été interdite par cette campagne de contrôles alimentaires. Leur vente reste encadrée par d’autres règles, notamment le seuil maximal de 0,3 % de THC et l’absence d’allégations thérapeutiques. Il reste ainsi possible de commercialiser des fleurs à vaporiser, dès lors que les produits respectent la réglementation applicable.
Ce qu’il faut retenir est simple : les autorités ne ferment pas le marché du CBD, mais distinguent désormais beaucoup plus nettement les produits alimentaires des autres usages. La disparition des gummies ne signifie donc pas la fin du CBD en France, mais la fin d’une tolérance devenue juridiquement difficile à défendre.






