De février à mars, Dublin devient un terrain de jeu cinéphile pour les amateurs de cinéma d’auteur. Le Irish Film Institute consacre une rétrospective exceptionnelle à l’un des cinéastes les plus influents du XXᵉ siècle.


Intitulée Truth, 24 Times Per Second: The Films of Jean-Luc Godard, cette rétrospective propose un voyage chronologique à travers 24 films majeurs de Jean-Luc Godard, figure centrale de la Nouvelle Vague française. Du 1er février au 29 mars, le public est invité à (re)découvrir une œuvre qui n’a cessé de questionner le langage du cinéma, ses formes et ses idées. Les billets sont déjà en vente, avec des formules avantageuses pour les membres de l’IFI et un tarif très accessible pour les moins de 25 ans.
Une rétrospective rare et ambitieuse
Sur deux mois, l’IFI déploie une programmation dense qui retrace l’évolution artistique de Godard, de ses débuts fulgurants aux essais cinématographiques les plus radicaux de ses dernières années. Pensée de manière chronologique, la rétrospective permet de suivre pas à pas un cinéaste en perpétuelle réinvention, jamais là où on l’attend. Un vrai marathon intellectuel, mais du genre stimulant !
Les débuts révolutionnaires de la Nouvelle Vague
La rétrospective s’ouvre le 1er février avec À bout de souffle (1960), film manifeste qui a changé la grammaire du cinéma. Porté par Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg, ce premier long métrage impose un style libre, nerveux, presque insolent. Tout au long du mois de février, les projections explorent cette décennie fondatrice, entre énergie pop, jeux de genres et collaborations mythiques, notamment avec Anna Karina.
Des œuvres comme Une femme est une femme, Bande à part, Pierrot le fou ou Alphaville montrent un Godard à la fois joueur, romantique et profondément politique, déjà obsédé par la société de consommation, les médias et l’amour.
Février : amour, société et expérimentations
Le programme de février met aussi en lumière des films plus introspectifs et critiques. Vivre sa vie, Masculin Féminin ou Deux ou trois choses que je sais d’elle offrent un regard acéré sur la jeunesse, le couple et la modernité urbaine. Godard observe, découpe, commente. Le cinéma devient un espace de réflexion autant qu’un spectacle. Pas toujours confortable, mais toujours vivant.
Mars : cinéma politique et radicalité formelle
En mars, le ton se durcit et se complexifie. Avec La Chinoise ou Week-end, Godard plonge dans la fièvre politique de la fin des années 1960. Son passage par le collectif Dziga Vertov marque une rupture avec le récit classique, au profit d’un cinéma militant et frontal.
Les décennies suivantes sont représentées par des œuvres hybrides et audacieuses comme Je vous salue Marie, Éloge de l’amour ou Adieu au langage. Ici, le cinéaste brouille les frontières entre image, son et texte, jusqu’à pousser le médium dans ses retranchements.
Les derniers films : penser le monde par l’image
Les ultimes œuvres projetées, dont Le livre d’image (2018), résument l’ambition godardienne. Il ne s’agit plus de raconter une histoire, mais de penser le monde à travers le montage, les archives et les ruptures de ton. Godard y apparaît moins comme un réalisateur que comme un essayiste visuel, toujours prêt à déranger, même à la toute fin.
Une rétrospective accessible à tous
L’IFI rend cette rétrospective particulièrement accessible. Les détenteurs de la carte 25 & Under peuvent profiter de séances à 5 €, tandis que des bundles sont proposés aux membres pour suivre la rétro sur la durée. Quatre films clés sont également disponibles en ligne via la plateforme IFI@Home, parfait pour prolonger l’expérience depuis son canapé, théoriquement avec un café, pratiquement avec un carnet de notes.
Informations pratiques
Truth, 24 Times Per Second: The Films of Jean-Luc Godard se déroule du 1er février au 29 mars à l’Irish Film Institute, à Dublin. Les réservations se font en ligne sur le site officiel de l’IFI ou directement au guichet. Une occasion rare de redécouvrir, sur grand écran, un cinéaste qui n’a jamais cessé de poser la même question : qu’est-ce que le cinéma peut encore faire aujourd’hui ?
Crédit Photo : Jean-Luc Godard - À bout de souffle (1960)
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