ÉDUCATION – École française ou école internationale ?

Par Marie-Jeanne Acquaviva | Publié le 24/09/2017 à 08:56 | Mis à jour le 25/09/2017 à 17:25
École

École française ou école internationale ? Voici l’un des premiers dilemmes que se doit d’affronter tout parent expatrié.

Jouer la carte de la continuité, donner aux enfants un sens d’appartenance culturelle ou au contraire choisir la chance d’une langue étrangère en immersion et d’une pédagogie différente ouverte sur le monde ? Les deux « écoles » ont leurs fervents défenseurs, car c’est un choix qui touche aux convictions personnelles, aux croyances intimes, à la transmission de nos valeurs, et il n’est pas toujours facile ou intuitif de peser le pour et le contre.

 

Ecoutons par exemple Anabel Beneitez, mère et enseignante de français en école internationale (JBS - Jumeirah Baccalaureal School, système IB).

« La question ne s’est pas posée pour mon mari et moi, nous étions convaincus qu’une expatriation représentait en toute logique l’opportunité unique d’être immergés dans une autre culture, et de permettre à nos enfants de devenir réellement bilingues. C’est un choix que je ne regrette pas une seconde, et le contraire m’aurait semblé presque incohérent ».

L’usage courant du français se maintient à condition de le pratiquer de façon intensive et presque intransigeante à la maison, en allant jusqu’à

« faire semblant de ne rien comprendre lorsqu’ils me parlent en anglais, ou leur répondre avec un accent anglais tellement épouvantables qu’ils sont horrifiés et préfèrent repasser au français ! »

Lectures et repas en français, chaines françaises de dessin-animés, activités parascolaires en français, ne pas se lasser de les reprendre ou de corriger leurs fautes et « l’épouvantable franglais »….tout est alors bon pour ne pas rompre le fil, même s’il est difficile de « revenir en arrière lorsqu’ils se mettent à jouer ensemble en anglais ».

Concilier français et curriculum international n’est donc pas impossible, en choisissant par exemple une des rares écoles internationales de haut niveau offrant des cours de français supplémentaires, comme par exemple JBS* ou DIA* ou même des cursus bilingues comme ICE* ou la SISD*. Ce qui veut dire concrètement - si l’on prend l’exemple de JBS, que je connais bien - qu’en plus de son curriculum anglais votre enfant pourra suivre entre 5 et 6 heures de cours en et de français, assurant ses progrès en grammaire, la maîtrise de la lecture et de l’écriture cursive, de se familiariser avec sa culture d’origine et un champ lexical scolaire et varié qui lui permettra de s’exprimer avec aisance.

Vient ensuite la fameuse question : est-ce suffisant pour être « au niveau » si vous décidiez de rentrer en France ou dans un pays francophone ?

Les réponses divergent, et bien sûr cela dépend de votre enfant et de ses capacités à s’investir dans les révisions nécessaires. Certains s’en sortiront parfaitement avec un été de remise à flot (il n’y a pas que la maitrise de la langue qui est en jeu, mais aussi les méthodes – le fameux par cœur - l’apprentissage de l’histoire ou de la géographie, les maths…), d’autres auront plus de mal durant une année ou deux.

 

Mais alors que faire ?

Rester en scolarité française et en quelque sorte assurer ses arrières, en tablant que malgré tout les enfants seront suffisamment en contact avec l’anglais à travers leurs amis, leurs activités sportives ou leur environnement général ?

C’était le choix de cet autre professeur de français, Saoussen Bouriga (même si aujourd’hui ses enfants l’ont suivie dans l’établissement international où elle enseigne pour des raisons de confort dans l’organisation familiale) qui avait quant à elle préféré, par attachement à la pédagogie francophone, les inscrire à l’école française lors de son arrivée. Partant du principe que puisque sa famille devrait rentrer un jour soit en France soit en Tunisie, l’école publique française serait alors leur unique option, tant par goût que pour des raisons financières, les écoles internationales bilingues d’état (ou avec contrat) étant encore très rares, et qu’ainsi elle pourrait préserver la continuité de la scolarité de ses enfants, en s’assurant de leur francophonie.

 

D’autres choisissent de faire appel aux cours privés, que ce soient ceux dispensés par l’Alliance Française, que vous trouviez un professeur à domicile ou que vous décidiez de vous lancer dans les cours par correspondance du CNED* ou des très réputés Cours Ste Anne*. Il faut bien savoir alors que toutes ces options, parfaitement valides et souvent très avantageuses financièrement parlant, vont alourdir d’autant la journée scolaire, et demander une forte motivation parentale. Les cours par correspondance par exemple ne se font pas d’eux-mêmes, et s’ils offrent un vrai plus en terme de travail et suivi personnalisé, il faut tout de même être capable de gérer les conflits quasiment inévitables lorsque vous endosserez le rôle de répétiteur, et de s’impliquer au moins trois ou quatre heures hebdomadaires. Le jeu en vaut la chandelle certes, mais ce n’est pas à la portée de toutes les familles.

 

Qu’est ce qui va faire la différence au fond ?

Qu’est ce qui va faire que votre enfant pratiquera le français avec plaisir, et non comme une contrainte, un effort, qu’il y sera attaché et que cela demeurera sa langue maternelle et non une langue secondaire au profit de l’anglais ? Eh bien il semblerait que tout dépende de sa langue d’apprentissage lors du passage à la lecture, c’est ce moment crucial qui va en quelque sorte déterminer sa langue « de cœur », celle qu’il utilisera spontanément au sein de sa fratrie, pour jouer, lire, s’exprimer. Ainsi dans une même famille vous pourrez avoir un frère qui prendra plaisir à bouquiner ses J’aime Lire, tandis que l’autre ne jurera que par les Wimpy Kid, et ce même s’ils ont suivi une éducation identique, pour peu que l’un ait appris à lire en français par exemple avant de s’expatrier, et l’autre en anglais. Un véritable bilinguisme, c’est à dire un enfant aussi à l’aise et spontané dans une langue que dans l’autre, reste tout de même un idéal assez rare, qui, quel que soit le choix de la scolarité demande avant tout une réelle implication quotidienne de la famille à la maison comme à l’école, et dont les mille nuances dépendent aussi bien entendu de la nature de l’enfant.

 

*Voici (par ordre alphabétique) quelques écoles internationales prestigieuses au curriculum anglophone (International Baccalaureate ou British), mais offrant des options francophones très poussées, voire des cursus bilingues:

DIA Dubai International Academy

ICE International Concept for Education

JBS Jumeirah Baccalaureal School

RWA Raffles World Academy

SISD Swiss International Scientific School in Dubai

 

*Et les cours par correspondance que nous avons cités :

CNED

Cours Sainte Anne

 

 

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